PIXIES : Trompe le Monde (1991)

trompe.jpgOn a toujours chez les critiques comme chez le public le disque d’un artiste qu’on apprécie moins que les autres. Soit parce qu’il témoigne d’une baisse de régime (moins de hits, de « bonnes » chansons) ou qu’il déroute ses fans par son orientation musicale (changement de style, d’image…). « Trompe le monde » fait partie de ceux-là ! Plébiscité à sa sortie (album du mois…), il fut pourtant balayé par l’histoire : Nirvana sortait son « Nevermind » en même temps et les Pixies ne firent pas la taille face à la progéniture qu’ils avaient engendrée. TLP est aussi le dernier album avant la rupture du groupe, ce qui signifie pour beaucoup le chant du cygne (plus d’inspiration, plus d’âme..) d’un combo déchiré dans ses luttes intestines. On parlait même plus d’un album solo de Black Francis qu’à un véritable album des Pixies. Alors pourquoi diable critiquer cet album plus que bancal ? Parce qu’il est jouissif voilà tout ! Enterré à tort, cet album renoue avec la férocité des débuts avec un son lourd, limite heavy metal. Basées sur le thème de la science fiction et des extraterrestres, les compositions semblent venir d’une autre planète mais ne manquent pas d’entrain et sont des plus accrocheuses comme le témoigne le single « Planet of sound » où Black semble chanter sous l’eau ! (où a-t-il trouvé cette idée farfelue !). Le côté mystérieux de Doolittle a laissé place une musique franche du collier qui n’a pas l’air de plaisanter (« Trompe le monde ») qui à la longue a son côté rafraîchissant, loin des conventions. Parce que Les pixies ne font rien comme les autres, savent enrober leurs chansons d’imaginaire, de surnaturel pour mieux nous surprendre. TLP a tout pour dérouter le fan de base qui recherche ses acquis mais reste pour moi un album neuf bourré d’idées où le groupe met au placard sa formule. Ils n’ont été aussi émouvants que sur « Motorway to Roswell », percutant que sur « Alec Eiffel » avec ses cœurs d’enfants, violent que sur « Space (I believe in) ». Francis semble être constamment en rut, notamment sur « U-mass » et ses paroles très punk (« Kiss my ass, it’s educational ! »). Je pourrais défendre le bien fondé de cet album pendant des heures s’il le fallait ! Enlevé de son « contexte », ce disque d’un groupe plus novateur que jamais est d’une beauté brute et surtout plus bizarre qu’il n’y paraît : on n’habite pas sur la lune que je sache !?

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