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Archive for the ‘Il y a 20 ans : 1990’ Category

THE POSIES : Dear 23 (1990)

septembre 16, 2006 1 commentaire

dear-23.jpgIl y a des années plus inoubliables que d’autres, des années avec, des années Sans. 1990 fut en fait une année de prolongation des années 80. On dit communément que les années 90 ont commencé en 1991 avec son boom musical (le grunge, le trip hop et bien plus…) 1990 fait donc figure d’année « perdue », à cheval entre deux périodes, en manque d’identité. Pourtant les bons albums sont là ! Il y avait par exemple le grand numéro de power pop des Posies ! Reprenant la recette des anciens, Big Star et Dwight Twilley en tête, le groupe de Seattle va écrire de belles chansons pleines de romantisme et de poésie avec des arrangements très pop et enlevés. D’un style en fin de compte assez baroque (délicatesse, fragilité, beauté) , cette power pop est d’une sensibilité et d’une sincérité peu commune. Une sorte d’intimité se crée entre nous et le disque au fur et à mesure des chansons, tellement celles-ci sont portées par la grâce. Dear 23 est un superbe album touchant avec des guitares cristallines et ses harmonies scintillantes entre les perles à rivaliser avec leurs aiieux, (My Big Mouth » et « Golden Numbers »), le recueillement (« Apology » et l’apothéose « Flood Of Sunshine ») et la fureur (« Help Yourself » et « Ms Green »). Les posies, se sentant un peu seuls dans leur registre, muscleront leur jeu pour leur album suivant très grunge Frosting on The Beater

HINDU LOVE GODS : Hindu Love Gods (1990)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

hindu-love-gods.jpgLes albums de recréation sont-ils le salut du rock ? Après les Travelling Wilburys, voilà qu’apparaît dans son sillage un groupe, une étoile filante nommée Hindu love gods ! Mais qui sont-ils ? Si je vous dis Bill Perry, Mike Mills, Peter Buck, que me répondez vous ? REM ! Et Warren Zevon ? une légende vivante du rock américain adulé par ses pairs (et non par le public : injustice ?). Comme tous super-groupes, il n’est pas question de révolutionner le rock mais plutôt de se taper un beauf ensemble histoire de s’amuser. Décontraction, pied au plancher, rugosité sont au menu de ce projet sans lendemain qui a le mérite de montrer que le rock est synonyme de communion, de partage, de vie ! Au contraire des Travelling Wilburys, « Hindu love gods » sera plus un album de fan qu’un best seller ! Mais qu’importe, la mayonnaise prend bien pour des reprises de classique de Blues rock , Robert Johnson en première ligne. Hindu love gods a tout de même eu l’idée géniale de reprendre du Prince avec son « Rapsberry Beret », chanson pop sucrée transformée en un gros rock incisif ! Et puis, c’est quand même bien vu que des « références » (et amis) de la scène rock américaine se retrouvent pour célébrer leur passion : la musique ! Curieusement le phénomène des super groupes de nos jours n’est pas si énorme que ça malgré le succès de certains (Queens of the stoneage, Me first and the gimme gimmes…), alors que c’est justement en « croisant les données » qu’on arrive à créer une synergie créatrice nourrie d’influences diverses. Cette critique me permet également d’avoir une pensée pour Warren Zevon, mort en 2003 d’un cancer juste après la sortie de « son » album « the Wind » : un grand monsieur.

ROBERT JOHNSON : The Complete Recordings (1990)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

the-complete-recordings.jpgUn artiste des années 30 en 1990 !? Et bien il fallait bien placer LE séminal Robert Johnson dans mes critiques tellement nous lui devons tout ou presque ! C’est donc en ce début de décennie que sort l’intégrale du grand monsieur du blues, du rock ! Ça, il ne le saura jamais, terrassé par un poison qu’un patron de bar avait mis dans sa bouteille de Whisky car Robert rodait trop près de sa femme ! Une critique est beaucoup trop courte pour résumer sa carrière, son influence, son symbole dans, pour et à travers le rock. Et pourtant son œuvre est plus que minimaliste (seulement sa voix peureuse et sa guitare sèche) mais sa musique est si authentique, hantée (il parle souvent du diable), légère et incroyablement créative (on est dans les années 30, rappelez-vous !) que l’écouter s’apparente à visiter un musée ! Avec très peu de moyens, Johnson, virtuose né, réussit à créer de l’émotion, de la fièvre, des chansons universelles (« Love in Vain », « sweet home Chicago » pour les plus connues) sans se poser de question de comment demain sera fait. Avec lui, le blues, musique à la fois rurale et brutale d’écorchés vifs commencera à arpenter les campagnes, les villes avant de s’électrifier vingt ans plus tard pour donner naissance au rock. De ce double cd (souvent un titre original et sa demo), on en ressort apaisé, comme si on avait fait un « vrai » retour vers le passé de près de 70 ans ! Tous les héros de cette époque ne sont plus de ce monde et ne peuvent faire office de témoin : il y a donc dans le disque ce côté « patrimoine » et « historique » qui amène une autre dimension à la musique. Pour une fois que la musique a une vraie fonction on ne va s’en priver !

HAPPY MONDAYS : Pills n’ Thrills and Bellyaches (1990)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

BANDE ORIGINALE DU FILM « I AM SAM » (2001)Peut-on associer la nuit et le rock ? Le flashy et l’austère ? Le rital et l’anglais ? A priori non ! Ces deux mondes n’ont pas grand chose en commun mais pourquoi le rock ne ferait-il pas danser et vice versa ? Je pense que c’est dans la différence qu’on crée une force qui nous montera plus haut, plus loin, plus fort ! Le mélange des genres a tout pour rebuter : ça sonnera faux ; ça ne durera pas ; où est l’intérêt ? Laissez tomber ces idées : l’échange, le partage ne peut que fédérer, relier un univers, une culture à une autre. L’enrichissement personnel y est ici important : c’est grâce aux autres que nous apprenons. Cette leçon, nos mancuniens des Happy Mondays l’ont apprise par cœur et l’ont mise en application. En réussissant le mariage (improbable) du rock et de la house, ils vont atteindre un niveau créatif très au-dessus de leurs expériences pour un véritable bijou festif ! Jamais une guitare rageuse n’aura eu autant d’impact sur big beat ! L’invité (le rock) se défoule sur la piste de danse comme dix avec un max de coke et entouré de donzelles. Mais dés qu’on le torture, celui-ci devient vif, grincheux et sans fioritures sur des morceaux enlevés (« love fit », « donovan »), bourrés aux amphé (« step on », « grandbag’s funeral ») ou de vacances (« bob’s yer uncle » : Ibiza !). Franchement cet album est nickel pour des soirées tant celui-ci ne tranche pas dans un genre et joue la carte de la fête de la première à la dernière seconde. Le détail le plus marrant est que ce ne sont même pas des beaux gosses qui nous sortent ça mais une bande de voyous tellement drogués qu’ils feraient vivre tous les dealers de manchester. Mais sans déconner, il fallait bien tout ce sacrifice pour obtenir un disque ensoleillé, bien ficelé, malheureusement sans lendemain…

NICK CAVE AND THE BAD SEEDS : The good son (1990)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

goodson.jpgJe dois l’avouer : Nick Cave et moi, ça n’a pas toujours été une histoire d’amour ! Je m’étais acheté son album précédent « The Tender Prey » sur la foi d’un « Deanna » très « gospel-rock » mais le reste de l’album m’est passé en travers de la gorge ! Trop furieux, trop crû, son contenu me déplaisait. Ce n’est que quelques années plus tard, plus cultivé (c’est sûr !), plus familier à des sonorités dépouillées que je m’écoutais en catimini ce « Good son ». Et là miracle ! Le courant passe ! J’ai enfin compris l’univers de l’australien ! Ou serait-il lui qui m’aurait compris ? Car notre homme était parti enregistrer ce disque au brésil avec toute sa clique afin d’éviter le stress de l’occident et se ressourcer artistiquement, sentant sa formule un brin usée. Ce qui frappe à l’écoute de cet album, c’est toute la classe qu’il dégage : ici, tout est fait dans la dentelle, l’élégance, la grâce notamment grâce à un orchestre de cordes brésilien (violons, cellos…) et des parties de piano sublimes . Ajoutez à ça un sens de la mélodie aiguë et des compositions basées sur la simplicité, l’immédiateté et vous obtenez 9 chansons profondes, émouvantes. Le Nick Cave à l’image de la pochette, semble enfin avoir trouvé son équilibre et n’est plus aussi agité que par le passé. Même des petites filles osent s’en approcher, c’est dire qu’il suscite l’admiration et l’apaisement. Sa voix de crooner caverneux fait mouche tellement celle-ci ne triche pas et donne tout. Mais rien n’est acquis : je réécoute cet album très régulièrement tellement il y a des choses à apprendre, à « travailler » et qui sait, un jour, peut-être partirais-je avec Cave en vacances ?

THE LA’S : The La’s (1990)

septembre 11, 2006 1 commentaire

lass.jpgAttention album culte ! rares sont les groupes qui ont une telle maturité, un tel achèvement pour un premier album comme celui des La’s ! D’autant que ce sera leur unique opus ! A l’époque où le grunge et la noisy faisaient fureur, the La’s était vraiment un cas à part, un véritable anachronisme. Avec eux on (re)plonge dans un revival dans la pop-mod-rock sixties entre les Kinks, les Beatles , les Who ou encore les Small Faces ! The la’s pourrait être l’album perdu de l’année 67, année bénie, auquel on viendrait juste de retrouver les bandes tellement ça sonne, ça joue sixties ! Ici, pas de fioritures, de compositions complexes, de son sale, tout est authentique de chez authentique ! L’autre point fort de l’album pourrait se résumer en un nom : la mélodie ! Ce disque en est la parfaite définition ! Des airs accrocheurs, enivrants, tourbillonnants (« Timeless melody »), simples tout en harmonie et en finesse et qui donne envie de taper du pied plutôt qu’autre chose. Chaque chanson aurait sa place dans le répertoire de leurs aïeux. Ajoutez la voix nasillarde de Lee Mavers qui sait varier les tons comme pas deux : émouvante sur « Looking Glass », la meilleure chanson de l’album, véritable épopée pop, tranchante sur « Feelin’ » ou encore douce sur « There she goes ». La pop ne s’est jamais aussi bien portée depuis les albums des Smiths : même fraîcheur, même lyrisme ! On se dit alors : les La’s vont devenir énormes ! Et bien non ! la faute à la léthargie de mavers insatisfait par la production du disque (quelle mouche l’a piqué ?). Reste cet album magique cousu d’or, véritable best of des sixties.

DEPECHE MODE : Violator (1990)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

violator.jpgPassé les années 80 à se créer leur propre personnalité, Depeche Mode commence la nouvelle décennie avec un album fondamental au succès colossal. Le groupe réussit ici à produire une musique à la fois commerciale et personnelle. Le son se veut plus accessible avec pourtant des textes toujours aussi sombres ; mais qui ne peut tomber sous le charme d’une chanson touchante comme « enjoy the silence » ? personne. De plus la voix excentrique de Dave Gahan est de toute beauté. Depeche mode a su faire évoluer sa musique électronique et synthétique en la mélangeant à des sonorités pop (« Policy of truh ») voire rock (« personal Jesus ») tout en gardant cette certaine noirceur si particulière. Ma grande surprise a été d’entendre ces chansons en concert : elles sont encore plus fortes et communicatives qu’en studio ! Si vous en avez l’occasion, allez voir depeche Mode en concert, vous ne serez pas déçu.