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Sunshine, un film de Danny Boyle (2007)

sunshine.jpg2057 ; Le Soleil est en train de mourir peu à peu, condamnant l’espèce humaine à une fin certaine. Une seule solution se présente pour sauver la planète: réanimer le soleil. C’est ce que l’équipage du vaisseau ICARUS II tentera de faire, avec pour mission d’y faire exploser une gigantesque charge nucléaire. Mais à l’approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d’ICARUS I, disparu sept ans auparavant (se serait il brûlé les ailes ??? Désolé……).Voilà un pitch, pour le moins, pas très original et qui peut faire peur aux premiers abords. Pourquoi le réalisateur de « 28 Jours plus tard » se lance t-il dans la SF de base avec, en plus, un énième scénario de sauvetage à la con de notre petite planète bleue.Là, le fan de SF prend peur et se demande comment un tel film pourra se faire une place au milieu d’un publique asphyxié par des sorciers acnéiques, des Super Héros ou encore moult tueurs en série égorgeur de poufiasses écervelées (Yes man !). Comment relancer la carrière d’un genre si peu sérieusement étudié depuis des années ? Je ne vais pas citer Armaggedon, ni Deep Impact ou encore Mission to Mars et encore moins Planète Rouge ! Non, je ne vais pas les citer !!!Le seul ayant réussi un tour de force honnête reste « Event Horizon ». Film de « SF à tendance horrifique de bonne facture qui pète pas plus haut que son cul » qui, ma foie, reste dans ma mémoire. Et un « Space Cowboys » sympathique…Alors que ceux citer plus haut….. Alors, va t-il se planter dans les grandes largeurs ? Non non et non, notre réalisateur s’attaque au genre pour mieux en extirper les questions essentielles de son scénario. Nous ne sommes pas en face d’un nouvel ersatz de film d’action qui donne mal à la tête et rend sourd ; mais en face d’un vrai film d’auteur qui se permet de poser de vrais questions (la recherche de soi, la signification de notre existence, l’acceptation de sa propre condition humaine etc…) et d’aborder une nouvelle métaphore de la vie en communauté et les tensions qui en découlent (les choix, les sacrifices à faire – qui doit on sacrifier pour aller de l’avant ?…). En résulte sa propre version de l’humanité toujours aussi pessimiste, voir noire… (thématique récurrente dans les précédent métrages tels que Petit Meurtre entre Amis, Trainspotting,La Plage et 28 Jours plus tard…). De ce côté là, le réalisateur s’est entouré d’une brochette d’acteurs au charisme évident. Et le soleil dans tout ça ? Eh bien, le Soleil (avec un « S ») est le catalyseur de toutes ses questions. Il réveille pour les uns un panel de questions d’ordre spirituelle ou religieuse et, pour d’autres, purement scientifiquePendant tout le métrage, le soleil est représenté comme la vraie source de la vie et que sans lui, nous ne pourrions exister. Un soleil générateur de vie et même de mort… Mais qui l’un dans l’autre apporterait la purification de l’âme ; la révélation divine.

Dans un premier lieu, Sunshine se présente comme un objet d’une beauté rare, d’une fluidité visuelle éclatante, d’une perfection esthétique bouleversante (je m’emballe…). En bon technicien, le réalisateur ne va pas se contenter de nous afficher des plans mainte fois rabachés sur l’espace et l’infini. Il ne va pas les vomir bêtement et nous les étaler sur notre écran. Non, on sent l’étude, la construction de chaque plan, l’effort qu’il a fourni pour nous déballer ces images à l’infinie beauté, fantasmant l’espace comme un être vampirisant (là, je peux pas faire mieux). Oui « vampirisant », car comme nos protagonistes, on se sent attiré, happé par la force du soleil, la puissance séductrice du vide qui nous entoure. Cela faisait longtemps qu’un film n’avait pas déclenché en moi ce fantasme de se perdre dans une galaxie infinie et de surcroît atteindre le soleil et le toucher au plus près.Dès les premières minutes, Sunshine se présente comme l’Anti-Armageddon dans son fonds et sa forme, avec son refus catégorique de l’action grossière et du pathos nationaliste (la scène du dernier message à envoyer sur Terre initier par Cillian Murphy donne le ton). A contrario de ce que nous aurait pondu un réalisateur américain sans saveur, Danny Boyle met en évidence l’union de plusieurs pays pour sauver notre planète. On suit avec acharnement la mort progressive (attendue et inéluctable), physique et psychologique des protagonistes livrés à eux-mêmes. On est très loin d’une vision nombriliste à la quête de la gloire d’une seule nation. Voilà ce qu’est le cinéma de Danny Boyle ; de la générosité et ce besoin de ne pas nous prendre pour des cons (il n’est pas difficile de s’identifier aux personnages, de les comprendre). Ce film met en évidence, encore une fois, qu’un bon scénario entre les mains d’un honnête gars ne peut amener qu’à de bons résultats. Ensuite, le film brille aussi grâce à son environnement sonore, d’un réalisme saisissant (on pense à « 2001… » et « Alien » immédiatement). A cela se greffe un BO d’enfer et atypique. Et quelle musique ! Underworld ! On sent l’implication de Danny Boyle ; qu’il a voulu se faire plaisir et confirme son envie de signer un film personnel. Et quoi de plus personnel que se distinguer parla Bande Originale. D’où la présence de ses compatriotes d’Underworld qui sublime le film par une BO enivrante qui nous hypnotise par ses vagues synthétiques… Créant une ambiance à la fois transcendante et violente. A mon avis, cela reste aussi sa meilleure manière de mieux se démarquer des références évidentes du métrage. Il ne pouvait pas se permettre une orchestration classique à la « 2001… » ou d’un score grandiloquent et chaotique d’une production Hollywoodienne banale… Et terminer le film par la musique mélancolique, désespérée de I AM KLOOT cloue le spectacle avec brio et émotion. Ce sacrifice obligatoire et inévitable n’aura pas été vain et la dernière image que nous offre Danny Boyle nous fait bien comprendre tout cela. Un lever de soleil qui arrose ce désert glacé et sec (comme la mort elle même). Simple, mais vraie. Elle résume le style du réalisateur. Après avoir donné dans l’émotion, la tension, il cloue son film par une photo apaisante et réconfortante. De la Terre, voilà ce que nous procure le soleil et on prend conscience de sa nécessité. Telle les bras d’une mère qui vous serre fort, vous protège, vous réchauffe… Le sacrifice de ces astronautes ne plonge pas le film dans le pathos excessif ; mais au contraire lui donne une vrai signification (franchement, qui en a à foutre de Bruce Willis ?). D’une audace visuelle infinie, Sunshine est probablement le spectacle fantastique le plus fort et le plus envoûtant qui m’ait été permis de voir ces dernières années. Je ne peux m’empêcher de penser aux divers ratages qu’on était « Mission to Mars » ou encore « Planète rouge ». Des films largement oubliables (des hontes de la SF !) qui ont eu droit à un budget largement supérieur à celui de Sunshine. De ce fait, il mérite amplement sa place au panthéon de la science-fiction aux côtés de « 2001, l’odyssée de l’espace », « Solaris » ou « d’Alien ». Dès le début, on sent bien que l‘aspect artistique prend le pas sur l’aspect commercial et où la puissance visuelle du film permet aux spectateurs de ressortir de la salle perdu de tout repère.Ce film représente toutes les qualités qui manquaient cruellement à la plupart des films de science-fiction actuels et témoigne d’une certaine humilité. Les mauvaises langues qui ne comprennent rien à la SF ou qui se limitent aux références du genre crieront que Danny Boyle est un opportuniste. Moi, je dis qu’il fait honneur (modestement) à un héritage cinématographique que personne n’a pu être réellement exploité. Alors « oui », le film a des défauts ; la psychologie de certains personnages méritait d’être plus exploitée (le capitaine chinois, la biologique – Aahh Michelle Yeoh). Certains personnages sont trop vite expédiés, je le reconnais. Donc, « oui », je ne cache pas une certaine frustration arrivé à la fin du métrage. 30 minutes de plus auraient été le bienvenu. Pour terminer, je passerai sur les prestations de l’ensemble du casting principal qui sont tous excellents (Cillian Murphy en premier) et m’attarderai sur la surprise que m’a offerte l’acteur Chris Evans (le pétard mouillé des 4 Fantastiques). Il m’a agréablement étonné (ça me fait chier de le dire) et mais je reste convaincu que le reste de sa filmo restera indigeste.Mais bon, le film est tellement chargé d’espoir, d’amour et d’honnêteté que les défauts passent en second plan. Une honnêteté qui se fait de plus en plus rare au cinéma (surtout pour les films de studio), et que je respecte sincèrement. Il convient d’aller voir ce film captivant de ce pas.

TastyRiff

Catégories :mon cinéma
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