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KING CRIMSON: In the court of the Crimson King (1969)

Si je devais résumer en une phrase ce formidable album, je dirais qu’il a de la gueule ! Même si l’album avait été pourri, la pochette au moins serait passée à la postérité ! Achetez l’édition en vynile et vous comprendrez : le choc, l’émotion sont immédiats. Ce visage d’un mutant déformé façon BD de science fiction nous interpelle, nous inquiète mais surtout annonce ce que l’auditeur va écouter : une musique effrayante, schizophrène, tourmentée,  qui vous prend aux tripes du début à la fin avec des changements d’atmosphère, de rythme à s’y perdre ! N’est-ce pas le but de la musique progressive ? D’offrir une musique cérébrale, à fleur de peau et d’une beauté luxuriante. A ce sujet, l’album est souvent présenté comme le sergent peppers du progressif pour sa variété, sa maitrise et son coté précurseur. Comme toute musique progressive, on retrouve cette fusion de hard rock, jazz, folk et musique planante où le mélange ne fait pas de grumeaux tant les musiciens maitrisent leur art. Robert fripp est un véritable guitar hero aux portes de l’avant-garde ; Ian Mc donald au four et au moulin (saxophone, mellotron flute, composition) est un véritable symphoniste ;Michael Giles est un batteur au jeu juste, sans répétition tandis que Greg lake à la basse chante avec un registre digne des grands. Le disque en lui-même est rempli de mélancolie, de textes torturés, telle une apocalypse mais dans des tons différents. La chanson d’ouverture « 21st century schizoid man » par exemple est d’une rare puissance avec une voix saturée (voire déformée) et des riffs dignes d’un groupe de heavy metal tandis qu’ « I talk to the wind », « epipath » ou encore  « In the court of Crimson King », sont de douce ballades envoutantes où la flûte et mellotron de Mc donald jouent à plein avec un don pour la mélodie indéniable, sans oublier la guitare folle de Fripp. Bref, le disque alterne douceur et violence entre les chansons et dans les chansons pour nous évader, nous transporter vers la plénitude, le repos. Que de demander de plus à la musique après coup ?

Catégories :mes disques 66-69
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