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Archive for the ‘il y a 20 ans : 1991’ Category

PRIMAL SCREAM : Screamadelica (1991)

octobre 12, 2009 Laisser un commentaire

screamadelicaLes années 90 ont VRAIMENT commencé avec cet album. Screamadelica a été le bon album au bon moment et avec surtout le bon groupe ! Ici, tout se superpose : le passé avec le futur, le blues avec le psychédélisme, le rock avec la house. La formule est franchement un pastel, un croisement entre plusieurs mondes, plusieurs courants. Mais comment s’y prend pour monter cet adage enivrant ? 1) en enroulant un DJ remixeur, qui va savoir remplacer une guitare par des cuivres, qui va mettre du rythme, bref qui va savoir réinventer une composition. 2) en jouant la carte des raves, de la house qui vont savoir nous transporter vers des mondes imaginaires 3) en y rajoutant du ryhtm’n blues époque Stones pour avoir un rock tantôt aux abois tantôt en furie 4) en puisant dans le meilleur des musiques noires (gospel, reggae, soul) pour nous enivrer et nous bercer. On obtient ainsi un disque planant, dansant, rock, savant mélange d’influences qui ne se seraient jamais rencontrées si un généticien musical n’était venu modifier leur ADN. De « loaded » à « Higher than sun » en passant « Movin’ on up », un groove hybride et attachant nous soulage de nos maux de tete comme jamais. Mieux qu’un médicament : Screamadelica !

PEARL JAM : Ten (1991)

mai 16, 2008 2 commentaires

Encore un album revenu de nulle part ! A croire que la maxime « mieux vaut tard que jamais » est juste. Ten de Pearl jam n’avait pas jusqu’à récemment conquis mon cœur alors que je le possède depuis longtemps ! Je n’avais pas su trouver l’entrée et avais préféré à l’époque Nirvana dans le genre grunge. J’avais bien mieux apprécié leur travail sur Vitalogy, de loin leur meilleur album mais aussi le plus sombre. Mais en ce moment, c’est « redemption time » dans mes oreilles ! A ce petit jeu de la relecture, ten fait un come back fracassant ! Pearl jam fait dans le hard rock mélodieux, emmené par la voix plaintive et forte d’Eddie Vedder qui évoque dans les chansons ses traumatismes d’enfance, sa solitude, son errance, ses idées suicidaires, ce qui évidemment émouvra un paquet de jeunes. L’ambiance des 11 chansons est austère, mystérieuse, pince sans rires, voire désespérante mais avec des mélodies fortes. Il se dégage de tout cela une force, une âme. A les réécouter aujourd’hui, elles ont toujours cette beauté noire comme sur « Jeremy » avec un message fort. Beaucoup de personnes les ont catalogué grunge mais Pearl Jam n’a pas un son assez sale pour y être assimilé. D’autre part, depuis quand le grunge est-il mélodieux et sensible ? Le groupe deviendra malgré lui le porte parole de l’Amérique des paumés, sans espoir, celle qui s’est identifiée à sa musique dure et tendre à la fois. Le succès fut aussi inattendu qu’inespéré avec plus de 10 millions d’albums vendus, provoquant comme effet chez les musiciens de boycotter le star système (aucun simple ne se sera publié, comme pour les albums suivants). Une manière de montrer que le groupe n’est pas à vendre et qu’il reste intègre. A noter que le nom de l’album Ten est un hommage au joueur de basket préféré de Vedder, Mookie Blaylock, génie fêlé notoire. C’est le genre à plaire aux rockeurs, non ?

U2 : Achtung baby (1991)

novembre 27, 2007 Laisser un commentaire

achtung-baby.jpg1991 restera comme l’une des plus belles années musicales de ces 25 dernières années, si ce n’est la plus belle. Pourquoi ? Parce que le son des nineties y est né et qu’il sonne encore juste aujourd’hui ! L’Achtung Baby de U2 ne fait pas exception à la règle ! Après un album mou du gland et pas franchement inspiré Battle and Rhum, le groupe décide de faire une pause longue de 3 ans pour recharger les batteries. U2 en l’espace de quelques années était devenu un poids lourd de la scène rock (les bons gars au bon moment) avec des albums épiques et romantiques mais avait semble-t-il laissé des forces dans la bataille. Pour la première fois de sa carrière, le groupe doit se remettre en question, prendre des risques pour avancer. Pour cela, nos irlandais vont s’inspirer d’un autre groupe  culte des eighties qui a su passer l’examen du renouvellement avec brio avec son violator : Depeche mode. U2 va ainsi « industrialiser » son rock, l’enrichir de sonorités électroniques et ténébreuse ; Ce « son » est l’œuvre de Flood. Celui-ci à l’instar d’un Butch Vig ou d’un Robert john Mutt Lang a véritablement créé un son, une patte qui se reconnait dés la première note : froid à l’extérieur, chaud à l’intérieur ; un son qui sent le souffre, des effets hypnotiques. U2 avait choisi les bonnes armes, repris la même équipe (Eno et lanois) encore fallait-il les bonnes chansons. Dés « Zoo station » on sent que le groupe a innové (distorsion de la voix, son plus aérien, utilisation de machines) pour un son magique et déroutant. U2 a réussi à se réinventer et à entrer dans les nineties par la grande porte. Il a su coller à l’époque. Mieux : il prend une avance sur ses contemporains. Mais il n’y a pas que leur  musique qui évolue. Il y a aussi leur look ! Encore une fois, le groupe s’inspire de Depeche mode (quels copieurs, quand même !) en adoptant un style à a la fois classe (black et white) et glam (ah ces lunettes de mouche !). Le résultat ne se fait pas attendre : Achtung baby collectionne les tubes avec entre autres la ballade d’anthologie « one ». Le groupe ensuite reproduira cette formule avec plus ou moins de risques ou d’inspiration sans jamais quitter la catégorie des gros faiseurs.

THROWING MUSES : The Real Ramona (1991)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

On peut tirer un chapeau aux Throwing Muses : Sans eux, pas de Pixies ! Mais ils n’ont pas que ce mérite ! Ils ont également écrit de bons albums de rock alternatif ! Après un premier album prometteur, le groupe de Boston n’avaient pas su concrétiser l’essai. On les avait alors un peu oubliées et mises au placard. Mais contre toute attente, Les Mises reviennent en 1991 avec ce qui reste leur meilleur album ! Le fait que Tanya Donnelly s’en aille se changer les idées avec les Breeders sur POD a sûrement apaisé les tensions et remis de l’essence dans le moteur ! The Real Ramona reste l’album de la maturité, de la percée. Il ne faut pas oublier qu’on est en 1991 : les Pixies ont balisé le chemin et Nirvana l’a suivi. Le rock alternatif tient une occasion unique de rencontrer son public. Les Muses ont écrit une série de pop songs efficaces, fraîches,  qui respirent la guitare, la féminité et la douceur. Ça ne braille pas mais qu’est ce que c’est bon ! Les chansons sont directes, bien huilés avec toujours cette idée d’aller de l’avant. Ça donne « red shoes »,graphitti » ou encore « not too soon » ! Le fait d’avoir deux fortes têtes (kersh, la fonceuse et Donnelly, la charmeuse) permet des combinaisons, des chansons plus riches, plus équilibrées. Cette synthèse ne tiendra pas longtemps : Donnelly s’en va former Belly et laisse le groupe boiteux mais non sans ressources comme l’atteste les albums suivants et la reformation du groupe survenue ces dernières années !

TEENAGE FANCLUB : Bandwagonesque (1991)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

bandwagonesque.jpgDécidément la power pop est internationale ! Après les américains, les anglais et les français, ce sont les écossais qui s’y mettent ! Excellent pont entre le passé (Big Star) et le présent (Jesus and Mary chain, Nirvana), la musique de Teenage fanclub a ce côté magique, nostalgique et enivrant qu’ont les albums faits avec passion et création. Les 12 chapitres de cet album s’articulent autour d’un instrument, la guitare, qui une fois n’est pas coutume va donner le la dans des compositions enjouées et pêchues. En 1991, Teenage fanclub réussit à faire de la noisy pop, c’est à dire à jouer de la musique lourde sans concession en y ajoutant des accents mélodiques et romantiques (oh, la douceur !). Et le passé est ici la meilleure échappatoire pour trouver ce qu’on a besoin : du plaisir, de la sincérité ! Portées par la voix quelque peu nonchalante de Norman Blake, ces chansons nous incitent à flâner dans des cathédrales sonores comme House of Love. Bandwagonesque est peut-être l’album que ces derniers n’ont jamais su écrire, par manque d’humilité. En tout cas, « Metal baby », « I don’t know », « December » (qui rappelle les Boo Radleys) ou encore l’excellent instrumental « Is This music » sont autant de preuves que Teenage fanclub avait le sens de la mélodie avec cette rage contenue pour un disque plus fragile et riche qu’il n’y paraît. En 91, Nevermind nous mettait la tête dans le guidon, Bandwagonesque nous la met dans le ciel. Chapeau !

REM : Out Of Time (1991)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

out.jpgUn bon album peut-il être inégal, bancal, poussif ? C’est bien ce qu’on peut se demander en écoutant l’Out of time d’REM. Bon il l’est par ces deux imparables et immenses singles « Losing my relegion » et « happy shiny people » : du RTL2 (du rock adulte), de l’émotion (pour la première), de la joie (pour la deuxième) qui ont fait de ce disque un succès mondial. Il y a aussi d’excellents « seconds couteaux » comme « Near wild heaven » qui prouvent que notre groupe n’a rien perdu de son inspiration malgré le passage dans une major (et toute les conséquences que cela peut engendrer). Mais pour ce qui est du reste, c’est ce qu’on appelle ici vulgairement du remplissage. Et pour tout vous dire, ce n’est pas « REM ». Tout ce que Green promettait n’apparaît qu’à de rares moments. En voulant faire un album commercial REM a perdu de son identité propre : c’est à dire composer une musique généreuse, poétique, électrique, vivante. REM en ne prenant aucun risque n’arrive pas à élever le débat. C’est surtout en prenant du recul, ayant plus de moyens  et de faculté à comparer Out of time à d’autres albums, que je me suis rendu compte qu’il lui manquait singulièrement une âme. Ce qui ne m ‘apparaissait pas au départ vu que je n’y connaissais que dalle en musique (et encore aujourd’hui !). REM trouvera néanmoins les ressources pour se relancer en publiant ensuite son album le plus intime et luxuriant qu’il ait enregistré : Automatic for the people.

PIXIES : Trompe le Monde (1991)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

trompe.jpgOn a toujours chez les critiques comme chez le public le disque d’un artiste qu’on apprécie moins que les autres. Soit parce qu’il témoigne d’une baisse de régime (moins de hits, de « bonnes » chansons) ou qu’il déroute ses fans par son orientation musicale (changement de style, d’image…). « Trompe le monde » fait partie de ceux-là ! Plébiscité à sa sortie (album du mois…), il fut pourtant balayé par l’histoire : Nirvana sortait son « Nevermind » en même temps et les Pixies ne firent pas la taille face à la progéniture qu’ils avaient engendrée. TLP est aussi le dernier album avant la rupture du groupe, ce qui signifie pour beaucoup le chant du cygne (plus d’inspiration, plus d’âme..) d’un combo déchiré dans ses luttes intestines. On parlait même plus d’un album solo de Black Francis qu’à un véritable album des Pixies. Alors pourquoi diable critiquer cet album plus que bancal ? Parce qu’il est jouissif voilà tout ! Enterré à tort, cet album renoue avec la férocité des débuts avec un son lourd, limite heavy metal. Basées sur le thème de la science fiction et des extraterrestres, les compositions semblent venir d’une autre planète mais ne manquent pas d’entrain et sont des plus accrocheuses comme le témoigne le single « Planet of sound » où Black semble chanter sous l’eau ! (où a-t-il trouvé cette idée farfelue !). Le côté mystérieux de Doolittle a laissé place une musique franche du collier qui n’a pas l’air de plaisanter (« Trompe le monde ») qui à la longue a son côté rafraîchissant, loin des conventions. Parce que Les pixies ne font rien comme les autres, savent enrober leurs chansons d’imaginaire, de surnaturel pour mieux nous surprendre. TLP a tout pour dérouter le fan de base qui recherche ses acquis mais reste pour moi un album neuf bourré d’idées où le groupe met au placard sa formule. Ils n’ont été aussi émouvants que sur « Motorway to Roswell », percutant que sur « Alec Eiffel » avec ses cœurs d’enfants, violent que sur « Space (I believe in) ». Francis semble être constamment en rut, notamment sur « U-mass » et ses paroles très punk (« Kiss my ass, it’s educational ! »). Je pourrais défendre le bien fondé de cet album pendant des heures s’il le fallait ! Enlevé de son « contexte », ce disque d’un groupe plus novateur que jamais est d’une beauté brute et surtout plus bizarre qu’il n’y paraît : on n’habite pas sur la lune que je sache !?