En l’espace d’un an et de deux albums Led Zeppelin est devenu selon l’expression consacrée une grosse cylindrée. A coup d’attaque supersonique et de riff ravageurs, le groupe emmené par robert Plant et Jimmy Page a fait un putsch sur la planète rock en s’installant dans un style à l’époque inédit : le hard rock. Personne avant eux n’avait osé mettre le turbo dans le blues, à jouer dur et vif. En bref, le groupe occupe en ce début des seventies une place non pas vacante mais créée de toute pièce ! Et cela n’est pas du goût de tout le monde : Beaucoup les jugent arrogeant, sexistes, violents. Le troisième album va leur donner tort à plus d’un titre. En effet, celui-ci va laisser apparaitre un éventail musical bien moins étroit que leur musique brute laissait croire. Ce « 3 » est d’ailleurs pour moi l’album le plus intéressant que Led Zeppelin ait enregistré. Tous les titres sont différents les uns des autres avec une variation de styles, de tempos, d’émotions mais toujours avec de grands musiciens et une grande voix. Dans la première partie on trouve encore des morceaux endiablés et chargés en adrénaline (« immigrant song », « celebration day » ou « out on the tiles ») mais ceux-ci doivent faire avec du folk lunaire « friends » (ah, ces violons !), du blues rock mineur (« since I’ve been loving you »). Mais c’est sur la deuxième partie de l’album que le clou est enfoncé. C’est carrément Led Zeppelin unplugged (que de l’acoustique !) avec des morceaux toujours aussi intenses. L’urgence des débuts a laissé place à de la bohème, de la mélancolie, de la joie de vivre avec des arrangements soignés. Même avec une guitare sèche, Jimmy Page réussit à faire de la musique simple, chargée de sens ; encore une preuve les compositions du groupe ne sonnaient pas creux. Led Zeppelin peut également faire des ballades, qu’on se le dise ! En ayant réussi un virage vers une musique plus aboutie, Led Zep avait ici préparé au mieux la suite de carrière pour atteindre d’autres sommets.
Archive de la catégorie «mes disques 70-74»
LED ZEPPELIN: 3 (1970)
Posté par verolard le novembre 27, 2007
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PINK FLOYD: Dark Side Of The moon (1973)
Posté par verolard le avril 26, 2007
Il aura fallu tout ce temps pour enfin écrire quelques lignes sur ce disque ! Une éternité ! Cette sélection de disques n’aurait de sens si le Dark of the moon était absent. Il y aurait, comme qui dirait, un vide, un puzzle incomplet. Critiquer cet album, c’est faire un peu d’histoire. Ce disque représente une époque, la première moitié des seventies et surtout un style disparu, le rock progressif. Des albums comme ça, nous n’en ferons plus jamais, nous en avons perdu la recette, la volonté, comme nous l’avions renié. Cette Musique est de toutes les ambigüités : veillotte et moderne, sophistiquée et universelle, déroutante et évasive. Détester cette musique était gage de non conformisme, de rejet de l’ordre établi, du pompeux et l’académisme. Je dirais surtout qu’elle était le symptôme d’une immaturité musicale ! Car aimer le progressif, c’est d’abord aimer la grande musique, celle qui vous émeut, celle qui n’a rien à revendiquer, celle qui vous rajeunit, celle qui donne envie de quitter la réalité. Il n’y a pas de message, de sens à donner à ces chansons mais seulement de l’amour, de la contemplation, du plaisir. C’est souvent la marque de moments intemporels, figé dans le temps, complètement déconnecté de la réalité. Tous ces sentiments, Pink Floyd les a rassemblés dans 9 chansons. 9 instants magiques, rêveurs. Même si « Money » fait quelque peu figure d’intrus (un tube !!), l’ensemble fait penser à un rêve éveillé que rien ne perturbe. Tout est là pour enchanter l’auditeur : de la lenteur, des arrangements millimétrés, une fausse tranquillité et du mystère. La musique de Pink Floyd a quelquechose de divin, de cérébral qui dépasse les limites de notre conscient pour nous emmener nulle part. Mais jamais le vide, le néant n’a été aussi beau, aussi transmetteur d’émotions. Pour un non mélomane, pénétrer dans cet univers fait l’effet d’un malaise, d’une incompréhension (qu’est ce qu’il y a de beau là-dedans ?) que l’on peut comprendre. Aimer le progressif se mérite, se travaille mais quelle récompense au bout : celle de percevoir l’émotion, la sensibilité du monde.
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THE BLUE OYSTER CULT : Tyranny And Mutation (1973)
Posté par verolard le septembre 16, 2006
Beaucoup de groupes ont défilé dans les bacs durant l’histoire du rock. Beaucoup eurent leurs chances, d’autres non. Certains eurent du succès, d’autres pas. Certains sont célèbres, beaucoup ne le sont pas ! Tout ça pour vous dire que le rock est une mine impérissable où tous les scénarios sont possibles. On me dit souvent que je m’y « connais » en rock ! Je réponds toujours : je ne connais rien malgré la possession d’un bon millier de disques ! A moins d’avoir une vie à la Jeanne Calment, je n’aurai jamais le temps de faire le tour du rock : il y a trop de styles, de groupes, de chansons que je connais pas pour qu’on me considère comme un érudit du rock ! Je suis passionné, c’est déjà ça ! Passons…J’essaie d’écouter un maximum de choses : certaines ne vont que passer, d’autres arrivent à squatter ma platine (je suis de plus en plus difficile !). Dernier disque en date à avoir rencontré mes oreilles : Tyranny And Mutation des BOC ! Du hard rock mais pas seulement ! Du blues lourd, violent mais également lunaire et poétique avec de nombreuses références à la science fiction ! Du jamais vu ! Comme ses homologues anglais, BOC déverse une musique tonitruante avec une guitare toujours prête à asséner un gros riff comme sur le morceau d’ouverture « The red & the black » ou « Hot rails to hell » mais les paroles sont toujours futuristes, pas terre à terre. Ça nous change ! Le groupe ralentit carrément le tempo sur l’enivrant « Wings Wetted Down », ce qui nous fait des vacances dans ce disque fiévreux ! Bref, BOC n’est pas un groupe de heavy metal comme les autres : l’a-t-il déjà été ? A conseiller à ceux qui pensent que le hard rock se limite à du blues électrifiée et des attaques de guitares !
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T REX : The Slider (1972)
Posté par verolard le septembre 16, 2006
Les gens connaissent souvent une partie de l’œuvre d’un artiste, se bornant soir à un best of soit à son meilleur album. On veut aller à l’essentiel, goûter seulement à la crème ; c’est un choix contestable mais tellement dans le vent de nos jours. Avec les nouveaux moyens pour écouter de la musique, notamment les baladeurs MP3, on résume un artiste par ses chansons et plus par ses albums. On recherchera le single, l’accroche et on évitera les morceaux mineurs, moins efficaces, plus effacés. Avec ce raisonnement, les albums moins connus, moins populaires, déjà mis de coté sont condamnés l’oubli. La carrière d’un artiste ne peut se résumer à une chanson mais à son œuvre toute entière ! Si un artiste a fait vraiment un seul bon album, il est aussi normal de ne garder que le meilleur mais si un groupe fait plus d’un bon album, il est dans mon devoir de vous le faire savoir ! T rex est dans ce cas ! Je m’étais uniquement procuré leur génial Electric Warrior qui devint vite un monument dans ma discothèque, sans me soucier du reste. J’avais bien tort (ça m’arrive souvent !)… Il a fallu que je me lise quelques articles pour me rendre compte que T rex avait réalisé un autre sommet qui avait aussi bien marché à l’époque mais qui est bizarrement introuvable en cd : The Slider ! Marc Bolan, devenu star, remet les couverts de façon grandiose ! ça reste du glam rock de haute facture, un rock sauvage, vif, simple ! Boaln y ajoute sa poésie, sa sensibilité, son charme, ce qui donne en fin de compte des morceaux chaleureux, humains, communicatifs. The Slider pourrait être le frère jumeau d’Electric Warrior si Bolan n’avait pas ajouté une dose de plus de Boogie rock ! C’est électrique, dansant, remuant même avec une alternative de ballades et de d’attaques. Il y a évidemment les gros singles, « Telegram Sam » (que certains mettent au-dessus de « Get It On ») et le déchirant « Metal Guru » avec des titres généreux et rêveur. T Rex est alors à son apothéose, tout comme le Glam rock mais fatalement son éclat faiblira…T rex a réussi à faire d’excellents simples mais surtout d’inoubliables disques ! Vive la musique, vive les albums !
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SPARKS : Kimono My House (1974)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
Quand on voit toujours les mêmes albums dans les classements, on se dit qu’il n’y est pas par hasard ! Il a forcément quelque chose à faire valoir ou sinon, c’est du vol ! C’est un peu ma première approche des Sparks, un groupe complètement oublié de nos jours. Ils se sont évaporés mais leur Kimono My house traîne toujours dans les hits parades ! J’ai voulu savoir s’il s’agissait d’une imposture, d’un coup de génie ou tout simplement d’un bon album. Et bien, ma foi, cet opus oublié (faut le chercher !) a de bons arguments pour être dans votre discothèque, peut-être pas idéale mais sûrement pas au placard. Les Sparks ont en fait occupé la place que Queen leur piquera l’année suivante avec « A night at the opera ». On peut même dire que Queen les a dévalisés ! Après rendu à César ce qui lui appartenait, que trouve t-on dans cet album ? Du glam rock extravagant, grandiloquent, limite théâtral, avec une grosse dose de pop et de son californien ( les harmonies vocales !). Le glam pop est né ici ! une musique entraînante, excentrique, joviale, très cabaret et surtout avec une énergie qui (re)donne le sourire ! Les deux cerveaux du groupe avaient aussi des têtes atypiques ! un permanenté et un sosie d’Hitler ! Et dire qu’ils sont frères ! C’est un peu barjot, ça brille de tout coté avec une instrumentalisation musclée et percutante (on décolle de son siège !) et une voix aiguë qui donne envie de prendre la poudre d’escampette. Les Sparks avaient réussi à faire marier la joie, la déconne avec l’implacable, le racé, les paillettes. Les chansons sont plus enjouées les unes que les autres avec toujours ce coté festive et pas sérieux (ou léger) qui nous font passer un bon moment ou un bon rêve. Kimono My house a plutôt bien résisté au temps par sa sincérité, sa simplicité qui sont les qualités premières d’un comédien : ce disque n’est-il pas une farce ?
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GEORGE HARRISON : All Things Must Pass (1970)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
L’après Beatles n’aura pas mis longtemps à accoucher d’albums solos ! En cette année 1970, Lennon, Mc Cartney et Star ont déjà sorti un Lp. Et George, alors ? Et bien au lieu d’un album, il nous gratine d’un triple album ! Lui, souvent cantonné dans ses parties de guitares hormis quelques pépites éparpillés par ci par là ( on pense à Something, Taxman ou encore When my guitar gently wheeps) va se révéler au grand jour comme un génial songwriter. On est sortis du moule Beatles pour du rythm n’ blues classique mais non moins magique. Sur les six faces d’all things must pass, on retrouve le talent intact de « Fab 3 » à savoir mettre de l’émotion là où il en faut, à jouer la carte de la sincérité et à être un doux rêveur. On passe sur ce disque un chaleureux moment, sans se presser, sans se lâcher aussi (hormis sur « Wah-wah ») avec une légèreté sans pareille. Harrison a réussi sa mue, non sans s’épauler de ses amis ( star et Clapton en premier lieu) et en faisant confiance à…Phil Spector qui avait rafistolé Let It be. mais peut-être qu’il en a trop fait…car on ne peut pas faire un triple album plein. Il y a des moments de relâchement, de mou, qui font peut-être mieux révéler les pépites. Ce disque a donc les avantages de ses inconvénients : un album magique et humain, sans prétention et surtout sans trop de calcul. Peut-être moins que Star, il reste pour moi le Beatles qui avaient le plus besoin de s’émanciper du groupe de Liverpool car ses talents n’étaient pas assez mis à contribution dans le passé. La suite allait lui donner raison car il eut une carrière prolifique sans un énorme succès publique mais avec une constance et une sincérité que peu peuvent prétendre.
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ELTON JOHN : Goodbye Yellow Brick Road (1973)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
Elton John a une place plutôt instable dans ma discothèque ! Où faut-il le mettre ? Dans les génies, les gros vendeurs ? les ridicules ? le mauvais goût ? A vrai dire, on met souvent la personnalité de John au premier rang, ce qui n’est pas très objectif, je vous l’avouerais ! Car si on regarde coté musique, il y a de quoi tomber des nues ! Oubliez les tenues extravagantes, les articles people, la chanson d’hommage à Lady di, Elton John, c’est bien plus que ça ! Je ne suis pas peu fier de posséder cet album, Goodbye Yellow Brick Road car c’est peut-être l’un des albums les plus attachants de ma discothèque ! Dans un style maintes fois copié dans le monde, Elton John va montrer qu’il n’est pas qu’un clown mais d’abord un artiste. Il l’avait déjà prouvé mais il manquait la consécration, le succès. Dans un rock léché, il va y mettre toute sorte d’influences plus populaires les unes que les autres. Et quand il n’écrit que des perles, c’est encore mieux ! Avec lui, on passe des rires aux larmes en un couplet et avec une facilité déconcertante. Sa façon de traduire ses émotions est tout simplement magique : c’est clair, simple, sincère et même pas pompeux ! C’est ce qu’on appelle le songwriting ! Avec son piano, les ballades ( un spécialiste du genre !) laissent place à des morceaux rock accrocheurs qui eux passent la main à de la pop communicative ! John ne faisait pas dans la facilité, composait vraiment des morceaux profonds, forts comme « Funeral for a friend », morceau de bravoure et d’ouverture qui dure…10 minutes ! Je pourrais vous en citer encore et encore tellement cet album regorge de trouvailles et où tout le monde y trouve son compte. S’il n’en fallait qu’un du binoclard, ce serait celui-là : le plus accessible, le plus complet : bref, le meilleur !
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THE KINKS : Lola Vs Powerman And The Moneygoround (1970)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
Les Kinks ou les grands oubliés ! Quelle injustice pour ce groupe ne pas être passé à la postérité ! A ce niveau, c’est du vol ! Ils ont fait de tellement bons albums et chansons qu’être la cinquième roue du carrosse est une honte ! Une critique d’un de leurs disques est donc la moindre des choses ! Et quel disque ! Après avoir flirté avec l’excellence pop avec Something Else et Village Green, et manqué la consécration avec Arthur, les Kinks se remettent en selle avec Lola. Mais ici, fini la joie communicative, place à l’aigreur, à la colère ! Ray Davies est dégoûté de l’industrie du disque et il le fait savoir à sa manière ! Toujours dans ces formats de vignette, il mouille tout le monde : les éditeurs de musique, les maisons de disques appelés ici Powerman And The Moneygoround. Il se paie même les syndicats !! (« Get back In the line ») Il crée aussi un personnage, qui ne lui ressemble pas dans la vie mais plutôt dans sa condition : le travesti Lola. La chanson qui lui est consacré vaut à elle l’achat de l’album ! Une ballade entre folk et hard rock bien efficace et accrocheuse avec des chœurs à l’unisson ! Davies s’identifie à Lola car lui aussi ne rentre dans aucune boite, ne fait pas l’affaire, et reste exclu du système. C’est comme si l’habitant du village vert était dégoûté comment le monde avait tourné ! En véritable incompris, martyr, il a le talent de faire passer ses propos par des histoires et avec humour. Davies n’avait jamais écrit un album aussi péchû, aussi rageur et aussi varié avec du rock n’ roll incisif (« The contender », « Top of the Pops » « Rats » ou « Powerman »), de la pop faussement gentille (« Denmark Street », « The moneygoround », « This Time Tomorrow »). L’autre sommet est sans doute « Apeman », satyre de l’idiotie des hommes au 20ème siècle ! A la fois leur album le plus drôle et plus aigri, Lola…a démontré encore une fois que les Kinks étaient d’excellents paroliers et avaient une place à part dans le paysage musical anglais : celle du génie incompris.
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LOU REED : Rock N’ Animal (1974)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
Quelle carrière chaotique nous fait Lou Reed ! Après cassé la baraque avec Transformer, il se plante méchamment avec un disque magnifique, Berlin. Sa maison de disques fait déjà la tronche : Reed doit avoir du succès sinon on ferme la boutique ! Dans pareil cas, rien de tel qu’un album live pour se retrouver et retrouver son public ! Dans sa version originale, l’album ne comportait que 5 titres (7 aujourd’hui) mais quels titres ! Que du lourd, du très lourd. Reed revisite le répertoire des Velvet (« Sweet Jane », « Heroin », « White Light/White heat », « Rock n’ Roll ») sous un jour nouveau. Il privilégie la lenteur, le minimalisme, la violence, la rage, l’intimité. Et ça paie ! Toutes les chansons sont magnifiques de bout en bout, avec cette guitare stridente, imparable et affûtée. Sur les treize minutes d’ « Heroin » ou les 10 minutes de « Rock n’Roll », on peut en faire des choses ! Des gros solos, des gros silences ! Lou Reed a rendu ses compositions plus sauvages, plus mystérieuses, plus efficaces malgré leur longueur. Un concert met toujours le musicien en face de ses obligations, de son public. C’est la meilleure place pour faire place à l’improvisation, pour se lâcher, pour donner le maximum. Reed l’a bien compris et se sert du lieu, de l’ambiance pour partir dans des aventures sonores périlleuses mais au combien jouissives ! La partie instrumentale de « Rock N’ Roll » (près de 5 minutes !) véritable modèle de fougue et d’évasion avec sa guitare incontrôlable est le meilleur moment du disque car les musiciens sont sur une autre planète, une autre dimension et semblent ne jamais vouloir redescendre de leur nuage. Lou Reed réussit ici un grand album live qui le sauvera du désastre et qui nous mettra du rêve pleins les yeux en se disant : qu’est ce que j’aurais aimé être dans le public ce 21 décembre 1973 !
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NEIL YOUNG : Harvest (1972)
Posté par verolard le septembre 12, 2006
Neil Young souffre de son succès ! Ou plutôt ses disques ! Ils n’existent pas pour la majorité du public qui l’a identifié avec Harvest ! Et pourtant, malgré sa qualité que je ne remettrai pas en question, ce n’est pas le meilleur album de Young ! Il a fait une quarantaine d’albums et certains (critiqués sur ce site) surpassent ce « best seller » ! S’il n’est pas son meilleur album, Harvest est néanmoins celui qui s’est le mieux vendu ! La faute à son unique N°1 « Heart of Gold », un country folk rondement mené avec son harmonica et ses harmonies vocales. c’est bien plus que ça ! ce sont de belles chansons paisibles, posées, sans haine : un disque de hippy en quelquesorte ! Un album autour d’un feu ! Dans Harvest, l’auditeur se relaxe, arrête de se poser des questions, s’allonge et rêve Du mélancolique « Out on the Week end » au déchirant « Words », on passe un instant magique, intemporel à la campagne ! Et ici, point de Crazy Horse ! Young se fait accompagner par les Stray Gators (qui c’est eux ?) ou par l’orchestre symphonique de Londres (pour deux chansons de folk baroque !). Et puis il invite une multitude de potes pour faire choristes : Graham Nash, David Crosby, , Stephen Stils, James Taylor et Linda Ronstadt ! Que du beau monde ! En collaborant avec d’autres artistes, Young a réussi à élargir sa palette sonore pour faire du folk lunaire ! « Old man » (un hommage aux anciens) , « Are you ready for the country » et surtout « The needle and the damage done » (sur les méfaits des piqures). témoignent d’une inspiration sans faille. Pourtant après cet album, plus rien ne sera comme avant ; Young perdra de nombreux amis dans des overdoses et rencontrera de nombreuses péripéties avant de retrouver « sa » campagne pour Comes a time de 1978.
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