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MERCI LES BLEUS

Au lendemain de la victoire italienne en finale de la coupe du monde, il était de mon devoir de vous écrire un mot qui servira d’épiloque à cette fabuleuse aventure qu’a connue l’équipe de France ;

Je vois la déception sur vos visages sur chacun d’entre vous de matin. Tout le monde était derrière la France, celle qui nous a fait vibrer pendant 7 matchs. Quand on arrive en finale, il faut la gagner sinon, tout le chemin parcouru n’a aucune importance. Pire, une défaite vous met seul au monde et il est très difficile de repartir de plus belle. Personne n’aime les défaites, surtout en finale ; on préférerait presque perdre en demi finale contre les brésiliens que contre les italiens.

Les images de la finale défilent encore dans ma tête, comme si je refaisais le match, comme si je me faisais du mal tout seul en pensant aux actions avortées, comme si cette équipe faisait partie de moi. Car oui, cette équipe de France de 2006, elle avait une sacré cote d’amour ! Jamais les bleus et leur sélectionneur n’avaient été autant incendié par la presse, encore plus qu’en 1998, comme si les leçons n’avaient pas été retenues. Et pourtant, après des matchs de poule très poussifs, l’équipe de France allait presque réussir l’impossible : gagner la coupe du monde. Et de match en match, les bleus nous ont étonné, nous ont fait plaisir, nous ont redonné le moral (qui était bien bas en ce début juin). Il y a eu un engouement irréel pour cette équipe comme la France n’en a jamais connue : tout le monde était sur le pont. En l’espace de quelques jours, les gens moribonds se sont retrouvés une raison pour sourire, oublier les problèmes. On les a aimés nos bleus, comme jamais nos bleus. Nous n’avons jamais été aussi fiers d’eux. Ils ont été un exemple à suivre, un groupe génial qui s’éclatait : bref, les français se sont identifiés à eux et ça, c’était le top. Bien sur, tout le monde était derrière Zidane, l’ami public numéro 1 mais cette équipe, c’était d’abord un collectif, une équipe qui s’était rendue difficile à battre. L’équipe de France a joué sur ses acquis, sur ses capacités, ses lacunes pour monter une ossature efficace, qui prenait son temps, attentiste mais surtout forte dans la tête.

Et le mental, ils l’ont trouvé lors du match France Espagne, le match l’un de leurs les plus brillants, qui a vu la naissance d’un  groupe. Souvenez de mes articles ! Les bleus, dominés au niveau de la possession de balle, ont su inverser la tendance après le but de Villa. Il ne fallait pas grand-chose, une étincelle pour que cette équipe encore sous le choc de 2002 reparte de l’avant. Et ce petit coup de pouce est venu de l’homme providentiel de cette équipe : PatricK Vieira qui décale parfaitement Frank Ribéry pour la balle d’égalisation. Ce même Patrick nous marque le deuxième but sur un coup de franc de Zidane. Un collectif (éphémère) était né et n’affichait plus de complexes. La grande phrase de Zidane « on meurt ensemble » en disait long  sur l’état d’esprit qui régnait au sein de cette équipe. Il y a la tête et les jambes : les français ont su trouver une motivation insoupçonnée qui leur a donné des ailes.

La suite, vous la connaissez : les bleus de plus en plus aguerris physiquement n’en demandaient pas tant pour atteindre la finale de la coupe du monde. Certes, les matchs n’étaient pas d’une grande finesse mais reflétaient d’abord d’un fighting spirit hors du commun. Ils ne lâchaient rien comme s’ils jouaient leur peau, comme si leur survie en dépendait. Et celui-ci qui en veut le plus est souvent celui qui va au bout.

Patrick Vieira aura été à l’image de cette équipe : tout le monde l’avait massacré avant même le début de la compétition : pas en jambe, peu inspiré, pas très efficace…tout y est passé. Et pour faire plaisir aux mauvaises langues, le premier match contre la Suisse fut difficile. Tout le monde doutait. Arrive ensuite la Corée du Sud où Patrick marque un but non validé : comme l’équipe de match ; il progressait mais le sentiment de frustration dominait. Le troisième match contre le Togo allait lui permettre de monter encore en puissance avec un but mais il lui manquait toujours la reconnaissance, en France, les critiques vous restent sur le dos plus longtemps que les éloges. Elle ne mettra pas longtemps à venir avec un but et un match titanesque de combativité contre les espagnols. Pour les matchs suivants, tout le supportait, tout le monde faisait son mea culpa, comme pour l’équipe de France. On ne s’y connaît pas en football, les français ! Et puis, il y a cette finale où il fait un match exemplaire jusqu’à son claquage qui ampute l’équipe de France d’un de ses meilleurs éléments. Sa sortie précipitera celle de l’équipe de France au moment où elle pensait tenir le match.

On peut remercier les bleus car ils nous ont permis à nous accrocher à quelque chose pendant ce mois de compétition : qu’allons nous devenir ? Je crois que je vais me passer de foot pendant un bon moment, histoire de penser à autre chose. Je ne crois que nous reverrons de telles émotions avant un bon moment, surtout quand on sait que toute l’équipe est à refaire. Merci pour tout : vous nous avez fait du bien au moral pendant un mois, et ça, il n’y a que le football pour nous l’apporter.

Catégories :le journal du foot
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