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Archive de la catégorie «mes disques 66-69»

SAGITTARIUS : Present Time (1968)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

present.jpgVive les rééditions ! Les ressorties sont toujours des événements, comme pour montrer que sans le passé on n’en serait pas là ! Leurs vertus sont nombreuses et bonnes pour la santé ! Ils’agit de découvrir ou de redécouvrir des classiques, des trésors cachés, de mettre les choses en place, de rendre justice à un groupe, à un style, trop facilement mis aux oubliettes. Bien sûr, on ne refait pas l’histoire : le mal ou le bien ont été faits à l’époque. Le groupe a su saisir ou non sa chance ou peut-être ne l’a-t-il pas eu…Pour encore plus l’apprécier, il faut le sortir de son contexte, ne pas se faire une fixette sur l’identité du groupe. Il faut juste apprécier la musique. Il faut être le plus objectif possible, comme si on écoutait une nouveauté. Et ce n’est pas souvent simple ! un groupe a une réputation, un style, une histoire qu’il l’a marqué. Et parler de la musique est souvent synonyme de parler des musiciens. Pour le cas de Sagittarius, quasi inconnu de tous, la réédition de leur album Present time sur Legacy, la branche vintage de Sony a été une bénédiction ! Pour ne parler strictement que musique, il s’agit d’une pop baroque à la douceur et au charme angélique sans équivalent. On ne fait que rêver sur ces plages paisibles, intimes et si simples. C’est comme si les Beach Boys avaient rencontré Love ! Les Harmonies Vocales conjuguées à une musique lumineuse et légère. Ce sont surtout les arrangements qui relèvent du chef d’œuvre : il faut dire que Sagitttarius possède en Gary Usher et Curt Boettcher les meilleurs ingénieurs du son des sixties ! Tout est si cristallin, pur, sans déchets : jamais les instruments n’auront aussi bien accompagné les voix et vice versa ! Il y a une justesse, une minutie dans le timing que la musique prend une autre dimension. Je n’ai pas eu envie d’en savoir plus sur ce groupe (contrairement à mes habitudes) : cette musique est intemporelle : pourquoi vouloir revenir à la réalité ?

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THE MOODY BLUES : Days Of Future Passed (1967)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

days.jpgEn mettant ce disque des Moody Blues dans mon lecteur cd, je ne savais pas à quoi m’attendre ! Je l’ai acheté juste parce que j’avais vu une bonne critique dans un guide ! Il ne m’en faut pas grand chose pour acquérir des œuvres, me direz-vous ! Et bien, lorsque j’ai du feeling, je ne me pose pas de questions, que j’aime ou déteste le disque ensuite ! C’est ça la magie de la musique et de la vie : on peut faire ce qu’on veut ! Et la surprise du chef vient quand l’album dépasse toutes vos espérances ! L’album des Moody Blues m’a tout simplement étonné ! Sur les ruines d’un projet fou fou fou ( enregistrer la Symphonie du nouveau monde de Dvorak avec un grand orchestre) , le groupe va se servir de cet accompagnement plutôt inattendu pour créer de toutes pièces des suites mêlant rythm n’ blues, psychédélisme et musique symphonique. Cette rencontre donne lieu à des moments inoubliables, irréels. Moi, qui écoute peu de classique, j’ai complètement été émerveillé, enchanté, secoué ! Quelle beauté, quel charme ! quelle délicatesse ! De tous les disques de 1967, c’est celui qui m’a le plus retourné ! L’apport d’un grand orchestre donne aux compositions de la féerie, du rêve, de l’évasion qu’un groupe classique ne saurait faire ! il y a tellement de nuances, de sonorités possibles que les compositions prennent à la fois du volume, de la vie et de la puissance. Les Moody Blues même en étant les maîtres du navire sont complètement éclipsés par cet accompagnement si pur et juste. On nage ici en plein rêve sous acide, avec seulement plus de poésie, de délicatesse. Quels beaux moments tout de même ! il y a du psychédélisme, du baroque, du blues à concurrencer un Pink Floyd ou un Love ! Les moody blues ont ainsi mérité que je m’y intéresse ! A voir sur ce site…

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BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY : Cheap Thrills (1968)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

cheap-thrills.jpgQuand on doit parler de cet album, on ne pense qu’à une seule personne : Janis Joplin ! Une sacrée rock star ! Peut-être la plus grande star féminine du rock que le monde n’ait jamais connu ! Une vraie icône ! ça vous place l’importance de ce disque ! Cette fille avait toute d’un grand(e) ! Une prestance scénique de tous instants (on ne voyait qu’elle !), une puissance vocale inépuisable ( essayez de hurler comme elle !) et une vraie personnalité (elle vivait son époque !). Avec de tel atout, sa carrière fut aussi intense qu’elle fut courte ! Elle mourut en effet à 27 ans…Reste donc ces témoignages discographiques qui l’ont fait entrer dans la légende. Son premier fait d’armes fut sans doute ce Cheap Thrills de toute beauté ! Quel disque ! une vraie déculottée ! La formule est pourtant simple : mettre dans du rythm’n blues classique du psychédélisme ! Avec des guitares qui claquent et qui envoûtent en même temps et une voix grandiose, les chansons ne pouvaient qu’être déchaînées, perdues, déchirantes ! L’album dégage à la fois de l’énergie ( à en revendre), du rêve et du bonheur ! C’est ce que cherchait la génération hippie ! Et cette musique bien balancée avec un chanteuse charismatique leur en mettait pleins les poches ! Cheap Thrills eut un sacré succès (plus d’un million d’albums vendus !) avec sa pochette mémorable ( elles avaient de la gueule à l’époque ! Surtout en 33 tours !). Rien que pour Janis, cet album est un must ! Sa personnalité d’écorché vive transparaît sur ces morceaux sous acide ! Dommage qu’elle nous ait quitté si tôt…Elle aura vécu sa passion, son temps jusqu’au bout…Des personnalités comme elle nous manque cruellement aujourd’hui….

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LOVE : Forever Changes (1967)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

love.jpgQu’est ce qu’il faisait bon de vivre dans les sixties ! Dans mes critiques de cette décennie il y a toujours cet esprit de découverte et d’aventure mêlé à un parfum d’apaisement et d’égarement qui firent tout le charme des productions de l’ époque. Ainsi tous les classiques de l’époque sont à posséder plus que n’importe quelle autre période car il y avait de la création, de l’authenticité à tomber par terre ! 1967 fut certainement l’année la plus riche qu’il n’ait jamais existé avec des classiques des Beatles, de Pink Floyd et de…Love ! Quelle beauté ce Forever Changes ! Trop longtemps ,oubliée, cette œuvre frise l’excellence ! Evidemment on est en plein psychédélisme mais ici on fait dans le romantique (Don Juan !), le magique, le doux. Partant d’un folk classique, le groupe d’Arthur Lee y déverse une instrumentation riche ( violon, banjo, orgue, trompette) pour amener le psychédélisme de la cote ouest sur une autre planète. Chez Love tout est gracieux, délicat, enivrant, calme, si familier. On se croirait sur une plage en train de flâner, de s’évader. Forever Changes ressemble même à certains moments à du Morricone, idéal pour un western tellement sa musique semble avoir une âme, une signification. On passe ici de morceaux intenses en morceaux intenses, de spleen en spleen, de trip en trip avec une écriture toujours soutenue et feutrée. Plus on écoute cet album, plus on l’aime ; plus on lui trouve du charme, de la profondeur. En le ressortant pour ma critique, je l’ai redécouvert totalement et je suis resté bouche bée : quelle guitare cristalline et légère, quel tambour ; quelle voix ! quelles mélodies ! Toutes les chansons ont leur lot d’émotion, de chaleur, de douceur. Et le pire, c’est que ça a très bien vieilli ! C’est ça d’être intemporel et sur son nuage : on devient éternel.

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KING CRIMSON : In The Court Of The Crimson King (1969)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

king.jpgL’un des albums les plus singuliers que j’aie jamais écouté ! ça vous plante le décor ! J’ai été enchanté, ensorcelé dés la première écoute tellement ce disque dégage je ne sais quoi ! Tout à la fois, du mystère, de l’émerveillement, de la fureur, du dépit, de la tristesse, de la joie, du rêve. Avec cet album, vous quittez le réel, la terre, ce que vous connaissez ( ou pensez connaître) pour un monde complètement tordu, imprévisible, barré, sans point de repère. Même les albums de Pink Floyd font de la figuration tellement cet album a quelquechose de profond, d’innommable, d’indescriptible. King Crimson réussissait ici à faire plus que de la musique, plus que du son, du chant : il donnait naissance à un être incomparable, un message indécodable, bref, il réinventait le monde, la façon de penser, de jouer, de percevoir les choses. Et je ne m’en suis toujours pas remis ! On ne peut pas connaître cet album même après l’avoir écouté 10000 fois. Il y aura toujours quelquechose qui nous échappera, nous dépassera. Pour cette critique, parler de la musique importe car c’est surtout l’univers, l’atmosphère qui est importante. Je me demande comment un humain a pu écrire de tels morceaux tellement ils semblent venir d’une autre planète. Sur des longues plages, King Crimson se perd, s’énerve, recule, agonise, revit, disparaît, revient puis redisparait, s’arrete, repart et ainsi de suite pour emmener l’auditeur vers des contrées vierges de toute civilisation. Il n’y a guère que la guitare de Robert Fripp pour nous aiguiller avec un son tranchant, brut, habité, ubuesque. S’il ne fallait garder qu’un Ovni, ce serait celui-là car même avec 35 ans d’âge, il a encore 30 ans d’avance !

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JOHN MAYALL & THE BLUESBRAKERS : Bluesbreakers With Eric Clapton (1966)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

bluesbreakers.jpgPlus on revient en arrière dans les années , plus c’est difficile d’écrire de superbes critiques ! Non pas que la qualité de mes écrits en pâtit mais plutôt qu’il faut se creuser beaucoup plus la tête pour bien s’exprimer. Grâce à mes critiques je retrouve mes disques, je redécouvre ma passion pour la musique, je prends du recul pour pouvoir ensuite coucher sur papier mes impressions. Cette démarche est facile pour un journaliste ou écrivain mais pour un amateur, c’est tout autre chose ! Les mots, les phrases ne me viennent pas immédiatement ; je dois faire un énorme travail sur moi, sur ce que je ressens, sur ce que j’écoute, sur ce que je perçois. Pour mes albums de chevet, dix minutes suffissent pour te sortir quinze lignes. Ce ne sera pas le cas avec cet album des Bluesbreakers ! C’est pourtant l’archétype de l’album que je me dois d’écouter, de réécouter pour ma culture musicale : il faut écouter ce qu’on ne connaît pas pour passer un palier. L’inconnu est toujours plus grand que le connu ; vous vous imaginez de la tâche à accomplir… Passons aux choses sérieuses : ce disque est le synonyme d’une révolution dans le rock. Le blues s’électrifie pour virevolter de plus belle ! On appelle ça communément le Blues Boom ! Sur des compositions pied au plancher, la guitare fait des merveilles, se tord dans tous les sens, va à droite à gauche, a toujours la bougeotte. Avec des chansons qui ont toujours l’air de traîner leurs bosses, sur des tempos lents ou rapides, Eric Clapton a carte blanche pour partir en vrille, pour asséner des parties de guitares inspirées et lourdes mais au combien salvatrices. Il devient pour ainsi dire le premier guitar hero du rock ! Le blues est une musique qui ne vient pas vers nous : il faut aller à sa rencontre pour l’apprécier, la comprendre , l’aimer. Il faut savoir être patient pour connaître toutes les nuances, les diversités car tout vient du blues ! Et c’est toute la musique que j’aime !

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THE PRETTY THINGS : SF Sorrow (1968)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

sf-sorrow.jpgSi c’est l’opéra rock des Who, Tommy qui a marqué les esprits et l’histoire du rock, il n’est en pas moins le premier du genre ! Car un an auparavant, un groupe de rythm n’blues anglais s’était déjà attelé à montrer une pièce : les Pretty Things ! Et franchement, à l’écouter, elle n’a rien à rougir et à jalouser de Tommy ! SF Sorrow a plutôt mieux vieilli que son illustre semblable. Pourquoi ? Parce que moins exposée au public, au temps, à la critique, elle est restée à l’ombre, au frais ! Ensuite, parce que ce groupe a su ajouter un élément très sixties, très véritable et enchanteur : le psychédélisme ! SF sorrow est un véritable trésor caché de l’époque, magnifique par sa démarche ; conter la vie d’un héros, de sa naissance à sa mort. Toutes les chansons sont empreints d’une poésie, d’une magie, d’une féerie proche du rêve éveillé ! Sur des rythmes toujours obsédants, enivrants, le groupe joue une musique divine, hallucinatoire. Les meilleurs albums de psychédélisme (pepper et pipper !) n’ avaient jamais affiché autant d’unité, d’organisation, avec un véritable fil conducteur, un jeu de pistes ! Là où Tommy nous faisait aller droit devant, SF Sorrow nous fait tourner la tête, nous mène en bateau, nous emmène nulle part : mais qu’est ce que c’est chouette de s’égarer, de s’évader ! SF Sorrow a su garder sa part de mystère, de glauque, de noir et on n’ a qu’une envie : s’y aventurer ! Moins évident d’accès que Tommy, SF Sorrow ne rencontrera pas l’écho tant espéré et trainera sa bosse pendant une trentaine d’années avant une réédition CD digne de ce nom qui remettra les pendules à l’heure et les choses à leur place. Malheureusement le mal aura été fait : les Pretty Things restent un groupe mésestimé auquel il est encore temps de rendre justice.

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THE VELVET UNDERGROUND : The Velvet Underground And Nico (1967)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

velvet.jpgOn peut utiliser les adjectifs fondateurs, essentiels, majeurs pour décrire les meilleures galettes de tous les temps. Mais celui qui casse la baraque c’est « influent » ! Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde ! un artiste ou un disque influent a droit à l’immortalité car un peu de lui survivra dans l’œuvre d’autres artistes : il aura contribué à sa mesure au processus de créativité, d’éveil, de développement artistique. On trouve généralement deux types d’artistes influents : ceux qui ont du succès en leur temps (Beatles, Beach Boys…) et ceux qui n’ont point vu la lumière et la reconnaissance de leur vivant (N’est pas Van gogh ?). Le velvet est dans cette deuxième catégorie ! On n’a pas trouvé plus influent que ce groupe sur la scène indie voire « mainstream » et surtout sans rencontrer le succès escompté ! Sorte d’ovni musical, capable d’écrire des bluettes, des morceaux bruts et secs, des ballades on ne fait pas plus romantiques, le tout avec un sens de la poésie des plus délicats ! On peut dire que le groupe est d’abord une bande d’artistes avant d’être des musiciens ! Pour preuve, ils sont encadrés par le percutant Andy Warhohl ( le pop art, quelle merveille !). Dans ce premier album, le plus immédiat qu’ils aient fait, on retrouve les titres qui aujourd’hui sonnent comme dans les classiques : « Sunday morning » (utilisé dans les spots télé !), « femme fatale » ou encore « I’m waiting for my man » (repris dans un mix des 2 many dj’s !) . Plus que leur musique universelle, si feutrée, douce et amère à la fois, subsiste surtout ce coté avant-gardiste (on n’avait jamais abordé la musique comme ça en mélangeant les genres et en y incorporant des influences autres que musicales). Comme le disait si justement Brian Eno : « Il n’y a peut-être que mille personnes qui ont acheté le premier disque du velvet underground mais chacune a monté un groupe ». Cela vaut bien toutes les récompenses !

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BOB DYLAN : John Wesley Harding (1967)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

john-wesley.jpgPour Bob, un accident de moto et ça repart ! Mais dans le même sens ! Adulé comme un dieu aux temps de « Blonde on Blonde », notre Dylan va y faire un volte face complet ! Fini le star system, fini la vie de « folk-star », vive la campagne, la tranquillité, le retour aux sources ! l’accident de moto a été l’occasion (inespérée) de faire une coupure, reclus du monde, des modes. Comme les Kinks, Dylan va faire un bel anachronisme en 68 en sortant un album country enregistré à Nashville (SVP !) !! Notre ami joue maintenant la simplicité l’humilité pour un album qui reste mon préféré de tous ! (quelle mouche m’a piqué !). Dans son retour aux racines, Dylan creuse ses chansons, les rendant plus accrocheuses, plus accessibles, plus sobres ! On comprend alors facilement pourquoi la religion avec de nombreuses allusions à bible est le thème de l’album. Dylan est devenu spirituel, sage, bon père de famille ! Mais seul Dylan est capable de faire du Dylan, un album country de Dylan ne sera jamais un album ordinaire. Pour preuve l’excellent « All along the Watchtower » d’un folk-blues imparable (je dira même rock !) qui sera repris dans la foulée par Hendrix (j’ai longtemps cru que c’était lui qui l’avait écrite !). La guitare est toujours chancelante, entraînante, apportant un bon soutien à la voix suppliante et un brin nasillard de notre poète. N’oublions pas l’harmonica et la batterie qui font des merveilles pour rendre les compositions, la mélodie belles à croquer ! Dylan, pour moi n’a jamais été autant inspiré pour me faire aimer son folk (voir chronique « Blonde on Blonde ») en évitant de trop dépouillé. « as I went out one morning » et tant d’autres ont su m’émouvoir comme jamais comme pour montrer que les racines ça a du bon !

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THE WHO : Tommy (1969)

Posté par verolard le septembre 23, 2006

tommy.jpgPour être un concept, c’est un concept ! Un opéra rock ! Voyez vous ça ! Quelle idée géniale de faire cohabiter le théâtre et la musique ! Même les Beatles n’y avaient pas pensé ! ce disque raconte la vie d’un garçon, Tommy, aveugle sourd et muet (pas facile !) suite à un accident et qui devient un dieu du Flipper ! Tommy a une telle unité avec un fil conducteur qu’il est le seul disque que je me dois d’écouter en entier (ou presque !) d’un coup ! J’ai du mal à m’écouter une ou deux chansons tellement pour moi l’idée du disque est forte. On peut regarder une scène d’un film, ou lire un chapitre d’un livre mais son impact, sa perception sera moindre par rapport à un visionnage ou une lecture complète de l’œuvre. Partant de ce principe, Tommy est une œuvre formidable car elle introduit de nouveaux éléments dans la culture rock : l’interprétation des chansons par des personnages (quelqu’un joue Tommy) , une plus grande crédibilité ( ce n’est pas une musique de voyous !) et une plus large audience ( ce disque n’est pas fait que pour les ados !). D’autant plus que les Who n’ont jamais aussi bien écrit ! Sur les 24 morceaux de l’album, les grands moments sont légion ! Comme un opéra, il contient des thèmes, des symphonies, un morceau d’ouverture, de clôture, une entracte (de 10 minutes !) avec une instrumentation élargie (pianos, orgues, chœurs…). Dans ce tourbillon, l’acoustique se mêle à l’électrique, la joie à la peine. Il faut dire que les Who sont des musiciens hors pair avec le batteur le plus farfelu (Keith Moon), le guitariste le plus féroce (Townshend) , le bassiste la plus « élastique »(Entwistle) et le chanteur le plus généreux (Daltrey). Les chansons (et le scénario) sorties de l’imagination de Townshend sont d’un romantisme, d’une sensibilité et d’une justesse magnifique qu’on en oublie ce qui nous entoure ! Tommy est tout simplement magique avec ses instrumentaux, ses aventures, ses histoires, sa guitare cristalline ! Sur un rythme toujours changeant ( le lent alterne avec le rapide, le péchû avec le recueilli) , Tommy est un excellent album rock et bien plus encore ! Qu’est ce qu’ils avaient de bonnes idées dans les sixties…

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