Accueil > mes disques 75-79 > BRIAN ENO : Another Green World (1975)

BRIAN ENO : Another Green World (1975)

another.jpgDéfricher, expérimenter, innover, améliorer, changer, tester : Tels sont les missions d’un artiste. Il doit être en phase avec son temps, créer une œuvre, si possible mémorable sur lequel les gens pourront se cultiver, apprendre pour de nouveau créer quelque chose de neuf. Qu’importe si son travail a été incompris de son vivant, son œuvre lui survivra et quand les gens seront prêts à « comprendre » ils verront à quel point il était en avance sur son temps et avait assimilé bien avant des courants qui allaient faire l’unanimité plus tard. Brian Eno est de cette trempe. Et, heureusement pour lui, son apport musical a été assimilé de son vivant ! Se proclamant non musicien, il se sert de la musique pour créer une œuvre qui dépasse les frontières du genre. Qu’est ce que la musique ? une simple succession de notes ? La musique est un art demandant le travail du son, du silence. Et ça Eno l’a bien compris. C’est pourquoi il crée un type de sonorité : l’ambiant, une musique électronique expérimentale qui s’intéresse avant tout aux couleurs et textures sonores, et non à la composition ni à l’écriture de chansons. Sur les 14 morceaux d’ « Another green World », 9 sont des instrumentaux électroniques à l’ambiance glaciale où se répètent inlassablement les mêmes notes mais qui sont également très mélodiques et rythmés (« Bad ship », « In dark trees ») ! De l’ambiant pop en quelque sorte ! Brian Eno réussit le tour de force de donner à la pop une autre dimension, à lui faire quitter les frontières qu’on lui a donné. A la première écoute, j’étais très déconcerté par cette nouvelle approche conceptuelle mais en y revenant encore et encore, j’ai compris ce qu’Eno cherchait à accomplir : faire passer la pop à l’âge adulte. Il emprunte des chemins escarpés mais son cheminement est le bon : il faut créer, expérimenter pour que la pop ne tombe en lambeaux. Les 5 morceaux « Chantés », aussi minimalistes soient-ils, sont quant à eux magnifiques de sincérité comme « i’ll come running » ou « Golden hours ». Avec « Another green World », les mots imagination, évasion ou rêve prennent tout leur sens. Aujourd’hui la musique ambiante envahit notre quotidien et les bacs. On ne compte plus les artistes qui se sont inspirés de l’expérience d’Eno.

Catégories :mes disques 75-79
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :