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Archive for the ‘mes disques 66-69’ Category

KING CRIMSON: In the court of the Crimson King (1969)

juillet 15, 2010 Laisser un commentaire

Si je devais résumer en une phrase ce formidable album, je dirais qu’il a de la gueule ! Même si l’album avait été pourri, la pochette au moins serait passée à la postérité ! Achetez l’édition en vynile et vous comprendrez : le choc, l’émotion sont immédiats. Ce visage d’un mutant déformé façon BD de science fiction nous interpelle, nous inquiète mais surtout annonce ce que l’auditeur va écouter : une musique effrayante, schizophrène, tourmentée,  qui vous prend aux tripes du début à la fin avec des changements d’atmosphère, de rythme à s’y perdre ! N’est-ce pas le but de la musique progressive ? D’offrir une musique cérébrale, à fleur de peau et d’une beauté luxuriante. A ce sujet, l’album est souvent présenté comme le sergent peppers du progressif pour sa variété, sa maitrise et son coté précurseur. Comme toute musique progressive, on retrouve cette fusion de hard rock, jazz, folk et musique planante où le mélange ne fait pas de grumeaux tant les musiciens maitrisent leur art. Robert fripp est un véritable guitar hero aux portes de l’avant-garde ; Ian Mc donald au four et au moulin (saxophone, mellotron flute, composition) est un véritable symphoniste ;Michael Giles est un batteur au jeu juste, sans répétition tandis que Greg lake à la basse chante avec un registre digne des grands. Le disque en lui-même est rempli de mélancolie, de textes torturés, telle une apocalypse mais dans des tons différents. La chanson d’ouverture « 21st century schizoid man » par exemple est d’une rare puissance avec une voix saturée (voire déformée) et des riffs dignes d’un groupe de heavy metal tandis qu’ « I talk to the wind », « epipath » ou encore  « In the court of Crimson King », sont de douce ballades envoutantes où la flûte et mellotron de Mc donald jouent à plein avec un don pour la mélodie indéniable, sans oublier la guitare folle de Fripp. Bref, le disque alterne douceur et violence entre les chansons et dans les chansons pour nous évader, nous transporter vers la plénitude, le repos. Que de demander de plus à la musique après coup ?

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SAGITTARIUS : Present Time (1968)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

present.jpgVive les rééditions ! Les ressorties sont toujours des événements, comme pour montrer que sans le passé on n’en serait pas là ! Leurs vertus sont nombreuses et bonnes pour la santé ! Ils’agit de découvrir ou de redécouvrir des classiques, des trésors cachés, de mettre les choses en place, de rendre justice à un groupe, à un style, trop facilement mis aux oubliettes. Bien sûr, on ne refait pas l’histoire : le mal ou le bien ont été faits à l’époque. Le groupe a su saisir ou non sa chance ou peut-être ne l’a-t-il pas eu…Pour encore plus l’apprécier, il faut le sortir de son contexte, ne pas se faire une fixette sur l’identité du groupe. Il faut juste apprécier la musique. Il faut être le plus objectif possible, comme si on écoutait une nouveauté. Et ce n’est pas souvent simple ! un groupe a une réputation, un style, une histoire qu’il l’a marqué. Et parler de la musique est souvent synonyme de parler des musiciens. Pour le cas de Sagittarius, quasi inconnu de tous, la réédition de leur album Present time sur Legacy, la branche vintage de Sony a été une bénédiction ! Pour ne parler strictement que musique, il s’agit d’une pop baroque à la douceur et au charme angélique sans équivalent. On ne fait que rêver sur ces plages paisibles, intimes et si simples. C’est comme si les Beach Boys avaient rencontré Love ! Les Harmonies Vocales conjuguées à une musique lumineuse et légère. Ce sont surtout les arrangements qui relèvent du chef d’œuvre : il faut dire que Sagitttarius possède en Gary Usher et Curt Boettcher les meilleurs ingénieurs du son des sixties ! Tout est si cristallin, pur, sans déchets : jamais les instruments n’auront aussi bien accompagné les voix et vice versa ! Il y a une justesse, une minutie dans le timing que la musique prend une autre dimension. Je n’ai pas eu envie d’en savoir plus sur ce groupe (contrairement à mes habitudes) : cette musique est intemporelle : pourquoi vouloir revenir à la réalité ?

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THE MOODY BLUES : Days Of Future Passed (1967)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

days.jpgEn mettant ce disque des Moody Blues dans mon lecteur cd, je ne savais pas à quoi m’attendre ! Je l’ai acheté juste parce que j’avais vu une bonne critique dans un guide ! Il ne m’en faut pas grand chose pour acquérir des œuvres, me direz-vous ! Et bien, lorsque j’ai du feeling, je ne me pose pas de questions, que j’aime ou déteste le disque ensuite ! C’est ça la magie de la musique et de la vie : on peut faire ce qu’on veut ! Et la surprise du chef vient quand l’album dépasse toutes vos espérances ! L’album des Moody Blues m’a tout simplement étonné ! Sur les ruines d’un projet fou fou fou (enregistrer la Symphonie du nouveau monde de Dvorak avec un grand orchestre), le groupe va se servir de cet accompagnement  plutôt inattendu pour créer de toutes pièces des suites mêlant rythm n’ blues, psychédélisme et musique symphonique. Cette rencontre donne lieu à des moments inoubliables, irréels. Moi, qui écoute peu de classique, j’ai complètement été émerveillé, enchanté, secoué ! Quelle beauté, quel charme ! Quelle délicatesse ! De tous les disques de 1967, c’est celui qui m’a le plus retourné ! L’apport d’un grand orchestre donne aux compositions de la féerie, du rêve, de l’évasion qu’un groupe classique ne saurait faire ! Il y a tellement de nuances, de sonorités possibles que les compositions prennent à la fois du volume, de la vie et de la puissance. Les Moody Blues même en étant les maîtres du navire sont complètement éclipsés par cet accompagnement si pur et juste. On nage ici en plein rêve sous acide, avec seulement plus de poésie, de délicatesse. Quels beaux moments tout de même ! il y a du psychédélisme, du baroque, du blues à concurrencer un Pink Floyd ou un Love ! Les moody blues ont ainsi mérité que je m’y intéresse ! A voir sur ce site…

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BIG BROTHER & THE HOLDING COMPANY : Cheap Thrills (1968)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

cheap-thrills.jpgQuand on doit parler de cet album, on ne pense qu’à une seule personne : Janis Joplin ! Une sacrée rock star ! Peut-être la plus grande star féminine du rock que le monde n’ait jamais connu ! Une vraie icône ! Ça vous place l’importance de ce disque ! Cette fille avait toute d’un grand(e) ! Une prestance scénique de tous instants (on ne voyait qu’elle !), une puissance vocale inépuisable (essayez de hurler comme elle !) et une vraie personnalité (elle vivait son époque !). Avec de tel atout, sa carrière fut aussi intense qu’elle fut courte ! Elle mourut en effet à 27 ans…Reste donc ces témoignages discographiques qui l’ont fait entrer dans la légende. Son premier fait d’armes fut sans doute ce Cheap Thrills de toute beauté ! Quel disque ! Une vraie déculottée ! La formule est pourtant simple : mettre dans du rythm’n blues classique du psychédélisme ! Avec des guitares qui claquent et qui envoûtent en même temps  et une voix grandiose, les chansons ne pouvaient qu’être déchaînées, perdues, déchirantes ! L’album dégage à la fois de l’énergie (à en revendre), du rêve et du bonheur ! C’est ce que cherchait la génération hippie ! Et cette musique bien balancée avec un chanteuse charismatique leur en mettait pleins les poches ! Cheap Thrills eut un sacré succès (plus d’un million d’albums vendus !) avec sa pochette mémorable (elles avaient de la gueule à l’époque ! Surtout en 33 tours !). Rien que pour Janis, cet album est un must ! Sa personnalité d’écorché vif transparaît sur ces morceaux sous acide ! Dommage qu’elle nous ait quitté si tôt…Elle aura vécu sa passion, son temps jusqu’au bout…Des personnalités comme elle nous manque cruellement aujourd’hui….

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LOVE : Forever Changes (1967)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

love.jpgQu’est ce qu’il faisait bon de vivre dans les sixties ! Dans mes critiques de cette décennie il y a toujours cet esprit de découverte et d’aventure mêlé à un parfum d’apaisement et d’égarement qui firent tout le charme des productions de l’ époque. Ainsi tous les classiques de l’époque sont à posséder plus que n’importe quelle autre période car il y avait de la création, de l’authenticité à tomber par terre ! 1967 fut certainement l’année la plus riche qu’il n’ait jamais existé avec des classiques des Beatles, de Pink Floyd et de…Love ! Quelle beauté ce Forever Changes ! Trop longtemps ,oubliée, cette œuvre frise l’excellence ! Evidemment on est en plein psychédélisme mais ici on fait dans le romantique (Don Juan !), le magique, le doux. Partant d’un folk classique, le groupe d’Arthur Lee y déverse une instrumentation riche ( violon, banjo, orgue, trompette) pour amener le psychédélisme de la cote ouest sur une autre planète. Chez Love tout est gracieux, délicat, enivrant, calme, si familier. On se croirait sur une plage en train de flâner, de s’évader. Forever Changes ressemble même à certains moments à du Morricone, idéal pour un western tellement sa musique semble avoir une âme, une signification. On passe ici de morceaux intenses en morceaux intenses, de spleen en spleen, de trip en trip avec une écriture toujours soutenue et feutrée. Plus on écoute cet album, plus on l’aime ; plus on lui trouve du charme, de la profondeur. En le ressortant pour ma critique, je l’ai redécouvert totalement et je suis resté bouche bée : quelle guitare cristalline et légère, quel tambour ; quelle voix ! quelles mélodies ! Toutes les chansons ont leur lot d’émotion, de chaleur, de douceur. Et le pire, c’est que ça a très bien vieilli ! C’est ça d’être intemporel et sur son nuage : on devient éternel.

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KING CRIMSON : In The Court Of The Crimson King (1969)

septembre 23, 2006 Laisser un commentaire

king.jpgL’un des albums les plus singuliers que j’aie jamais écouté ! Ça vous plante le décor ! J’ai été enchanté, ensorcelé dés la première écoute tellement ce disque dégage je ne sais quoi ! Tout à la fois, du mystère, de l’émerveillement, de la fureur, du dépit, de la tristesse, de la joie, du rêve. Avec cet album, vous quittez le réel, la terre, ce que vous connaissez (ou pensez connaître) pour un monde complètement tordu, imprévisible, barré, sans point de repère. Même les albums de Pink Floyd font de la figuration tellement cet album a quelquechose de profond, d’innommable, d’indescriptible. King Crimson réussit ici à faire plus que de la musique, plus que du son, du chant : il donne naissance à un être incomparable, un message indécodable, bref, il réinvente le monde, la façon de penser, de jouer, de percevoir les choses. Et je ne m’en suis toujours pas remis ! On ne peut pas connaître cet album même après l’avoir écouté 10000 fois. Il y aura toujours quelquechose qui nous échappera, nous dépassera. Pour cette critique, parler de la musique importe car c’est surtout l’univers, l’atmosphère qui est importante. Je me demande comment un humain a pu écrire de tels morceaux tellement ils semblent venir d’une autre planète. Sur des longues plages, King Crimson se perd, s’énerve, recule, agonise, revit, disparaît, revient puis redisparait, s’arrête, repart et ainsi de suite pour emmener l’auditeur vers des contrées vierges de toute civilisation. Il n’y a guère que la guitare de Robert Fripp pour nous aiguiller avec un son tranchant, brut, habité, ubuesque. S’il ne fallait garder qu’un Ovni, ce serait celui-là car même avec 35 ans d’âge, il a encore 30 ans d’avance !

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JOHN MAYALL & THE BLUESBRAKERS : Bluesbreakers With Eric Clapton (1966)

septembre 23, 2006 2 commentaires

bluesbreakers.jpgPlus on remonte le temps, plus c’est difficile d’écrire de superbes critiques ! Non pas que la qualité de mes écrits en pâtit mais plutôt qu’il faut se creuser beaucoup plus la tête pour bien s’exprimer. Grâce à mes critiques je retrouve mes disques, je redécouvre ma passion pour la musique, je prends du recul pour pouvoir ensuite coucher sur papier mes impressions. Cette démarche est facile pour un journaliste ou écrivain mais pour un amateur, c’est tout autre chose ! Les mots, les phrases ne me viennent pas immédiatement ; je dois faire un énorme travail sur moi, sur ce que je ressens, sur ce que j’écoute, sur ce que je perçois. Pour mes albums de chevet, dix minutes suffissent pour te sortir quinze lignes. Ce ne sera pas le cas avec cet album des Bluesbreakers ! C’est pourtant l’archétype de l’album que je me dois d’écouter, de réécouter pour ma culture musicale : il faut écouter ce qu’on ne connaît pas pour passer un palier. L’inconnu est toujours plus grand que le connu ; vous vous imaginez de la tâche à accomplir… Passons aux choses sérieuses : ce disque est le synonyme d’une révolution dans le rock. Le blues s’électrifie pour virevolter de plus belle ! On appelle ça communément le Blues Boom ! Sur des compositions pied au plancher, la guitare fait des merveilles, se tord dans tous les sens, va à droite à gauche, a toujours la bougeotte. Avec des chansons qui ont toujours l’air de traîner leurs bosses, sur des tempos lents ou rapides, Eric Clapton a carte blanche pour partir en vrille, pour asséner des parties de guitares inspirées et lourdes mais au combien salvatrices. Il devient pour ainsi dire le premier guitar hero du rock !  Le blues est une musique qui ne vient pas vers nous : il faut aller à sa rencontre pour l’apprécier, la comprendre, l’aimer. Il faut savoir être patient pour connaître toutes les nuances, les diversités car tout vient du blues ! Et c’est toute la musique que j’aime !

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