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JEFFREY LEE PIERCE : Wildweed (1985)

Dans les destins artistiques à la Van Vogh (ignoré en son vivant, adulé à sa mort), Jeffrey Lee Pierce est peut-être la personnalité qui aura le plus marqué de son empreinte le rock alternatif (voire plus) de ces trente dernières années. D’abord grâce au séminal et obscur Gun club avec son blues punk détonnant rempli de sortilèges et de psychédélisme. Et puis aussi sur son excellent premier album solo, Wildweed sorti en plein naufrage des années 80, 1985. A cette époque, Pierce est à la croisée des chemins. Gun Club s’est séparé et il décide d’arrêter l’héroïne. Le bon moment pour repartir du bon pied. A Londres, son nouveau refuge, et en compagnie de musiciens de studio (il n’y aura jamais de concerts avec des titres de cet album, dommage), il élabore un disque poignant, entre modernité et passé, entre magie et réalisme, entre fables et cauchemars. Le titre de la chanson d’ouverture (« Love and desperation ») résume à elle-même l’état d’esprit tourmenté d’un homme qui a déjà connu je ne sais combien de désillusions, gueules de bois, mauvais trip mais qui l’assumait.

Reprenant la recette du Gun Club, JLP se renouvèle en y ajoutant une connotation urbaine à ses compositions notamment par un jeu de guitares à la Television avec des solos tranchants mais les textes, eux, restent ancrés dans la mythologie américaine (la ruralité, le vaudou, le sud), comme si on avait la ville à la campagne ! Il a pour  ainsi dire réussi à faire cohabiter Dylan et Lou Reed. La voix toujours aussi possédée est d’une telle  limpidité qu’on ne saurait dormir sur ces deux oreilles. La pochette de l’album est ici très évocatrice : Dans un paysage désertique  ressemblant à celui du Texas (et pourtant situé en grande Bretagne !), JLP au regard méditatif devrait être apaisé mais celui-ci porte un fusil, comme pour montrer qu’il ne lui reste plus que la violence pour exister. Derrière toute cette colère, ce désespoir, se cache un être entier, fragile, à fleur de peau qui aura essuyé les plâtres, vendu son âme au diable, combattu ses démons toute sa vie. Et rien que pour ça : Merci Jeffrey de l’avoir chanté.

Catégories :mes disques 85-89
  1. mars 13, 2011 à 7:55

    Pour moi, JLP c’est The Gun Club et « The House On The Highland Avenue » que je réécoute avec bonheur à chaque fois.

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