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THE SMITHS : Strangeways Here We Come (1987)

strangeways.jpgDécidément, on ne peut pas avoir plus d’un génie par groupe sinon on risque à 100% le split ! L’expérience a déjà eu lieu avec les Beatles au moment de l’album blanc : le groupe était devenu un espace insuffisant pour que ses membres puissent s’exprimer librement sans se marcher dessus. C’est exactement ce qui s’est passé avec les Smiths. Johnny Marr, le guitariste va monnayer son talent autre part, ce que Morrissey n’apprécie guère. Comme pour l’album blanc des Beatles « Strangeways Here we come » va être construit en « pièces séparées » ; Chaque membre du groupe va seul aux séquences d’enregistrement sans jamais se croiser. Comme pour l’album blanc, les compositions ont encore pris de la maturité, de l’aisance, de la profondeur. Quel drôle de paradoxe tout de même que de livrer son œuvre la plus accomplie et se tirer la gueule comme ça ! A l’écoute de cet album, rien ne suppose à un chant du cygne tellement les Smiths sont sur leur lancée : une pop romantique, tout en retenue, feutrée, simple et généreuse. J’adore les Smiths ; je trouve qu’ils ont été les grands acteurs du renouveau musical de ces vingt dernières années. Il y avait de la personnalité, de la sensibilité dans leurs chansons que peu de groupes pouvaient tenir la comparaison. Ce dernier album studio a une saveur toute particulière car la palette de sons s’est élargie, Morrissey se la jouant même crooner ! Ils n’ont jamais été aussi émouvants que sur « Death of a disco dancer » (« l’amour, la paix, l’harmonie ; très joli tout ça, peut-être dans un prochain monde ») et son accompagnement implacable. Et puis il y a ces vignettes pop, vivaces et amères comme « Girl in a coma » ou « unhappy Birthday ». Les Smiths sont les pros pour mettre de la poésie dans un message et vice versa. Mais là où ils explosent les compteurs, c’est sur « Last night I dreamed that somebody loved me », beau à pleurer, si glacial et si tendre à la fois. Les Smiths avaient découvert le dépit, l’amertume, l’ironie comme le souligne la chanson « Paint a vulgar picture » qui raconte comment une maison de disque échafaude un plan marketing pour relancer une star déchue. Evidemment la suite, vous la connaissez : Morrissey annonce la fin pure et simple des Smiths au cours d’une interview dans les Inrockuptibles. L’ego a pris le dessus sur le collectif. Beau gâchis puisque Morrissey à part quelques exceptions ne parviendra pas à atteindre le niveau d’excellence des Smiths ni même Johnny Marr qui n’a fait que traîner sa bosse sans jamais rencontrer le succès escompté. Quant aux deux autres, je suis preneur pour des infos !

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