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WEST & BYRD : West & Byrd (1988)

Comment rebondir quand un membre de votre groupe meurt subitement ? Ou comment adopter le dicton « The show must go on ». La plupart du temps, le groupe n’en survit pas. Pourtant les exemples contraires sont à citer et à enseigner au plus grand nombre car ils sont la preuve vivante qu’il y a de la vie, de la création, de l’envie après un drame. Les plus fameux sont New Order , AC/DC mais celui qui m’a le plus ému fut West & Byrd ! Mais qui sont-ils, me direz-vous ? Je me doute bien que vous ne les connaissiez pas (jusqu’à la lecture de cette critique, bien évidemment). Et Bien il s’agit du duo d’ex-Comateens Nick West et Lyn Byrd. Le troisième, Olivier North (frère cadet de Nick) étant- vous vous en doutiez- décédé l’année précédente. Et c’est pour lui que les membres survivants ont décidé de continuer l’aventure, non sans avoir hésité un moment car Oliver était à la fois la pièce maitresse du groupe (un sacré songwriter !) et un ami proche. Mais étant donné que le trio avait commencé ensemble à travailler sur un quatrième album, il était essentiel d’aller au bout du processus (avec un nom différent), rien que pour honorer la mémoire d’Oliver et mettre en musique ses dernières compositions « Stay with me » (où Etienne Daho fait les chœurs ; ce dernier reprendra même la chanson sur son album Pour nos vies Martiennes) et surtout sur « She’s got to be my Girl », pour sa confection originale. En effet, bien avant « Free as a Bird », West & Byrd ont joué à titre posthume leurs parties (basses, claviers, guitares) en les calant à la voix et aux parties de guitares d’Oliver enregistrées sur bandes. Le duo se fait d’autre part accompagné à la guitare par l’ex bassiste de Richard Hell and the Vovoids, Jerry Agony. Passés ces détails techniques et biographiques, que faut-il retenir de cet album ? Et bien, qu’il est dans la lignée de Deal with it avec ton plus adulte et un peu de désabusement (finie, l’insouciance) et qu’il faut être fan des Comateens pour défendre cet album ! Car il faut bien l’avouer : l’album a dans ensemble assez mal vieilli (sauf pour les chansons d’Oliver, tiens), notamment sur « Paper heart » ou « where did you go »  Le son minimaliste reste encore très eighties  (ah, ce clavier) et date mais l’écriture, l’articulation des chansons à la fois émouvantes et légères (de la pop, quoi !) nous permettent de passer de bons moments. Les parties de guitares étincelantes relèvent même la sauce grâce à  leur précision (ça fait mouche !). Au final, si l’on s’arrête à la première impression et si on n’y met pas une oreille attentive, on risque de passer son chemin ! Privilégiez les disques précédents, plus accrocheurs et passionnants. Mais rien que la démarche d’avoir parachevé l’œuvre d’Oliver North, cet album méritait une critique. C’est fait.

Catégories :mes disques 85-89
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