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1987 ou le début de la fin pour Christophe Lambert

Il y a ces acteurs cultes d’une décennie, d’un période, qui aujourd’hui sont des épaves vivantes, condamnés à errer sans le moindre espoir de rédemption. Ils ont marqué le public par leur performance d’interprétation ; gravée par des succès en salle en répétition.

Christophe Lambert eut la progression la plus fulgurante de la première moitié des années 80 au point de devenir bankable que soit en France ou à l’étranger et d’être appelé à faire des films « hollywoodiens ». LA révélation française la plus spectaculaire quand on sait le parcours de cet acteur et les rôles de prédilection qu’il a joués restés encore aujourd’hui dans les mémoires : Paroles et Musiques, Greystoke, Subway, Highlander. Dans des rôles à la fois épique et énigmatique, Lambert va connaitre la gloire. Et même la consécration en recevant le césar du meilleur acteur pour Subway en 1986, son Zénith.

Son apogée, oui, car 1987 va s’avérer être l’année de la désillusion tout comme la révélation de ses faiblesses (après celles de ses forces). Il est en effet à l’affiche du sicilien de Michael Cimino, peut-être le cinéaste le plus maudit d’Hollywood.

Après « voyage au bout de l’enfer », qui fait partie des plus grands films de tous les temps (je n’exagère en rien), Cimino va connaitre une série d’échecs cuisants mais pourtant ambitieux qui vont le discréditer et le mettre au placard. Le sicilien était à l’époque pour lui sa dernière cartouche pour redorer son blason après « la porte du paradis » et « l’année du dragon » (devenus des films cultes).

Le sicilien sur lequel le public et le cinéaste avaient placé tout leur espoir va pourtant énormément décevoir. L’histoire narrant L’épopée d’un bandit ambitieux pour devenir le chef de la pègre sicilien ne convainc pas, pire elle manque de consistance. Souffrant de la comparaison avec le parrain, le sicilien ne sauve la face que par la réalisation des décors fidèles à la Sicile et au talent de Cimino, mais pas par le jeu d’acteur de Lambert pêchant de profondeur et d’authenticité (on se demande ce qu’il fait là). Pour la première fois, Lambert est en face d’un échec dans lequel il ne surnage même pas. Et pourtant à première vue, ce rôle lui était taillé sur mesure (on pense au héros d’Highlander) mais en fait, il n’arrive pas à s’en accommoder. Le Public commencera petit à petit à le lâcher, déçu de ne pas revoir l’acteur rééditer ses performances d’antan.

Ce sentiment d’amertume et de rejet sera encore plus frappant dans le film suivant de Lambert, « le complot » où celui-ci campe un rôle de prêtre polonais. Contre emploi total mais surtout échec total. Lambert se révèle avoir un jeu d’acteur limité, ne trouvant ses marques que dans certains rôles (qui sont pour lui au final de prédilection). Peut-être a-t-il voulu dérouter son public en essayant de sortir de l’image qu’il s’était forgé mais celui-ci n’était pas prêt à le suivre. Peut-être que lui-même n’avait pas le bagage nécessaire pour entamer une remise en question.

Toujours est-il que notre acteur ne s’est jamais remis de cette scoumoune, ne réussissant jamais à retrouver les faveurs du public qui l’avait porté en triomphe. Des mauvais choix de films (il se vantait de faire des navets pour l’argent) et un certain air prétentieux font que sa carrière est derrière lui. Et on ne s’en plaindra pas….

le_sicilien.jpg

Lambert à l’affiche du Sicilien : un bide retentissant

Catégories :mon cinéma
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