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Archive for mai 2011

THE GO-BETWEENS: 16 Lovers Lane (1988)

mai 29, 2011 1 commentaire

Qui a dit que les années 80 avaient été inutiles ? Surement pas moi ! Cette décennie a engendré une foule de groupes avec des styles, des univers certes particuliers mais qui feront école quelques temps plus tard. A tel point que l’appellation « groupe culte » (tout le monde connait, personne n’a écouté !) sied à merveille à un nombre incroyable de bandes ! Il faut dire que bien souvent les groupes étaient en avance sur le temps, précurseurs d’un courant. La rencontre avec un public lobotomisé par MTV ne pouvait que se solder par un échec. Mais dans un certain sens, les bonnes choses peuvent-elles être aimées et partagées par tous ? S’il s’agit d’un coup de cœur personnel où votre entourage est susceptible d’être indifférent (essayez Eraserhead de David Lynch !) et de vous décevoir, gardez le pour vous ! Par contre, s’il s’agit d’un véritable trésor caché, parlez en autour de vous ! 16 lovers Lane des australiens Go-Betweens fait ainsi partie de la seconde catégorie et bien plus encore : il est l’un des plus grands sommets de la pop de ces 30 dernières années. Rien que ça. Au-delà de son statut de groupe culte, les Go-Betweens cultivent la discrétion, la modestie, la simplicité. Les 10 chansons de l’album n’est que l’expression de ces sentiments, non sans un thème commun : l’amour (plutôt timide pour le coup !). Sur des mélodies simples et une orchestration assez dépouillée avec quelques touches de violon, d’accordéon et de basson, les Go-Betweens parlent avec justesse, poésie et de délicatesse des aléas de la vie amoureuse. L’association. Forster-Mc lennan n’aura jamais été aussi prolifique et parfaite. L’un se chargeant des chansons sombres, l’autre des morceaux joyeux. Enfin, l’atmosphère clair obscur renforce le pouvoir de séduction de compositions belles à pleurer. 23 ans après sa sortie, 16 Lovers Lane garde ainsi son charme intact, comme si le temps n’avait pas d’emprise sur lui. Tant qu’un mystère n’est pas résolu, son pouvoir d’évocation ne cessera pas…

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Catégories :mes disques 85-89

THE HUMAN LEAGUE : Dare ! (1981)

Au-delà de la qualité musicale et de la chance, je me suis demandé comment des artistes pouvaient réussir d’une part à percer, puis à faire carrière et enfin à ne pas être oubliés du plus grand nombre. Ma conclusion tiendra en un seul mot : le temps. Tout en effet est une question d’époque et comment le temps passe, comment les choses évoluent. Les artistes des années 60,70 et 80 ont ainsi connu des carrières longues car le public et les producteurs leur ont laissé le temps de grandir, de s’affirmer. Ils ont également bénéficié de la fidélité du public qui était moins exigeant qu’aujourd’hui. Il y avait aussi moins d’artistes et moins de styles représentés : les goûts étaient donc moins disparates vu le choix proposé. Enfin, la médiatisation passait par moins de canaux (la mode ne changeait pas toutes les semaines).Tout ceci a fait le jeu de la stabilité dans le monde musical et a permis à nombre de groupes de marquer les esprits dans la durée. Aujourd’hui au contraire, le monde ne connait que des révolutions culturelles, technologiques, économiques, sociales à la fois intenses et proches dans le temps. Comme disait récemment Aurelio De Laurentis (célèbre producteur italien), « six mois dans les années 2010 correspondent à dix ans dans les années 80… ». Aujourd’hui, on pense court terme alors qu’avant c’était l’inverse. La vérité du jour n’est souvent plus celle du lendemain.  Pour qu’un artiste ne pointe pas au chômage au bout du premier album, il faut qu’il cartonne de suite. On peut certes le regretter mais c’est l’époque qui veut ça. Pour qu’un artiste fasse aujourd’hui carrière, il faut qu’il soit capable de se remettre en question en permanence, à accepter les compromis, à s’adapter à la demande. A croire qu’un musicien doit être un bon manager…Un groupe comme Human league a ainsi plutôt bien mené sa barque à l’orée des années 80 en abandonnant le coté expérimental de sa pop synthétique aperçu sur leurs premiers albums pour une approche ouvertement commerciale. Comment ? En incorporant tout simplement de la blue eyed soul bien de chez lui (Sheffield) dans ses compositions. Les chansons de Dare sont comme un Milky Way : dur à l’extérieur, doux à l’intérieur. La froideur distanciée des vocaux (Oakley est loin d’être un crooner !) et l’utilisation à outrance de machines ne peuvent cacher des mélodies pop imparables, remplies de sensibilité (les chansons parlent souvent d’amour).  « Don’t you want me » est ainsi une merveille de techno pop à ressortir pour vos soirées ! Le synthétiseur devient dés lors pour quelques années l’instrument incontournable des groupes des années 80. Derrière son coté futuriste et froid, il apporte de l’émotion tout en sonnant pop. Si vous avez bien suivi ma critique, vous comprendrez que Human League survivra à ce succès phénoménal pour même devenir une influence de la scène electro. Si pour certains les années 80 représentent le néant musical, pourquoi dont s’en souvient-on ? Cherchez l’erreur…

Catégories :mes disques 80-84

SONIC YOUTH : THE ETERNAL (2009)

Je vous fais gagner du temps : The Eternal est tout simplement un grand disque ! D’autant plus que je n’attendais rien d’excitant de la part des new yorkais avec une carrière déjà rondement menée (since 1981 !) et que je n’accroche plus avec ce qui sort ces derniers temps. Il y a donc double performance ! The Eternal ne marque pas un tournant dans l’aventure du groupe mais plutôt un retour aux sources, aux fondamentaux. On retrouve le Sonic Youth qu’on aime : électrique, bruyant, enivrant, nerveux. Le tout avec des guitares affutées comme jamais. Mais à vrai dire, la grande force de cet album (par rapport au reste de leur discographie) est qu’il est très accessible. Pas la peine d’avoir un doctorat du rock pour se familiariser au son « sonic youth ». Je dirais même qu’ils ont refait le coup de Dirty, la classe et la démarche artistique en plus, à savoir avoir « poppisé » leur son noisy. The Eternal est en quelquesorte une excellente porte d’entrée à l’univers musical de cette formation anti conformiste pionnière en expérimentations. Le groupe réussit la parfaite synthèse des différents courants musicaux explorés par le passé: no wave, hard-core, grunge, post-rock ou encore electro minimaliste, et ce sans jamais tomber dans la facilité et la nostalgie. On peut ainsi se retrouver tour à tour sur Evol, Daydream Nation, Goo, A thousand Leaves ! quel trip ! Sonic Youth n’est donc toujours pas mûr pour la retraite quand on voit la débauche électrique remplie de dissonances et de distorsions (leur maque de fabrique !) toujours aussi efficace ! De là à dire qu’ils sont eternels, il n’y a qu’un pas…

Catégories :Mes disques 05-09