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GHINZU : BLOW (2004)

avril 13, 2011 1 commentaire

S’il y a bien un sujet où Belgique ne fait pas rire c’est bien la musique ! Avec un tel filon, une telle qualité au kilomètre carré, on ne peut qu’être envieux voire jaloux ! A vrai dire, tout ceci n’est pas le fruit du hasard, loin de là :

– Au carrefour de l’Europe,  la Belgique s’est construite une identité par le brassage culturel (un vrai meltin pot)

– Pays où 3 communautés cohabitent (flamande, wallone et allemande) , ses habitants savent plus que tous autres qu’il faut savoir composer avec autrui et surtout se remettre en question. Il y a vraiment un esprit d’ouverture plus développé chez les belges.  Par exemple, le phrasé anglais dans les groupes est la norme.

– Petit pays (30 528 km2) et peu exposé médiatiquement, les gens y sont humbles, accessibles. Tout est ramené à une dimension locale. Il ne peut pas y avoir un star system sur un groupe, une personnalité car cela sonnerait faux.

– curieux et exigeant, le belge écoute des radios et va à des festivals pointus mais simples. Il est plus intransigeant que nous sur la qualité. Si les jeunes écoutent de bons groupes, il y a de fortes chances qu’ils fassent aussi de belles choses.

Toutes ces raisons font qu’au bout du compte la Belgique possède aujourd’hui des containers de bons groupes d’horizons musicaux différents avec un renouvellement phénoménal. Il n’est même pas rare que des groupes rock belges passent à l’électro et vice versa ! Alors que le rock français peine à se trouver (n’ai-je pas dit  qu’il n’existait pas ?), le rock belge, lui, a creusé son sillon et a une véritable intégrité : éclectique, sombre, poétique, rock sans être rock.

Pour le groupe qui nous concerne pour cette critique, on peut dire qu’il fait partie (en seulement 3 albums) des têtes de gondoles du rock belge par sa maturité (ce n’est pas approximatif), son style (ça, c’est Ghinzu !) et par son impact scénique. Je dirais pour schématiser que Ghinzu a réussi à devenir le muse belge (au bon sens du terme), c’est-à-dire celui qui l’aurait du être s’il n’avait pas péché par facilité et exubérance. Blow est un album versatile où se mêlent des temps calmes et/ou violents dans un tourbillon de guitares et/ou d’electro. Ce grand patchwork de styles équilibré est en plus ficelé avec de bons arrangements. Les paroles cyniques me rappellent à certains moments Radiohead période the Bends : de la musique planante, universelle, nerveuse mais surtout bien construite. Ainsi la force de l’album est de fournir 12 chansons dissociables l’une de l’autre mais avec une même ligne directrice (ça ne part pas dans tous les sens). Bref, si vous cherchiez un album original, puissant et subtil, n’allez pas plus loin ; c’est Blow qu’il vous faut. Si nous pouvions,  français, nous en inspirer…

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MUSE : ORIGIN OF THE SYMMETRY (2001)

mars 27, 2011 1 commentaire

Je peux le clamer haut et fort : je ne suis pas un grand fan de Muse. Et pourtant tout avait si bien débuté avec leur premier album Showbizz de 1999 où Jeff Buckley semblait faire un beauf avec Radiohead (rien que ça). Très prometteur. Et pourtant, la mayonnaise n’a pas pris avec moi par la suite pour des raisons simples :

–          Trop produit : le son des albums est un brin trop aseptisé

–          Trop facile : les compositions manquent de complexité

–          Trop pauvre : Quand on enlève le gros son,  il n’y a plus rien à manger

–          Trop prévisible : Pas de surprises, manque d’émotion

–          Manque d’humilité : le coté grosse machine arrogante

Je pense également que les années passant, Muse est devenu pour moi le groupe à détester car  il a réussi là où des bien meilleurs groupes ont échoué : devenir un grand groupe de stade. Il l’a mérité certes mais est-ce pourtant qu’il est bon ?  Il incarne ainsi à mon sens un rock commercial, avare en prise de risque et où toutes les chansons se ressemblent. J’appelle ça le rock pompier : beaucoup de bruit pour rien. Muse est au bout du bout l’antithèse de Radiohead, groupe également mastodonte mais qui possède entre autre une vraie universalité. Le pire dans tout ça, c’est que certaines personnes ne jurent que par ce groupe alors qu’il y a bien mieux à coté, A croire que Muse joue sur du velours avec le manque de culture de ses auditeurs…Pour en revenir à l’album critiqué, leur deuxième dans leur discographie, il est celui dont les « hymnes » font apparaitre un effort d’écriture avec encore une bonne accroche. C’est déjà du gros son hargneux, sec, froid (limite new wave) mais on sent encore à des moments la sensibilité de Showbizz. Malheureusement la suite de leur carrière n’arrangera pas la donne : pourquoi changer une équipe qui gagne ?

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THE STROKES : Room on fire (2003)

novembre 1, 2009 Laisser un commentaire

room on fireAh, les Strokes ! On les avait proclamé sauveurs du rock à la rentrée 2001 avec leur premier album Is this it. En 2009, on peut simplement que tout ceci ne fut qu’un feu de paille ! Non pas que leur œuvre (3 albums) soit mauvaise, bien au contraire mais plutôt qu’on ne pouvait pas sauver le rock ! Le rock n’est un malade que l’on peut guérir, le rock n’a pas de messie. Tout ceci, vous le savez, est un montage de la presse qui cherche à vendre du papier, à créer un buzz. Au 21 ème siècle, le rock est un courant qui doit ne pas se prendre au sérieux, qui doit jouer la simplicité et accepter n’être plus en haut de l’affiche. Bref, il doit s’accepter comme il est. C’est pour lui sa seule voie de salut. Revenons aux Strokes : « Room on fire », leur deuxième album était très attendu pour savoir si nos new yorkais allaient confirmer et donner une piqure de rappel au rock « malade ». Il ne réussira pas à rééditer la performance du premier opus aux yeux des gens de la hype alors que pour moi, qui n’attends rien des autres, je fus plutôt surpris en bien ! Room on fire comporte les chansons les plus efficaces et les plus accrocheuses du combo ! Les compositions sont hyper fluides, acérées. Les parties de guitare pour leur part sont tout simplement sublimes avec de la tension, du rythme, de l’âme (« the end has no end »). Les chansons sont directes, courtes mais assez longues pour monter des cathédrales sonores, des enchevêtrements de mélodies avec une basse en support telle une fondation. « 1251 » en est la preuve. Et même quand le rythme ralentit comme sur « Under control », on prend toujours une claque car on sent c’est bien huilé, bien ficelé. Le groupe par la suite sera mis en sommeil après un troisième album incompris ; tous les membres sont en effet dans un projet distinct. J’espère simplement qu’on se souviendra des Strokes pour ce qu’ils ont créé et non de cette étiquette groupe « sauveur » déchu :  Ils sont humains après tout.

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HUSHPUPPIES : The Trap (2004)

septembre 15, 2008 Laisser un commentaire

Un album comme je les aime ! Et français de surcroit ! On croit rêver ! Les Perpignanais Hushpuppies ont tout simplement réussi le tour de force de sortir un génial disque de rock ! Dans the Trap, il y a de la rage, de la fureur, de l’envie d’en découdre comme au temps passé ! Dans un style rock tendance garage aux doux relents de post punk , les chansons se veulent accrocheuses, enjouées avec notamment une guitare affutée. Les compositions sont pour un premier album très abouties, bien huilées, augmentant encore leur immédiateté, leur efficacité. Les Hushpuppies, c’est un peu les Hives français, représentant un rock qui bombe le torse, qui tape fort mais juste, le tout avec une certaine classe. L’utilisation de machines amène cette dose d’originalité qui vous fait passer de l’anonymat à la célébrité. Je pense notamment au très kraftwerk/gary numan (notamment sur l’intro) « bassautobahn » ou aux claviers clairvoyants de « Marthelot n’ Clavencine ». Et puis il y a l’hymne agressif et corrosif « you’re gonna say yeah ! », hit indie en puissance. Il y a que sur l’apaisé « comptine » que le groupe baisse la garde mais pour mieux montrer son épaisseur, ses influences. L’ambiance est plutôt pince sans rires sans jamais regarder dans le retro. En bref, enfin du rock français qui (s’) assume ses filatures anglaises. Le plus surprenant dans l’affaire fut le nombre de disques vendus en France : plus de 20 000 ! Bien mieux que d’autre groupes indés plus médiatisés ! C’est ce qu’on appelle une bonne adresse, non ?

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THE EMBROOKS: Yellow glass Perspections (2004)

Attention gros coup! Il faut bien que je le dise car je suis bien le seul de mon entourage à avoir connaissance de l’existence des Embrooks ! Et qu’ils sont bons aussi ! Power trio monté à la manière de Cream, le groupe distille du son estampillé sixties (mod, garage, swingin’ london) du meilleur effet. Chaque morceau donne lieu à de superbes parties de guitares incisives et accrocheuses mais avec toujours un coté féérique que ne renierait pas Ray Davies ! Avec eux, les Who, les Kinks et autres Sonics ne sont pas loin ! Les Embrooks, c’est du rythm n’ blues aux amphétamines, des chansons aux grosses envolées, de la rage et de la frustration. Et tout ça en 12 chansons ! Ce qui m’a aussi plu dans ce groupe, c’est le look très sixties (vive les pois, les rouflaquettes et les chemises fripées !), l’esthétisme des musiciens qui les rend très attachants. On sent par la pochette que ce sont des gars honnêtes, simples sans prise de tête. Dans les temps qui courent, je peux vous dire que c’est très rafraichissant ! Les « riding a wave », « happy flickle girl » et autres « Show me a little smile » sont autant de bons moments à savourer sans frein à main. Dommage que ce groupe ne touche qu’un public confidentiel mais soyons égoïstes : il faut toujours garder des choses pour soi !

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THE RAPTURE : Echoes (2003)

Echoes est, pour résumer, un album comme les années 2000 savent nous servir : du recyclage. Mais par n’importe comment et lequel ! Il est d’abord l’œuvre d’un groupe new yorkais très en vue, The rapture, issu du label DFA, qui accueille tous les groupes à tendances electro rock. Le groupe a tellement épaté par son premier EP et ses concerts qu’on les voit décrocher le pactole ! Comme je l’ai indiqué en préambule, la bande s’attèle ici à « emprunter » les sonorités, le climat de la musique post punk en y greffant une touche de modernité symbolisée par des beats et les machines ! Il faut ainsi imaginer la tension de Gang of four alliée aux hurlements de PIL sur un fond d’electro ! L’ambiance du disque est néanmoins plutôt sinistre avec une guitare au jeu haché et incisive et une  voix aiguë. Echoes est un album rock à la beauté étrange : il innove singulièrement par son style mais il décontenance par son aspect décousu et noir. On est tout de suite emporté par les beats funk qui nous font sauter mais le caractère des chansons  nous fait rasseoir ! Ce n’est qu’après de nombreuses écoutes que l’on appréciera cet album à sa juste valeur, à savoir une passerelle entre la froideur, la singularité du post punk et la chaleur du dance floor. La parfaite illustration de mes propos reste le hit de l’album « House of Jealous Lovers » qui réussit à capter la nervosité du rock sur un rythme funky ! Malheureusement, malgré ce coup, Echoes n’imposera pas the Rapture comme un groupe majeur de la scène new yorkaise mais restera l’un des albums les plus novateurs de cette première moitié de décennie.

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THE DETROIT COBRAS: Life, Love and Leaving (2004)

Voilà peut-être l’un des groupes les plus attachants que la nouvelle scène a engendré ! L’un des plus cool du moins ! Pour la simple raison que les detroit cobras sont la définition du rock : simplicité, sincérité, chaleur, charme et autres violence ! Mais pour faire un parfait boogie, il faut la parfaite recette ; ce que le groupe a bien compris en ne commettant que des reprises de standard Sixties (good old times !!) Ajoutez à tout ceci la pétulante Rachael Nagy au chant et vous obtiendrez un groupe honnête, sans fioritures. Si le premier album était plus axé garage, le deuxième Life, Love and Leaving est plus orienté soul et girl band, donc au final plus charnel et sucré ! Mais quelle claque ! Le long de ces 14 chansons, on chope la fureur de vivre, l’esprit rock n’ roll ! Les morceaux sont joués sans frein à main, avec juste ce qu’il faut pour cogner, swinguer, danser, crier, balancer les tables, appuyer sur le champignon, fredonner, reprendre le sourire ! Dans ces années sophistiquées, rien de tel que de retrouver de la simplicité, des raccourcis. On a envie de ne pas se prendre la tête et je puis dire que cet album est le parfait antidote à tous ces maux ! Pour une fois qu’on peut abuser des médicaments…

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