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Archive for the ‘Mes disques 05-09’ Category

SONIC YOUTH : THE ETERNAL (2009)

Je vous fais gagner du temps : The Eternal est tout simplement un grand disque ! D’autant plus que je n’attendais rien d’excitant de la part des new yorkais avec une carrière déjà rondement menée (since 1981 !) et que je n’accroche plus avec ce qui sort ces derniers temps. Il y a donc double performance ! The Eternal ne marque pas un tournant dans l’aventure du groupe mais plutôt un retour aux sources, aux fondamentaux. On retrouve le Sonic Youth qu’on aime : électrique, bruyant, enivrant, nerveux. Le tout avec des guitares affutées comme jamais. Mais à vrai dire, la grande force de cet album (par rapport au reste de leur discographie) est qu’il est très accessible. Pas la peine d’avoir un doctorat du rock pour se familiariser au son « sonic youth ». Je dirais même qu’ils ont refait le coup de Dirty, la classe et la démarche artistique en plus, à savoir avoir « poppisé » leur son noisy. The Eternal est en quelquesorte une excellente porte d’entrée à l’univers musical de cette formation anti conformiste pionnière en expérimentations. Le groupe réussit la parfaite synthèse des différents courants musicaux explorés par le passé: no wave, hard-core, grunge, post-rock ou encore electro minimaliste, et ce sans jamais tomber dans la facilité et la nostalgie. On peut ainsi se retrouver tour à tour sur Evol, Daydream Nation, Goo, A thousand Leaves ! quel trip ! Sonic Youth n’est donc toujours pas mûr pour la retraite quand on voit la débauche électrique remplie de dissonances et de distorsions (leur maque de fabrique !) toujours aussi efficace ! De là à dire qu’ils sont eternels, il n’y a qu’un pas…

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JAY REATARD: Watch me fall (2009)

décembre 11, 2010 1 commentaire

Des décès d’artistes ayant eu lieu en 2010, celui qui m’a le plus marqué fut sans doute celui de Jay Reatard. Le pire ait que ce fut le 13 Janvier ! L’année commençait bien ! Jay Reatard, ce nom ne vous dit surement pas grand-chose à part si vous  vous intéressez  de prés au garage punk. Quel tort ! Moi qui eut en plus la chance d’assister à un de ses concerts expéditifs (35 minutes !)  , je puis vous dire que nous avions enfin (re)trouvé un artiste qui vivait à fond sa musique.  A mort la sophistication, l’élégance, vive le mauvais gout (quelle pochette !), le désenchantement, la sincérité, la simplicité, la loose totale ! Avec cet esprit décapant, nos oreilles seront karchérisées mieux que de l’audispray ! Abonné jusque-là aux Eps et au punk corrosif, Jay Reatard fait un pas de géant avec son premier album pour Matador, Watch me fall. En effet, celui-ci injecte le vaccin Mélodie dans sa musique pour un résultat totalement jubilatoire : de la pop-punk 5 étoiles ! Reatard recrache ici habilement ses influences (TOUTE la musique alternative  américaine des eighties, Nirvana, les Adverts, mais aussi les Undertones, Sparks, Buzzcocks, les Kinks ou encore les Beatles, bref, la liste est longue !). Aucune des 12 chansons n’est faiblarde ou bouche trou. On tient là vraiment un grand disque où on n’a qu’une seule envie : sautiller ! Malgré des textes pas très gais parlant d’autodépréciation et de mort, les compositions et le chant sont d’une énergie débordante qu’on se demande où Reatard va chercher tout ça. En se défaussant vis-à-vis de ses précédents efforts (écoutez-moi Blood visions), l’artiste gagne en maturité, en cohérence mais surtout dans le songwriting. Car en plus d’être accrocheuses, les compositions tiennent la route et passeront facilement l’été. Malheureusement leur auteur ne l’a pas passé… RIP JAY

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Gossip : Music for men (2009)

décembre 20, 2009 Laisser un commentaire

Si tous les artistes pouvaient transformer l’essai comme l’a fait Gossip on vivrait une époque formidable ! En effet, ce qu’il est dur de confirmer dans un monde qui vous oublie aussi vite qu’il vous a adoubé. Aujourd’hui le consommateur a la possibilité ou plutôt le pouvoir de zapper quand il veut, au contraire d’il y a encore dix ans où on n’avait pas beaucoup de choix pour consommer, écouter, découvrir de la musique. Pour qu’une carrière dure (au sens commercial et populaire) un artiste mainstream a une marge de manœuvre  très étroite ; la prise de risque se doit d’être calculée et surtout payante ! Pour ce qui est de Gossip, groupe l’electro rock découvert sur le réseau indépendant et passé de l’ombre à la lumière sur la foi d’une bombe (« Standing in the way of control ») , ce nouvel album était celui de tous les dangers. Comment alimenter un buzz ? Comment re-surprendre ? Outre le fait de faire de l’electro accrocheuse, la principale de particularité du groupe est d’avoir une chanteuse survoltée au physique atypique (des rondeurs pour faire court) : le groupe a bien entendu capitalisé dessus mais savait que cet effet ne durerait pas. Il fallait que le nouvel album soit à la hauteur des attentes sinon le retour à l’underground aurait été rapide. Et bien, il faut avouer que Music for men a fait mieux que satisfaire les fans ; il les a comblés ! Avec un travail d’écriture remarquable, le groupe a tout simplement sorti douze singles plus clinquants les uns que les autres ! Le son du groupe est beaucoup plus musclé et direct qu’il ne l’était auparavant. La musique de Gossip fait ainsi dans l’electro dance floor mais avec un  esprit rock (la rage, la guitare et la basse acérées). La chanteuse en grande diva rock sait se montrer au niveau pour monter ou baisser de ton en fonction du rythme du beat mais surtout on sent qu’elle ne triche pas ; que la sincérité est au rendez-vous. Résultat, les chansons sont intenses, puissantes et accessibles. Gossip a ainsi réussi à se renouveler tout en restant lui-même : une performance rare qu’il est important de signaler. Dans ce monde, on vendrait sa mère pour avancer.

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FOXBORO HOT TUBS : Stop, drop and roll (2008)

octobre 10, 2009 Laisser un commentaire

1390276537Sachez-le tout de suite : sous ce nom quelquepeu farfelu se cache tout simplement Green day ! Oui, Green day ! Mieux que le Side project, le renaming ! Mais pourquoi ce coup ? Pour deux raisons : 1) Stop, drop and roll s’écarte franchement du style musical du combo. Le groupe ne fait plus du punk mais du revival garage ! 2) le groupe avait sans doute besoin de surprendre, d’avoir droit à une récréation, à un délire pour se remettre en selle. Résultat : pas de tapage médiatique et un album carré et plutôt jouissif ! Comme tout bon groupe garage qui se respecte, Fox boro hot tubs va piocher ses influences dans les sixties (l’insouciance, l’orgue hammond, les chœurs, le psychédélisme, la rage). La pochette (dans un étui sommaire) fait également très vintage et cheap et résume bien l’ambiance de l’album : l’éclate !  Pas des manches, Foxboro hot tubs réussissent à faire oublier Green day tellement leur musique est honnête et ne recherche pas la facilité.  Ne cherchez pas de punk, ici ! Le groupe s’est franchement accaparé un nouveau style en recyclant de bons vieux riffs et sans hype. Certes, ils n’ont pas révolutionné le style, loin de là mais l’essentiel est qu’on a beau avoir vendu des containers de disque, on peut rester simple, spontané avec une envie de se remettre en question. Rien que pour ça, ça mérite le respect.

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OASIS: Dig out your soul (2008)

septembre 30, 2009 Laisser un commentaire

oasis album cover 150708Il y a des groupes qui vous suivront toute votre vie, qu’il fasse beau ou moche. Des groupes que vous continuerez à apprécier même avec un album raté. Car ils font partie de la bande son de votre vie, parcequ’on est des fois fidèle (ça arrive !), parcequ’ils ont marqué une étape de notre existence. Plus que les Beatles ou les Pixies (faut le faire !) , Oasis est pour moi LE groupe qui me suivra comme mon ombre. Ils sont apparus au moment où je me lançais dans mon exploration rock n’roll (1994, 15 ans déjà…) avec leur definitely maybe et depuis je n’ai cessé de prendre de leurs nouvelles, d’écouter leurs albums, de suivre leur actualité musicale et extra musicale. Bref, je les connais bien, ces mancuniens ! Avant d’écrire cet article, je me suis replongé dans 15 ans de frasques, me suis relu des vieux papiers (ils étaient loin de faire l’unanimité au départ), à me remémorer leurs hauts et bas. Dieu que ce fut chargé ! Dernièrement, ils avaient la une car Noel et Liam avaient eu un énième clash avant leur concert de Rock en seine. Les journaux avaient même évoqué la séparation du groupe ( encore une !) qui ne fut pas (à force, on n’y croit plus !). Oasis aurait pu devenir les beatles et les rolling stones réunis si les ego des frères Gallagher s’étaient mis en veilleuse. Au lieu de cela, leur carrière n’a pas eu la trajectoire que le talent les avait destiné. Ce n’est pas grave car au fil des années Oasis est devenu un groupe à fan, celui qui n’a plus rien à gagner ou à perdre. Grace à cet état d’esprit, les derniers albums (heathen chemistry, don’t believe the truth) avaient de la bouteille et montraient une réelle maturité que le succès n’était pas venu couronner, faute d’avoir laissé passer le train de la gloire. Cette impression se vérifie une nouvelle fois avec leur  production « Dig out your soul » (déterre ton âme). Sorti sans hype, celui-ci est un superbe album de rock anglais, entre mod, psychedelisme et pop. L’ensemble est hyper carré, millimétré avec des compositions franches, rugueuses mais aussi simples et magiques. Ce qui frappe également, c’est cet effort de varier les sonorités, les tempos tout en gardant sa nature, son intégrité. Des « shock of the lightning » ,des « soldier on » ou des « I’m outta time » sont des preuves accablantes que le groupe a encore des choses à dire et que venir écouter Oasis n’est pas un supplice mais toujours (et encore) une bénédiction. God Bless Oasis !

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KAISER CHIEFS : Employment (2005)

février 9, 2009 2 commentaires

g68049z4y3tOn a retrouvé la Brit Pop ! Non, elle n’est pas morte en 1997 (le virage Lofi de Blur, le plantage d’Oasis) comme l’ont estimé les historiens. Elle est toujours vive dans les années 2000 à travers une nouvelle génération de groupes racés anglais. Et les Kaiser Chiefs en sont les chefs de file incontestable ! Tous les ingrédients qui ont fait les grandes heures de la musique anglaise sont présents : un zest de pop, un humour pince sans rires, des compos remuantes (voire rentre dedans) et un nappage de claviers très virevoltant. Avec ça, tu n’as qu’une seule envie : secouer la tête tout en dansant ! Et comme les kinks ou blur, Kaiser Chiefs adore écrire des vignettes sur la vie quotidienne de l’anglais moyen, avec toujours de l’ironie et du second degré. On n’a pas de mal à trouver des chansons accrocheuses comme « Oh my god » ou « Everyday I love you less » qui donne dans le fighting spirit ! (la vie est une lutte sans fin !). Sur des tempos moins rapides comme « you can have it all » le groupe se veut plus langoureux et attachant, comme si la brute pouvait être sensible. L’exercice est d’autant plus délicat et original que la voix du chanteur (hargneuse et brute) ne se prête pas à ce genre de chansons ! Chez Kaiser chiefs, tout est dans l’énergie et surement pas subtil mais peut-on faire autrement quand on joue la simplicité (la brit pop n’a jamais été cérébrale !) ? Le groupe fera ensuite un album plus dépouillé et réfléchi qui ne rencontrera pas le succès de l’efficace Employment : Une brit pop pas spontanée n’est pas de la brit pop. Convenons-en !

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BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB : Baby 81 (2007)

i67218ig97oLe meilleur groupe de rock en activité ! Non, ce n’est pas prétentieux ou abusé ; c’est la vérité ! Les BRMC sont devenus en l’espace de 4 albums un groupe inévitable du rock à force de creuser leur sillon, de survivre aux embuches, de rester intègre quoiqu’il arrive. Ce n’est pas leur dernier opus Baby 81 qui changera quelquechose à la donne. Enfin quoique… Pourquoi ? Car les chansons de baby 81 ont un niveau d’efficacité (au maximum) que les autres albums n’avaient pas su atteindre auparavant. Ce disque est en fin de compte la synthèse de Howl et du mésestimé Take them on, on your own ! Comprenez le disque de la maturité, donc un grand moment de rock ! Un petit pas pour les Black rebel, un grand pas pour la musique ! Tout ce qui fait l’identité du groupe est toujours présent mais avec plus de métier. Le mystique, les expérimentations, la noirceur, le sauvage, le blues folk, les guitares garage et noisy ou encore une voix captivante baignent toujours l’univers du groupe sauf que les compositions ont gagné en cohésion rendant le rock de BRMC plus rond. On sent que le niveau de la production s’est élevé pour rendre les chansons accrocheuses. Le style du groupe s’est ainsi affiné voire affirmé aux yeux de tous. Et ce n’est pas un mal, bien au contraire ! Les « Weapon of choice » ou « Windows » sont certes simples et directs mais ils retranscrivent l’énergie, le climat que le groupe dégage en live. Et pour les avoir vus, je peux vous dire que les chansons de baby 81 sont la parfaite identité du groupe : heavy, rentre dedans et enivrant. Il y a aussi moins de solos mais les riffs sont toujours autant explosifs ! A cette fin de critique, je reviens sur mon sentiment de départ ; Baby 81 a changé la donne : il a réconcilié les black rebel avec eux-mêmes. On ne peut que s’en féliciter.

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