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Archive for avril 2007

PEARL JAM : Vitalogy (1994)

vitalogy.jpgComment distinguer les bons et les mauvais disques d’un groupe ? Par leurs succès ? Par leurs influences ? Par leurs qualités ? Par leurs contextes ou par subjectivité ? Je pourrais vous citer mille et un critères pour donner une hiérarchie à la discographie d’un artiste et vous ne seriez toujours pas d’accord avec moi. On peut très bien imaginer un groupe sortir son meilleur disque dans l’indifférence la plus totale alors qu’il a eu du succès avec de la daube ! Pour Pearl jam, le choix est cornélien car chacun de ses disques sortis à une régularité exemplaire entre 1991 et 1996 (4 en 5 ans !) a une saveur différente. Il reste une figure phare de la première moitié des années 90 car il fut le bon groupe (ils ne sont pas manchots !) au bon moment (l’explosion du grunge) et au bon endroit (Seattle, of course !). La chance lui a souri comme personne mais après la gloire vient l’amertume, la remise en question. Vitalogy traduit parfaitement ce sentiment de lendemain de fête. En 1994, la vague grunge est retombée avec la mort de Cobain. Ce style n’était-il pas une mode, en fait ? Les héros d’hier sont condamnés à errer, à voir leurs fans passer à autre chose. Fer de lance de ce mouvement, Pearl Jam sort alors son testament, comme pour enterrer sa vie juvénile, pour montrer qu’il y a une vie après la mort ! Vitalogy a été décrié comme un album grunge ; il n’en est en fait rien. Ce disque lugubre, sombre, ressemble à la visite d’un musée des horreurs ! Le grunge des débuts a laissé place à un rock implacable, proche de Led Zeppelin et de black sabbath. Le son est lourd (notamment la batterie) comme si le groupe n’était pas pour plaisanter, avec une atmosphère de recueillement. Même avec un son pêchu, les chansons dégagent de la noirceur, avec le sentiment que la rage des débuts était cette fois maitrisée, cadenassée. Les compositions sont superbes par leur intensité, leur dédain, avec cette énergie du désespoir, avec la voix de Vedder toujours aussi suppliante et roqueuse. Pearl jam avait alors réussi son pari : rester soi-même en se renouvelant (tout du moins sur un disque !) . Mais surtout celui-ci reste le dernier « grand » album du groupe au niveau ventes et influences. Vitalogy sera le champ du cygne d’un groupe qui aura de moins en moins à dire et à espérer…

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Catégories :mes disques 90-94

PINK FLOYD: Dark Side Of The moon (1973)

dark-side.jpgIl aura fallu tout ce temps pour enfin écrire quelques lignes sur ce disque ! Une éternité ! Cette sélection de disques n’aurait de sens si le Dark of the moon était absent. Il y aurait, comme qui dirait, un vide, un puzzle incomplet. Critiquer cet album, c’est faire un peu d’histoire. Ce disque représente une époque, la première moitié des seventies et surtout un style disparu, le rock progressif. Des albums comme ça, nous n’en ferons plus jamais, nous en avons perdu la recette, la volonté, comme nous l’avions renié. Cette Musique est de toutes les ambigüités : veillotte et moderne, sophistiquée et universelle, déroutante et évasive. Détester cette musique était gage de non conformisme, de rejet de l’ordre établi, du pompeux et l’académisme. Je dirais surtout qu’elle était le symptôme d’une immaturité musicale ! Car aimer le progressif, c’est d’abord aimer la grande musique, celle qui vous émeut, celle qui n’a rien à revendiquer, celle qui vous rajeunit, celle qui donne envie de quitter la réalité. Il n’y a pas de message, de sens à donner à ces chansons mais seulement de l’amour, de la contemplation, du plaisir. C’est souvent la marque de moments intemporels, figé dans le temps, complètement déconnecté de la réalité. Tous ces sentiments, Pink Floyd les a rassemblés dans 9 chansons. 9 instants magiques, rêveurs. Même si « Money » fait quelque peu figure d’intrus (un tube !!), l’ensemble fait penser à un rêve éveillé que rien ne perturbe. Tout est là pour enchanter l’auditeur : de la lenteur, des arrangements millimétrés, une fausse tranquillité et du mystère. La musique de Pink Floyd a quelquechose de divin, de cérébral qui dépasse les limites de notre conscient pour nous emmener nulle part. Mais jamais le vide, le néant n’a été aussi beau, aussi transmetteur d’émotions. Pour un non mélomane, pénétrer dans cet univers fait l’effet d’un malaise, d’une incompréhension (qu’est ce qu’il y a de beau là-dedans ?) que l’on peut comprendre. Aimer le progressif se mérite, se travaille mais quelle récompense au bout : celle de percevoir l’émotion, la sensibilité du monde.

Catégories :mes disques 70-74