Archive

Archive for avril 2008

C’est quoi le rock ?

Publicités
Catégories :what a wonderful life

SCREAMING TREES : Sweet oblivion (1992)

Difficile de tout écouter quand on a une discothèque pléthorique ! Ou plutôt de tout comprendre du premier coup. Depuis maintenant un certain temps, je m’attelle à redonner une chance à tous ces albums qui sont plus objets de décoration que des œuvres musicales. Il est important de se retourner et de voir ce qu’on a pu louper. Si on réussissait à tout aimer du premier coup, la vie n’aurait plus de secrets pour nous. J’avais laissé les Screaming Trees avec Dust que j’avais adoré mais n’avais pas pour pourtant accroché à leur album précédent Sweet Oblivion . Le temps aidant et une grosse relecture m’ont fait revoir mon jugement ! Sweet Oblivion est tout simplement un excellent album de rock ! Aux compositions directes, franches du collier, s’ajoute un jeu de guitare suave et une voix remplie de tourments, le tout dans une atmosphère étrange et envoutante ! Cet adage plutôt surprenant fait ainsi marier le spontané avec l’austère, la rage avec le mystère, et ce avec bonheur. Le groupe (déjà) aux abois se redresse presque par miracle grâce au talent de compositions de Lanegan et la production luxuriante de Don Fleming. Les « shadow of the season » et « Nearly lost you » sont ainsi de parfaites combinaisons de puissance et d’émotion. Comme pour Dust, on sent que le groupe n’aurait pas survécu à ses vieux démons (drogues et alcool) s’il n’avait pas été un moment encadré, entouré. Les screaming Trees rencontreront brièvement le succès grâce à cet album (300 000 exemplaires vendus aux états unis) mais appliqué le temps de l’enregistrement, le groupe l’est beaucoup moins lors des tournées qui sont souvent des désastres ou au mieux des occasions manquées pour transformer l’essai. Un beau gachis quand on connait la teneur de leurs albums si mystérieux…

THE RAPTURE : Echoes (2003)

Echoes est, pour résumer, un album comme les années 2000 savent nous servir : du recyclage. Mais par n’importe comment et lequel ! Il est d’abord l’œuvre d’un groupe new yorkais très en vue, The rapture, issu du label DFA, qui accueille tous les groupes à tendances electro rock. Le groupe a tellement épaté par son premier EP et ses concerts qu’on les voit décrocher le pactole ! Comme je l’ai indiqué en préambule, la bande s’attèle ici à « emprunter » les sonorités, le climat de la musique post punk en y greffant une touche de modernité symbolisée par des beats et les machines ! Il faut ainsi imaginer la tension de Gang of four alliée aux hurlements de PIL sur un fond d’electro ! L’ambiance du disque est néanmoins plutôt sinistre avec une guitare au jeu haché et incisive et une  voix aiguë. Echoes est un album rock à la beauté étrange : il innove singulièrement par son style mais il décontenance par son aspect décousu et noir. On est tout de suite emporté par les beats funk qui nous font sauter mais le caractère des chansons  nous fait rasseoir ! Ce n’est qu’après de nombreuses écoutes que l’on appréciera cet album à sa juste valeur, à savoir une passerelle entre la froideur, la singularité du post punk et la chaleur du dance floor. La parfaite illustration de mes propos reste le hit de l’album « House of Jealous Lovers » qui réussit à capter la nervosité du rock sur un rythme funky ! Malheureusement, malgré ce coup, Echoes n’imposera pas the Rapture comme un groupe majeur de la scène new yorkaise mais restera l’un des albums les plus novateurs de cette première moitié de décennie.

Catégories :mes disques 00-04

PINK FLOYD : The Wall (1979)

avril 19, 2008 1 commentaire

LE disque de toute une génération ! Dés sa sortie fin 1979, The wall était déjà un classique ! Deuxième opus de la trilogie commencée par Animals (1977) et achevée par the final cut (1983), The wall n’est pourtant pas un album accueillant et accessible. La faute à Roger Waters, chef de projet, qui y met ici toutes ses idées noires et son aigreur vis-à-vis de tous. Waters n’en a cure du show business, du public, des autres membres du groupe. Le mur symbolise son isolement, le contraste entre sa vie et celles des autres. Le long des 26 chansons étalées sur deux disques, on sent son rejet des valeurs du monde, son dégout de la société actuelle (l’éducation, l’autorité, les parents, les relations humaines…). The wall est pour ainsi dire l’album noir que les punks attendaient. Au-delà du climat glacial qui règne, les compositions sont très abouties, d’une rare beauté cristalline. Elles sont soit clairement rock, (« Run like hell ») avec une guitare lourde et tranchante ou de douces ballades (« confortably numb »). Gilmour, Mason et Wright réduits au rôle de faire valoir adoucissent à peine l’amertume de Waters. Les jeunes d’alors en quête de repères et de compagnon dans leur désarroi trouvent ici leur bande son et en font un succès populaire ! The wall est ainsi l’un des double album les plus vendus au monde !. La tournée de The wall sera triomphiante (on se souvient de la construction d’un mur séparant progressivement le public du groupe) mais sera le dernier grand acte du floyd. La quasi dictature de Waters au sein du groupe rendra les relations de plus en plus tendues au point que le groupe implosera.

Catégories :mes disques 75-79

THE DETROIT COBRAS: Life, Love and Leaving (2004)

Voilà peut-être l’un des groupes les plus attachants que la nouvelle scène a engendré ! L’un des plus cool du moins ! Pour la simple raison que les detroit cobras sont la définition du rock : simplicité, sincérité, chaleur, charme et autres violence ! Mais pour faire un parfait boogie, il faut la parfaite recette ; ce que le groupe a bien compris en ne commettant que des reprises de standard Sixties (good old times !!) Ajoutez à tout ceci la pétulante Rachael Nagy au chant et vous obtiendrez un groupe honnête, sans fioritures. Si le premier album était plus axé garage, le deuxième Life, Love and Leaving est plus orienté soul et girl band, donc au final plus charnel et sucré ! Mais quelle claque ! Le long de ces 14 chansons, on chope la fureur de vivre, l’esprit rock n’ roll ! Les morceaux sont joués sans frein à main, avec juste ce qu’il faut pour cogner, swinguer, danser, crier, balancer les tables, appuyer sur le champignon, fredonner, reprendre le sourire ! Dans ces années sophistiquées, rien de tel que de retrouver de la simplicité, des raccourcis. On a envie de ne pas se prendre la tête et je puis dire que cet album est le parfait antidote à tous ces maux ! Pour une fois qu’on peut abuser des médicaments…

Catégories :mes disques 00-04

THE RAMONES: End Of The Century (1980)

Que se passe-t-il lorsqu’un groupe bien coté dans le circuit indépendant veut élargir son champ d’auditeurs ou plutôt décrocher un hit ? Il y laisse toujours des plumes ! Mais il en perd plus lorsque ça craque ! Les ramones en cette fin de décennie 70’s n’ont plus besoin qu’on les présente mais manquent cruellement de considération du grand public et surtout sentent que leur formule se doit d’être révisée ! C’est pourquoi pour leur 5ème album, ils mettent les moyens de leur ambition en enrôlant le très strict Phil Spector comme producteur ! Ils n’en doutent pas : Il est l’homme de la situation, celui qui va leur ouvrir les portes du succès ! De mon avis PERSONNEL : ça a partiellement marché. Pourquoi personnel ? Car cet album est controversé et divise les ramonesiens ! Car pour que les Ramones ratissent large, il leur faut mettre de la pop (et autres accessoires) dans leur moteur ! Pour les fans de la première heure, cela résonne comme de la trahison alors que  d’autres crient au génie. Grâce à Phil Spector, Joey ramone n’a jamais aussi bien chanté, les compositions aussi bien huilées. Le groupe est ainsi plus pro que jamais. C’est dans cette ambiance studieuse que nait Le (seul) tube ( au sens billboard !) du groupe : une reprise de « Baby, I love you » des Ronnettes (autrefois sous les ordres de Spector : tiens, tiens…) avec une nappe de violons ! De mon avis, cette ballade sucrée est une réussite qui ne dénature pas l’esprit du groupe (le vintage, la sincérité, l’envie). Beaucoup d’articles en feront polémique mais je trouve que la démarche du groupe était la bonne en 1980 : Se diversifier tout en restant soi-même, sauf que le groupe n’a pas été au bout de ces idées. End of the Century comporte d’autres chansons audacieuses  comme l’accrocheur « Do you remember Rock n’ roll radio » avec ces trompettes et le miéleux « danny says » tandis que le reste de l’album reste aux fondamentaux du groupe en plus cadré (l’expérience !), là où on pouvait attendre plus de risques. Quant à la question du début de ma critique, vous l’aurez compris, c’est très mitigé ! Le grand album tant espéré n’a pas répondu totalement aux attentes. Dur, de faire le grand écart…

Catégories :mes disques 80-84