Archive

Archive for the ‘mes disques 75-79’ Category

David Bowie : Heroes (1977)

février 13, 2016 1 commentaire

L’inheroesspiration, la passion, l’envie ne sont pas que l’apanage des artistes !! Elles sont aussi une source d’énergie pour un critique comme je le suis !! Sans elles, Je n’aurais jamais su écrire autant de chroniques.  Sans elles, je n’ai pas su me remettre « sérieusement » devant un clavier pour délivrer ma bonne parole pendant plusieurs années (4 !), préférant me consacrer à d’autres projets. J’avais pourtant des idées à revendre, avec lot de concepts, de théories, de plaidoyers pour des sous genres, des oubliés, des génies, des ratés, suite à mes découvertes musicales, mes rencontres, mes discussions, mes réflexions. Mais cela ne débouchait pas par un écrit. Il a fallu la mort d’une  des plus grandes figures du rock David Bowie le 10 janvier 2016 pour enfin me décider à écrire une chronique ; chronique en forme d’hommage. Car David Bowie, plus que sa musique, est mon modèle dans ma philosophie de vie. Pour faire bref (et réducteur, pour certains), On est soit un rolling stone soit un Bowie dans sa vie. Soit on creuse toujours dans le même sillon, quitte à se répéter, à s’enterrer, soit on décide de se renouveler, de changer, d’anticiper pour éviter de rouiller. Je pense sincèrement que l’homme du XXIème siècle  doit avoir soif de savoirs,  de projets, de risques pour donner un sens à son existence. L’audace est pour tous ! David Bowie était de cette trempe avec ses vies, ses hauts, ses bas. Depuis le début de l’ère du court terme, il avait su rester une référence, avoir un temps d’avance, envers et contre tous. Regardez « Heroes », quelle prise de risques ! , quel renouvellement !, quelle référence ! En 1977, camé de son expérience américaine, Bowie vient s’expatrier à Berlin Ouest pour renaitre de ses cendres. La musique  de l’album oscille entre le rock et l’expérimental, l’accessibilité et l’innovation, le blanc et le noir.  Heroes est ce genre de disque fondateur qui vient s’inspirer de différents genres/influences pour créer une ambiance particulière qui vous prend à la peau, comme l’avait été Ziggy Stardust en son temps. Mais Heroes ne serait rien sans Robert Fripp, leader de King Crimson à la guitare et surtout sans Brian Eno à la production. Il reste encore aujourd’hui le pape de la musique « cérébrale » (Vous savez celle pas évidente d’accès mais qui ne vous lâche plus dès que vous avez assimilé les codes). Il a fait le son du Bowie Berlinois : froid, distant, rageur, mystérieux. Avec ces deux-là,  Bowie a tout simplement construit des autoroutes là où il y avait des chemins, mis en lumière leurs travaux dans ce sous genre qu’est l’ambient. Comme souvent, le succès n’est pas  l’histoire d’un homme mais d’hommes.

Catégories :mes disques 75-79

DR FEELGOOD : Down by the jetty (1975)

novembre 22, 2010 Laisser un commentaire

Qu’ont bien en commun Motorhead, les Dogs, les Godfathers, the Inmates ou encore Eddie and the hot rods ? Tout simplement qu’ils ont croisé sur leur chemin le génial producteur Vic Maile. Après avoir débuté sa carrière comme ingénieur du son, il travailla sur les enregistrements des plus grands puis devint un véritable artisan du son, au service de la musique. Lorsque vous verrez  « Produced by Vic Maile » sur le dos de certains disques, foncez ! Cette appellation certifie des chansons directes, simples et très live, en bref des heures de pur rock n’ roll ! En 1975, Vic Maile sera partie prenante de la scène éphémère du pub rock en produisant le monumental Down by Jetty de Dr feelgood. En véritable passionné, en perpétuelle recherche de l’efficacité et l’authenticité, il va donner à cet album un son sec et nerveux sur des compositions très vintage. Normal : le pub rock (« le rock des bars ») s’inspire du rythm n’ blues et du blues, tout comme l’avait fait les rolling Stones jadis, et ce en réaction aux courants musicaux majeurs de l’époque (la musique progressive, le hard rock ou encore le glam rock) qui péchaient entre autre par un manque d’humilité. En plus d’avoir un excellent producteur aux manettes, Dr feelgood peut compter sur l’émulation, la relation amour/haine, l’échange entre deux fortes personnalités que sont le chanteur à la voix enrouée et stridente Lee Brilliaux et le guitariste-mitrailleur Wilko Johnson (ça tranche !). Les compositions originales (« Roxette » !) tout comme les reprises de standard témoignent d’une fraicheur et d’une spontanéité à revendre, avec ce coté  retro assumé (à l’instar de la pochette), le tout enregistré en une prise ! Avec ça, difficile de les détester ! En revenant aux racines du rock en jouant la carte du minimalisme, Dr feelgood a ainsi jeté les bases de la révolution punk qui le balaiera sans médaille en retour ! L’histoire du rock n’est pas à une injustice prés…

la décapante ROXETTE !

Pour etre complet un article excellent sur Vic Maille :

http://theinmates.chez.com/dossiers/divers/vic_maile/index.htm

et enfin, la page hommage de Vic Maile sur Facebook :

http://www.facebook.com/group.php?gid=81630115908

Dieu sait que sa faculté qu’il avait à donner un son brut et juste au rock nous manque terriblement…

TALKING HEADS: 77′ (1977)

Qu’est ce qu’il a dans la tête de David Byrne ? Du génie ? De la folie ? De la facilité ? Car en écoutant ce disque, on ne peut que dire chapeau ! Plus puissant que « Fear of music », « 77 » part aussi beaucoup plus en live ! Et c’est bien ça qui en fait son charme ! Partant d’un démarche arty (pas de convention, des paroles qui disent tout et n’importe quoi !). Les Heads réussissent dans leur premier essai (évidemment c’est de l’art !) à réunir mélodies pop, rythme funky et guitares tendues ! Et je dois bien dire que chaque lecture est une véritable redécouverte tellement cet album à l’efficacité redoutable recèle de secrets ! Et les chansons sont toutes meilleures les unes que les autres notamment « Pyscho killer » et son refrain d’anthologie (Psycho killer, qu’est ce que c’est ?) Demandez donc à franz Ferdinand ce qu’il en pense… ma préférée reste « Book I read » avec son rythme reposant. Cet album est excellent que ce soit pour se lever, danser ou se reposer : en bref un chef d’œuvre !

Catégories :mes disques 75-79

THE KINKS : Low Budget (1979)

novembre 2, 2009 Laisser un commentaire

1979 - Low budget - frontC’est ce que j’appelle un album galvanisé ! Après l’album du retour en force de 1977 Sleepwalker (critiqué il y a quelques temps sur ce blog), les Kinks remettent les couverts sur leurs deux albums suivants Misfits et Low budget avec une popularité retrouvée du temps de leur période mod. Il y a de quoi car les Kinks ne cherchent plus à surprendre, à créer mais plutôt à s’amuser, à taper plus fort que les autres, à jouer la simplicité. Low Budget reste le meilleur exemple de ce kinks à la recherche de muscles sans surprises. L’album en lui-même a plutôt cartonné car il est accrocheur, efficace avec une guitare hard agressive. La voix de Ray Davies continue elle de raconter des bleuettes sans pareil. On sent que le groupe, remis en selle par les punks, a encore faim et a mis au placard ses idées passéistes (Village green) sans pour autant perdre de son cynisme, et dans le seul but de passer du bon temps. Voilà là le dilemme de l’album : son ton léger et sa simplicité n’amènent pas l’originalité qui fait qu’on s’en souvienne encore aujourd’hui. Les Kinks usent des ficelles qui sont à l’époque utilisées par une légion de groupes. Malgré ce défaut, l’album a son charme avec des chansons nerveuses et surtout à l’idée que ce sont les Kinks qui les jouent ! Qui ne serait pas heureux que l’un de ses groupes préféré se refassent une santé malgré avoir retourné sa veste ? Le groupe est attachant avec un parcours atypique avec ses hauts et ses bas, tant au point de vue artistique que publique. Des « catch me down, I’m falling » ou « superman » résonnent comme des victoires sur le sort même elles arrivent trop tard. En bref, Low Budget n’est pas un album majeur du groupe mais c’est celui-ci le plus revanchard et le plus clinquant.

BUZZCOCKS : Product (1989-réédité en 1995)

juillet 18, 2009 Laisser un commentaire

productCritiquer un disque des Buzzcocks n’aurait pas rendu justice à ce groupe si attachant. C’est pourquoi la critique de Product, intégrale de leur œuvre séminale (1976-1981) me semble plus en adéquation avec leur talent. Les Buzzcocks, c’est quoi ? LE groupe punk anglais le plus complet, le plus mélodique, le plus efficace ! Formée suite à un concert des Sex pistols à Manchester, la bande est évidemment façon par le punk, son mouvement (l’underground, l’avant-garde, l’indépendance, les prises de risque) si bien qu’il sera un des premiers groupes estampillés « Indie ». En effet, Les Buzzcocks vont marier le punk, cette rage, à la pop, le synthétique, l’expérimental pour un résultat encore aujourd’hui détonnant ! Avec cette formule, on ne peut que pondre des instantanés énergiques, efficaces qui donnent envie de taper du pied. La guitare de Steve Diggles au jeu minimal, tranchant et haché fait des merveilles avec des chansons remplies d’harmonies et de mélodies à l’accroche immédiate. Ajouter des textes simples , poignants et si parlants que vous obtenez des instants de bonheur ! Avec les albums « Another music in a different Kitchen » (un autre monde est possible !), « A different kind of tension », « Love bites » ou encore la compilation « Singles going steady », Les Buzzcocks ont prouvé qu’une autre manière de faire de la musique était possible sur les cendres du punk. Mais le miracle des Buzzcocks, c’est que ça a très bien vieilli ! La musique sonne toujours actuel, preuve que les compositions étaient travaillées et surtout sincères. Les Buzzcocks en plus nous parlent de notre vie avec un langage qui nous ressemble (provocateur, drôle), entre le sexe, l’échec et le sens de la vie avec une dose de romantisme. Cette philosophie de s’affranchir des règles fera beaucoup d’émules notamment en Angleterre, notamment la scène indépendante qui trouvera en eux des modèles, des exemples à suivre comme Les Smiths ou e encore Supergrass. Les Buzzcocks ne profiteront jamais de ce qu’ils ont semé mais qu’importe : leur musique restera immortelle.

Catégories :mes disques 75-79

PINK FLOYD: Wish You Were Here (1975)

Les albums de Pink floyd gardent une place à part dans ma discothèque. Ils évoquent pour moi de nombreux souvenirs, des amis, des discussions, une époque. Je ne les ai pas aimés d’un coup d’un seul. Le temps, la passion pour la musique ont fait leur effet pour que je m’approprie leurs univers si atypique et mystérieux. Il m’arrive encore aujourd’hui de débattre de leur œuvre : quel est le meilleur album ? Waters ou gilmour ? Musique d’autiste ou de génie ? Quel est leur message ? Bref, quand on est passionné de musique, Pink Floyd est incontournable. Wish you were here est pour moi (j’attends vos commentaires !) l’album charnière, la synthèse entre Meddle pour ses longues plages et Dark Side Of The Moon pour son atmosphère.  C’est en quelque sorte l’album de rock planant de référence ! L’album ne comporte que 5 titres mais dure plus de 45 minutes ! Les chansons sont ici lentes, tissant un rideau ténébreux et enivrant où l’auditeur peut vider ses pensées dans un puits sans fonds. Il faut par exemple attendre un instrumental crépusculaire de près de 9 minutes sur « Shine on you crazy diamond » pour entendre la voix plaintive de Waters ! Le jeu de guitares de Gilmour indentifiable parmi tous, le nappage de claviers de Wright et les textes cérébraux et acerbes de Waters font toujours mouche.. Mais ce qui rend encore plus émotionnelle l’écoute de Wish you were here est son leitmotiv : rendre hommage à leur ami « disparu » Syd Barrett. Pas une note, une seule parole ne lui sont pas dédiées. Personne dans le groupe ne l’a oublié. Pire, on sent que sa mise à l’écart de Pink Floyd les a affectés profondément. On raconte que barrett serait venu « par hasard » (ça semble farfelu mais c’est la vérité) au studio Abbey road lors des sessions d’enregistrement de l’album et qu’il n’ait reconnu personne ! Les membres du groupe aurait été attristé de voir dans quel était il était devenu (gros, chauve, amorphe) et qu’il ne se souvenait pas qu’il faisait partie de Pink floyd. Après coup, on comprend un peu mieux le caractère obsédant des chansons et l’émotion palpant sur la ballade éponyme (qui reste ma chanson préférée). Pink Floyd avait réussi l’impossible : donner une suite à Dark Side sans se répéter.

Catégories :mes disques 75-79

PINK FLOYD : The Wall (1979)

avril 19, 2008 1 commentaire

LE disque de toute une génération ! Dés sa sortie fin 1979, The wall était déjà un classique ! Deuxième opus de la trilogie commencée par Animals (1977) et achevée par the final cut (1983), The wall n’est pourtant pas un album accueillant et accessible. La faute à Roger Waters, chef de projet, qui y met ici toutes ses idées noires et son aigreur vis-à-vis de tous. Waters n’en a cure du show business, du public, des autres membres du groupe. Le mur symbolise son isolement, le contraste entre sa vie et celles des autres. Le long des 26 chansons étalées sur deux disques, on sent son rejet des valeurs du monde, son dégout de la société actuelle (l’éducation, l’autorité, les parents, les relations humaines…). The wall est pour ainsi dire l’album noir que les punks attendaient. Au-delà du climat glacial qui règne, les compositions sont très abouties, d’une rare beauté cristalline. Elles sont soit clairement rock, (« Run like hell ») avec une guitare lourde et tranchante ou de douces ballades (« confortably numb »). Gilmour, Mason et Wright réduits au rôle de faire valoir adoucissent à peine l’amertume de Waters. Les jeunes d’alors en quête de repères et de compagnon dans leur désarroi trouvent ici leur bande son et en font un succès populaire ! The wall est ainsi l’un des double album les plus vendus au monde !. La tournée de The wall sera triomphiante (on se souvient de la construction d’un mur séparant progressivement le public du groupe) mais sera le dernier grand acte du floyd. La quasi dictature de Waters au sein du groupe rendra les relations de plus en plus tendues au point que le groupe implosera.

Catégories :mes disques 75-79