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Archive for the ‘happy losers : The kinks’ Category

THE KINKS : Low Budget (1979)

novembre 2, 2009 Laisser un commentaire

1979 - Low budget - frontC’est ce que j’appelle un album galvanisé ! Après l’album du retour en force de 1977 Sleepwalker (critiqué il y a quelques temps sur ce blog), les Kinks remettent les couverts sur leurs deux albums suivants Misfits et Low budget avec une popularité retrouvée du temps de leur période mod. Il y a de quoi car les Kinks ne cherchent plus à surprendre, à créer mais plutôt à s’amuser, à taper plus fort que les autres, à jouer la simplicité. Low Budget reste le meilleur exemple de ce kinks à la recherche de muscles sans surprises. L’album en lui-même a plutôt cartonné car il est accrocheur, efficace avec une guitare hard agressive. La voix de Ray Davies continue elle de raconter des bleuettes sans pareil. On sent que le groupe, remis en selle par les punks, a encore faim et a mis au placard ses idées passéistes (Village green) sans pour autant perdre de son cynisme, et dans le seul but de passer du bon temps. Voilà là le dilemme de l’album : son ton léger et sa simplicité n’amènent pas l’originalité qui fait qu’on s’en souvienne encore aujourd’hui. Les Kinks usent des ficelles qui sont à l’époque utilisées par une légion de groupes. Malgré ce défaut, l’album a son charme avec des chansons nerveuses et surtout à l’idée que ce sont les Kinks qui les jouent ! Qui ne serait pas heureux que l’un de ses groupes préféré se refassent une santé malgré avoir retourné sa veste ? Le groupe est attachant avec un parcours atypique avec ses hauts et ses bas, tant au point de vue artistique que publique. Des « catch me down, I’m falling » ou « superman » résonnent comme des victoires sur le sort même elles arrivent trop tard. En bref, Low Budget n’est pas un album majeur du groupe mais c’est celui-ci le plus revanchard et le plus clinquant.

THE KINKS : Something Else (1967)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

something.jpgLes Kinks !! Quels oubliés ! Et pourtant quelle carrière ! Une vingtaine d’albums, une platée de singles plus excellents les uns que les autres (« You really got me » !!!). Ils ont été les meilleurs ambassadeurs de la pop britannique (Les Beatles sont hors catégorie !) avec un grand P. En 1967, c’est le psychédélisme qui bat son plein, Sergent Peppers envahit les chaumières. Au diable la pop chancelante ! Mais c’est sans compter le génie de Ray Davies !! Quel monsieur ! Un songwriter hors pair qui va créer un concept musical : les vignettes !! Qu’est ce qu’une vignette ? C’est une chanson écrite comme un portrait. Ray Davies décrit une scène, le quotidien d’un anglais en l’habillant d’arrangements raffinés, classes (pop traditionnelle oblige : une batterie qui sonne comme un tambour, une guitare tendue, des chœurs enivrants, des mélodies enjouées avec un humour certain !). Si bien que les treize chansons de ce « Something else » sonnent comme 13 singles tellement celles-si sont diverses par le style, le ton, la force et surtout sont toutes excellentes ! Pas le temps de souffler, on passe d’un monde à l’autre. Davies est nostalgique, ça se sent mais c’est surtout un grand sentimental qui sait donner une âme à ses compositions. Ne tombant jamais dans la facilité, Davies recherche toujours l’excellence et la chanson pop parfaite : ce sera « Waterloo Sunset » la dernière chanson de l’album (le meilleur pour la fin comme on dit !). Intemporelle, elle crève l’écran par sa justesse, sa générosité (on s’y croirait, sur le pont de Waterloo !!). Mais le reste n’est pas en reste : « David Watts » est entraînant, « Death of a clown » émouvant, « End of the season » cocasse, etc ! Toutes les chansons mériteraient d’être citées tellement elles sont indépendantes les unes des autres : « Something else », plus que « Village Green » est un best of à lui tout seul !

THE KINKS : Kinks Are The Village Preservation Society (1968)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

village.jpgSi vous n’aimez pas cet album, alors vous n’aimez pas la pop ! J’y vais cash mais franchement cet opus vaut bien cette mise en garde ! « Village Green » (comme je l’appelle) est LE chef s’œuvre ultime de la pop avec un grand P ! Ce disque truste les premières places des classements des meilleurs albums de tous les temps mais curieusement je l’ai eu sur le tard (ai-je une bonne excuse ?)… même une critique digne de ce nom ne pourra décrire l’expérience musicale que « Village Green… » procure. Mais essayons ! Après leur fabuleux « Something Else », les Kinks décident de passer à autre chose ! (le titre de l’album était-il prémonitoire ?) Voyant que les mentalités évoluent et surtout que la mode est au psychédélique, au blues électrique (Hendrix !), Ray Davies veut au contraire revenir en arrière. En gros, il préconise une pop mélodique, propre sur elle avec des arrangements célestes. Mais comment mettre ses idées à exécution ? En créant de toutes pièces un concept, celui, du village vert, un monde où la tradition est de mise, la modernité bannie, où les vielles manières anglaises (le thé, le cricket..) époque victorienne sont les joies de la vie. Ce mouvement réactionnaire a quelque chose d’attachant, de magique car il montre à quel point nous pouvons être attachés à nos racines, que le meilleur hommage qu’on puisse leur faire est de regarder dans le rétroviseur, acte désespéré, le temps d’un album. La première phrase de l’album vaut tous les commentaires : « Nous sommes la société de préservation du village vert/dieu sauve Donald/Le Vaudeville et la variété/Nous veillons à ce que les vieilles manières ne soient pas maltraitées/ et que les nouvelles manières soient protégées pour moi comme pour vous / Que faire de plus ? » Chaque chanson décrit le village vert, un souvenir d’enfance avec une nostalgie passionnée. Avec l’apport de clavecins, violon, piano, on nage dans le raffinement total mais que les compositions sont belles, heureuses, poignantes, enivrantes, entraînantes ! De bout en bout, Davies nous fait voyager dans son monde qu’il ne voudrait quitter sous aucun prétexte ! Je ne pourrais pas vous citer de mauvaises chansons : toutes recèlent leur secret, leur charme passé et n’ont surtout pris aucune ride ! J’adore me ressourcer à la source du village green, histoire, d’oublier mon quotidien un peu trop speed (saleté de 21ème siècle !). Un grand album, un grand bol d’oxygène pour tous ceux qui ont l’amour de la pop dans les gènes et pour tous les autres !!!

THE KINKS : Sleepwalker (1977)

septembre 17, 2006 Laisser un commentaire

sleepwalker.jpgPlus les disques des Kinks sont méconnus plus ils sont bons ! Je pensais avoir fait le tour de la bande à Ray Davies mais curieux comme je suis, je me suis demandé ce qu’ils avaient bien pu faire après Lola. Il y eut les vaches maigres des Preservations et puis, un peu à la surprise générale, le sursaut de Sleepwalker ! Un album plus qu’honorable ! Mieux qu’un baroud d’honneur ! Un bon album de rock ! Requinqués par la signature d’un nouveau contrat avec Arista, les Kinks renaissent de leurs cendres pour de la power pop bien frappée ! Ray Davies s’est remis en question après ses échecs cuisants et son manque d’inspiration plutôt inhabituel. Il va donc écrire avec sa plume inimitable des chansons nerveuses et énergiques avec un soin particulier. La guitare donne presque dans le hard rock tellement elle déchire ! De gros riffs, des mélodies accrocheuses, sous un manteau de pop et de vignettes : voilà ce que vous réserve cet album pas économe pour un sou. Le groupe est donc au top de sa forme pour des morceaux efficaces avec toujours des histoires, de l’humour et de la sensibilité. Quand il baisse de ton pour les ballades comme « Mr big » et « Stormy Sky », on se croirait aux temps de Something Else et autres Arthur tellement cette pop est magique, douce, touchante. Davies est même émouvant sur « Brother » , preuve qu’il n’a rien perdu de sa superbe. Mais là, où les Kinks m’ont mis sur le cul, c’est sur « Juke Box Music » ! Quelle chanson fantastique ! Peut-être l’une de leurs meilleures compositions tellement elle est entraînante, puissante et jouissive ! Avec un tel album, les Kinks ont acquis le respect des Punks, qui de toute façon avaient de la sympathie pour ces perdants magnifiques. Ce regain fera long feu avant que nos chers amis sombrent pour de bon à l’avènement de la nouvelle décennie…

THE KINKS : Lola Vs Powerman And The Moneygoround (1970)

septembre 12, 2006 Laisser un commentaire

lola.jpgLes Kinks ou les grands oubliés ! Quelle injustice pour ce groupe ne pas être passé à la postérité ! A ce niveau, c’est du vol ! Ils ont fait de tellement bons albums et chansons qu’être la cinquième roue du carrosse est une honte ! Une critique d’un de leurs disques est donc la moindre des choses ! Et quel disque ! Après avoir flirté avec l’excellence pop avec Something Else et Village Green, et manqué la consécration avec Arthur, les Kinks se remettent en selle avec Lola. Mais ici, fini la joie communicative, place à l’aigreur, à la colère ! Ray Davies est dégoûté de l’industrie du disque et il le fait savoir à sa manière ! Toujours dans ces formats de vignette, il mouille tout le monde : les éditeurs de musique, les maisons de disques appelés ici Powerman And The Moneygoround. Il se paie même les syndicats !! (« Get back In the line ») Il crée aussi un personnage, qui ne lui ressemble pas dans la vie mais plutôt dans sa condition : le travesti Lola. La chanson qui lui est consacré vaut à elle l’achat de l’album ! Une ballade entre folk et hard rock bien efficace et accrocheuse avec des chœurs à l’unisson ! Davies s’identifie à Lola car lui aussi ne rentre dans aucune boite, ne fait pas l’affaire, et reste exclu du système. C’est comme si l’habitant du village vert était dégoûté comment le monde avait tourné ! En véritable incompris, martyr, il a le talent de faire passer ses propos par des histoires et avec humour. Davies n’avait jamais écrit un album aussi péchû, aussi rageur et aussi varié avec du rock n’ roll incisif (« The contender », « Top of the Pops » « Rats » ou « Powerman »), de la pop faussement gentille (« Denmark Street », « The moneygoround », « This Time Tomorrow »). L’autre sommet est sans doute « Apeman », satyre de l’idiotie des hommes au 20ème siècle ! A la fois leur album le plus drôle et plus aigri, Lola…a démontré encore une fois que les Kinks étaient d’excellents paroliers et avaient une place à part dans le paysage musical anglais : celle du génie incompris.