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Archive for avril 2011

WEST & BYRD : West & Byrd (1988)

avril 25, 2011 1 commentaire

Comment rebondir quand un membre de votre groupe meurt subitement ? Ou comment adopter le dicton « The show must go on ». La plupart du temps, le groupe n’en survit pas. Pourtant les exemples contraires sont à citer et à enseigner au plus grand nombre car ils sont la preuve vivante qu’il y a de la vie, de la création, de l’envie après un drame. Les plus fameux sont New Order , AC/DC mais celui qui m’a le plus ému fut West & Byrd ! Mais qui sont-ils, me direz-vous ? Je me doute bien que vous ne les connaissiez pas (jusqu’à la lecture de cette critique, bien évidemment). Et Bien il s’agit du duo d’ex-Comateens Nick West et Lyn Byrd. Le troisième, Olivier North (frère cadet de Nick) étant- vous vous en doutiez- décédé l’année précédente. Et c’est pour lui que les membres survivants ont décidé de continuer l’aventure, non sans avoir hésité un moment car Oliver était à la fois la pièce maitresse du groupe (un sacré songwriter !) et un ami proche. Mais étant donné que le trio avait commencé ensemble à travailler sur un quatrième album, il était essentiel d’aller au bout du processus (avec un nom différent), rien que pour honorer la mémoire d’Oliver et mettre en musique ses dernières compositions « Stay with me » (où Etienne Daho fait les chœurs ; ce dernier reprendra même la chanson sur son album Pour nos vies Martiennes) et surtout sur « She’s got to be my Girl », pour sa confection originale. En effet, bien avant « Free as a Bird », West & Byrd ont joué à titre posthume leurs parties (basses, claviers, guitares) en les calant à la voix et aux parties de guitares d’Oliver enregistrées sur bandes. Le duo se fait d’autre part accompagné à la guitare par l’ex bassiste de Richard Hell and the Vovoids, Jerry Agony. Passés ces détails techniques et biographiques, que faut-il retenir de cet album ? Et bien, qu’il est dans la lignée de Deal with it avec ton plus adulte et un peu de désabusement (finie, l’insouciance) et qu’il faut être fan des Comateens pour défendre cet album ! Car il faut bien l’avouer : l’album a dans ensemble assez mal vieilli (sauf pour les chansons d’Oliver, tiens), notamment sur « Paper heart » ou « where did you go »  Le son minimaliste reste encore très eighties  (ah, ce clavier) et date mais l’écriture, l’articulation des chansons à la fois émouvantes et légères (de la pop, quoi !) nous permettent de passer de bons moments. Les parties de guitares étincelantes relèvent même la sauce grâce à  leur précision (ça fait mouche !). Au final, si l’on s’arrête à la première impression et si on n’y met pas une oreille attentive, on risque de passer son chemin ! Privilégiez les disques précédents, plus accrocheurs et passionnants. Mais rien que la démarche d’avoir parachevé l’œuvre d’Oliver North, cet album méritait une critique. C’est fait.

Catégories :mes disques 85-89

GHINZU : BLOW (2004)

avril 13, 2011 1 commentaire

S’il y a bien un sujet où Belgique ne fait pas rire c’est bien la musique ! Avec un tel filon, une telle qualité au kilomètre carré, on ne peut qu’être envieux voire jaloux ! A vrai dire, tout ceci n’est pas le fruit du hasard, loin de là :

– Au carrefour de l’Europe,  la Belgique s’est construite une identité par le brassage culturel (un vrai meltin pot)

– Pays où 3 communautés cohabitent (flamande, wallone et allemande) , ses habitants savent plus que tous autres qu’il faut savoir composer avec autrui et surtout se remettre en question. Il y a vraiment un esprit d’ouverture plus développé chez les belges.  Par exemple, le phrasé anglais dans les groupes est la norme.

– Petit pays (30 528 km2) et peu exposé médiatiquement, les gens y sont humbles, accessibles. Tout est ramené à une dimension locale. Il ne peut pas y avoir un star system sur un groupe, une personnalité car cela sonnerait faux.

– curieux et exigeant, le belge écoute des radios et va à des festivals pointus mais simples. Il est plus intransigeant que nous sur la qualité. Si les jeunes écoutent de bons groupes, il y a de fortes chances qu’ils fassent aussi de belles choses.

Toutes ces raisons font qu’au bout du compte la Belgique possède aujourd’hui des containers de bons groupes d’horizons musicaux différents avec un renouvellement phénoménal. Il n’est même pas rare que des groupes rock belges passent à l’électro et vice versa ! Alors que le rock français peine à se trouver (n’ai-je pas dit  qu’il n’existait pas ?), le rock belge, lui, a creusé son sillon et a une véritable intégrité : éclectique, sombre, poétique, rock sans être rock.

Pour le groupe qui nous concerne pour cette critique, on peut dire qu’il fait partie (en seulement 3 albums) des têtes de gondoles du rock belge par sa maturité (ce n’est pas approximatif), son style (ça, c’est Ghinzu !) et par son impact scénique. Je dirais pour schématiser que Ghinzu a réussi à devenir le muse belge (au bon sens du terme), c’est-à-dire celui qui l’aurait du être s’il n’avait pas péché par facilité et exubérance. Blow est un album versatile où se mêlent des temps calmes et/ou violents dans un tourbillon de guitares et/ou d’electro. Ce grand patchwork de styles équilibré est en plus ficelé avec de bons arrangements. Les paroles cyniques me rappellent à certains moments Radiohead période the Bends : de la musique planante, universelle, nerveuse mais surtout bien construite. Ainsi la force de l’album est de fournir 12 chansons dissociables l’une de l’autre mais avec une même ligne directrice (ça ne part pas dans tous les sens). Bref, si vous cherchiez un album original, puissant et subtil, n’allez pas plus loin ; c’est Blow qu’il vous faut. Si nous pouvions,  français, nous en inspirer…

Catégories :mes disques 00-04