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THE DOGS : Legendary Lovers (1983)

Le rock et la France ont toujours eu une relation compliquée. Comment le pays du phrasé, de la langue de Molière peut-il cohabiter avec la mélodie, la sauvagerie, le psychédélisme et autres atmosphères tourmentées ? D’une manière générale, comment peut-on régionaliser le rock ? On a bien le son westcoast, la merseybeat, le swingin’ london, la motown ou encore la madchester, courants nés à un lieu précis et clairement identifiables mais comment distinguer le rock français ? A vrai dire, je pense que c’est une expression un brin chauvine car celui-ci n’existe pas ! A part la langue parlée, celui-ci n’a aucune originalité. Le rock est de nature anglo-saxonne, qu’on se le dise ! Toutes les tables de la loi rock sont comme les pulls H&M : en provenance de l’étranger. Pour que le rock français soit un véritable courant, il faudrait qu’il soit universel et neuf.  Noir désir, par exemple a été puisé dans le Gun club, les groupes garage et autres Doors pour modeler sa sonorité. En règle générale, je pense qu’il est plus approprié de parler de groupes français de rock plutôt de groupes de rock français. De plus comment parler de rock français quand on voit le nombre de bons groupes rock en marge du mainstream avec un faible echo médiatique. Et imaginer s’il chante en anglais…Ce fut pourtant le cas d’un des meilleurs groupes en provenance de notre cher pays : Les dogs ! Sous haute influence sixities, avec le look dandy adéquat, (lunettes, bottes, noir intégral) la guitare Rickenbacker bien affutée, l’attitude et surtout la classe : ils avaient tout bon mais ils étaient français ! D’ailleurs le titre de l’album « Too class for the neighbourhood » un brin cynique montrait à quel point le groupe se savait hors jeu. Pour le deuxième album pour Epic (Columbia) le groupe de Rouen continue sur sa lancée à savoir faire du revival sixties avec passion. L’héritage des flamin’ groovies, Gene Vincent, Elvis Presley et autres Johnny Kidd est ici servi dans la plus grande tradition avec des parties de guitares endiablées et une production aux petits oignons signé Vic Maille.  Les 13 morceaux du CD  (11+ 2 bonus dont 1 chanté en français, le génial « secrets ») sont d’une sincérité et d’un charme auxquels on ne peut rester insensible. Je ne sais pas si c’est du fait que cet album est resté longtemps pour moi un trésor caché (il a fallu une réédition cheap en 2010 pour pouvoir l’écouter : Merci Sony (sans ironie)) que je le préfère à « Too class for the neighbourhood » mais il est certain qu’il est grand temps de rendre justice à ce groupe trop classe.

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