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Archive for the ‘mes disques 80-84’ Category

XTC : English Settlement (1982)

décembre 18, 2011 Laisser un commentaire

Cet album est magique ! English Settlement est typiquement l’album sorti dans les années 80 qui n’a pas vieilli d’un poil mais qui au contraire se bonifie avec le temps. Je dirais même que c’est un trésor intarissable tellement sa musique est universelle, jouée avec des doigts d’or et remplie de trouvailles plus envoutantes les unes que les autres. English Settlement est un tournant dans la carrière du groupe, à savoir qu’il se détache des racines new wave de ses débuts pour lorgner vers la pop avec un grand P. Je dirais même qu’il change complètement de méthode de travail. Au lieu de foncer tête baissée, il cherche tout d’abord à écrire des mélodies raffinées et légères. Jamais le groupe n’aura ainsi été autant charmeur, décomplexé. En plus d’un gros travail d’écriture, il décide d’inclure de nouvelles influences jusqu’alors inédite comme l’afro beat, des rythmes latino ou encore des chœurs de paysans médiévaux. Bref, il se fait plaisir et ça s’entend ! Dans ce cas-là, difficile de se louper ! Toutes les chansons sont remplies de finesse dans une veine pastorale incomparable, comme si on était transporté dans un tourbillon sonore, dans un monde féérique où rien ne peut nous arriver et qui nous ressemble tant. Et puis, il y a toujours ces sons tordus, banaux d’XTC qui donne à l’ensemble un coté étrange, proche du fantastique. Le groupe réussit alors enfin à toucher le grand public avec notamment le génial « Senses Working Overtime ». De « Runaways » à « Snowman », on passe par toutes émotions, les styles musicaux avec inspiration rarement aussi poignante, dans la quête de la pop absolue. Bref, l’album est à l’image de la pochette représentant le cheval de Huffington : soigné, passionnant, séduisant. Un chef D’œuvre !

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CERTAIN GENERAL : November’s Heat (1984)

octobre 15, 2011 Laisser un commentaire

Pour commencer, j’ai découvert ce disque par hasard sur  un site de critiques aujourd’hui disparu (comme quoi ça sert d’écrire !) Ce fut une très bonne surprise cet album est tout simplement culte ! Il l’est réellement car en 2011, November’s heat fait figure de trésor caché et oublié de tous ! (aviez vous entendu ce nom avant de lire cette critique ?)A en juger par sa qualité, on se demande vraiment comment l’histoire a pu le laisser de côté. Pourtant, dans les années 80, Certain General jouissait d’une certaine notoriété, notamment de la critique française fascinée par la figure dépressive du chanteur-poète Parker DuLany, ses textes suicidaires et son rock urbain déliquescent dans la tradition du velvet et de television. Tous les groupes ne sont pas logés à telle enseigne, je vous le dis ! Premier album du groupe, November’s heat se distingue par sa froideur, ses tempos lents et une guitare cisaillante aux effets vibrato imparables (sacré Phil Gammage !) Savant mélange de rock et de new wave, la musique de Certain General serait pour faire simple un croisement entre R.E.M et the Cure. Le folk, la poésie et les mélodies mélancoliques de l’un viennent ainsi se greffer aux textes tristes et aux arrangements atmosphériques de l’autre. Les 11 chansons de l’album sont remplies de décharges électriques avec une pression, une angoisse qui ne descend jamais d’un cran, de Maximum G à The Shang. Certain. General aurait fait un très bon camarade de chambre à Gun club et Noir désir tellement ils ont de points communs : envoûtant, tranchant, colérique, triste, obsessionnel (voilà pourquoi la presse les aimait bien).  Miné par des guerres intestines, une distribution bancale, Certain General ne dépassera jamais le statut du culte. Qu’importe, tant qu’il y aura des disques pour en parler…

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THE FALL : The wonderful and frightening world of the Fall (1984)

septembre 27, 2011 Laisser un commentaire

“Un groupe qui gagne à être connu et qui fait taper du pied », voilà comment un ami a évoqué en blaguant l’excellent groupe the Fall Il n’avait franchement pas tort ! Car The Fall  n’a rencontré guère d’écho en France malgré une carrière vieille de déjà 35 ans et de 28 albums studio (un 29eme sortira en novembre 2011 !). Une réelle injustice. Pourtant, la principale cause de son insuccès est aussi de son originalité : Mark E.Smith, son leader. Personnalité atypique, à la fois attachante et repoussante, anarchiste de chez anarchiste, qui ne s’est jamais fait dicter sa loi, Smith a su tracer seul sa voie envers et contre tous. Résultat : autant de line up que d’albums, une discographie inégale, aucun hit single en vue mais, une intégrité et un esprit punk intacts. Il y eut pourtant dans cette odyssée, une période où the fall se frotta au mainstream ou tout du moins s’en approcha, à savoir entre l’arrivée et le départ de Brix Smith, guitariste du groupe mais surtout femme de Monsieur, soit entre 1983 et 1989. A croire que l’amour adoucit vraiment les mœurs…Toujours est-il que le rock abrasif et rugueux des débuts  nourri de Captain Beefheart et de Can va être « popisé », garanti sans expérimentations. Après l’excellent Perveted by langage de 1983, le groupe sortira 5 albums chez Beggars Banquet dont les 3 premiers produits par un certain John Leckie ( StoneRoses, Radiohead). L’adage femme-label-producteur permettra à Smith de composer de véritables chefs d’œuvre bourrés de compositions puissantes, directes, efficaces non sans enlever la radicalité et les influences littéraires (camus, Burroughs, Nietzche) des débuts. C’est ce qu’on appelle dans le langage courant se rendre accessible. « Le monde merveilleux et effrayant de the Fall », traduit bien ce climat entre ombre et lumière sur laquelle le groupe jouera durant ces années. En mettant du soleil dans son krautrock , The fall balance aussi bien de véritables hymnes autant cérébraux et furieux (2X4, Copped it, Elves (et son riff « piqué » à Wannabe your dog), god box) que la pop song à passer à Tops of the Pops (Oh ! Brother, C.R.E.E.P, Slang King). A l’époque, à part les Smiths, il n’y a pas de groupes anglais plus intéressants et passionnants que The Fall. Et je ne suis pas loin de penser que ce soit encore le cas aujourd’hui…

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THE HUMAN LEAGUE : Dare ! (1981)

Au-delà de la qualité musicale et de la chance, je me suis demandé comment des artistes pouvaient réussir d’une part à percer, puis à faire carrière et enfin à ne pas être oubliés du plus grand nombre. Ma conclusion tiendra en un seul mot : le temps. Tout en effet est une question d’époque et comment le temps passe, comment les choses évoluent. Les artistes des années 60,70 et 80 ont ainsi connu des carrières longues car le public et les producteurs leur ont laissé le temps de grandir, de s’affirmer. Ils ont également bénéficié de la fidélité du public qui était moins exigeant qu’aujourd’hui. Il y avait aussi moins d’artistes et moins de styles représentés : les goûts étaient donc moins disparates vu le choix proposé. Enfin, la médiatisation passait par moins de canaux (la mode ne changeait pas toutes les semaines).Tout ceci a fait le jeu de la stabilité dans le monde musical et a permis à nombre de groupes de marquer les esprits dans la durée. Aujourd’hui au contraire, le monde ne connait que des révolutions culturelles, technologiques, économiques, sociales à la fois intenses et proches dans le temps. Comme disait récemment Aurelio De Laurentis (célèbre producteur italien), « six mois dans les années 2010 correspondent à dix ans dans les années 80… ». Aujourd’hui, on pense court terme alors qu’avant c’était l’inverse. La vérité du jour n’est souvent plus celle du lendemain.  Pour qu’un artiste ne pointe pas au chômage au bout du premier album, il faut qu’il cartonne de suite. On peut certes le regretter mais c’est l’époque qui veut ça. Pour qu’un artiste fasse aujourd’hui carrière, il faut qu’il soit capable de se remettre en question en permanence, à accepter les compromis, à s’adapter à la demande. A croire qu’un musicien doit être un bon manager…Un groupe comme Human league a ainsi plutôt bien mené sa barque à l’orée des années 80 en abandonnant le coté expérimental de sa pop synthétique aperçu sur leurs premiers albums pour une approche ouvertement commerciale. Comment ? En incorporant tout simplement de la blue eyed soul bien de chez lui (Sheffield) dans ses compositions. Les chansons de Dare sont comme un Milky Way : dur à l’extérieur, doux à l’intérieur. La froideur distanciée des vocaux (Oakley est loin d’être un crooner !) et l’utilisation à outrance de machines ne peuvent cacher des mélodies pop imparables, remplies de sensibilité (les chansons parlent souvent d’amour).  « Don’t you want me » est ainsi une merveille de techno pop à ressortir pour vos soirées ! Le synthétiseur devient dés lors pour quelques années l’instrument incontournable des groupes des années 80. Derrière son coté futuriste et froid, il apporte de l’émotion tout en sonnant pop. Si vous avez bien suivi ma critique, vous comprendrez que Human League survivra à ce succès phénoménal pour même devenir une influence de la scène electro. Si pour certains les années 80 représentent le néant musical, pourquoi dont s’en souvient-on ? Cherchez l’erreur…

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THE REPLACEMENTS : Let It Be (1984)

février 22, 2011 Laisser un commentaire

La grande majorité du public pense directement aux Beatles lorsqu’on évoque le nom d’album Let it be. Et bien, j’espère qu’après avoir lu cette critique, vous penserez dorénavant aux Replacements car « leur » Let it be n’est pas à mettre sur le banc des remplaçants mais plutôt en haut de l’affiche ! Ce groupe originaire de Minneapolis fut l’un des meilleurs de sa génération dans la décennie 80 et a surtout influencé toute une flopée de groupes dont notamment Soul Asylum qui a ensuite écrit le petit frère de Let it be, le superbe Grave dancers union. Mais comment encenser un groupe et un album méconnu de par chez nous ? Tout simplement en arguant que les Replacements ont réussi en plein marasme artistique à créer en premier un amalgame entre plusieurs styles (hardcore, pop, punk, alternatif) et surtout à écrire, à retranscrire le passage confus de l’adolescence à l’âge adulte sur des chansons tantôt douces (« androgynous ») tantôt furieuses (« we’re coming out »). Ces deux arguments ont fait de Let it be la bande son de toute une génération tellement celui-ci lui parlait, lui ressemblait. Tous les adjectifs de l’âge bête sont ici repris et mis en scène : rebelle, irrévérencieux, mélancolique, voyou, rêveur, insouciant, cynique. Par exemple, une chanson aussi magnifique que « unsatisfied » évoque à merveille la frustration qu’un ado peut rencontrer, en mélangeant avec brio le rose bonbon et la rébellion. On peut dire que jamais comme auparavant un album  n’aura aussi bien exprimé la condition d’une génération dans des chansons à la fois sincères, agressives et efficaces. Ce merveilleux moment n’aurait pas d’ailleurs été parfait sans en plus des compositions bien construites et illuminées par la voix légèrement éreintée de Paul Westerberg, songwriter hors pair. Bref, le Let it be des replacements est une ode à la vie tout aussi voire plus recommandable que celui-ci des fab four : la jeunesse vaut tout l’or du monde.

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BRYAN ADAMS : Reckless (1984)

décembre 15, 2010 1 commentaire

Chéri, tu n’aurais pas oublié quelquechose ? Ah, oui, j’aime Bryan Adams ! A vrai dire, je l’aimais sans le savoir !! Je ne connaissais que trop peu son œuvre mais dés que j’ai mis mon diamant sur la face A de Reckless, ça a tout de suite fait partie des meubles ! Comme un coup de foudre ! Comme si John Stockton trouvait Karl Malone les yeux fermés ! Pourquoi donc autant de louanges ? Ce n’est que de la pop rock, en fin de compte… Et bien, comme dirait si bien mon ami fix dans le texte, « les compositions ont un son années 80 sans trop être aseptisées, à la fois légères et profondes ». On a beaucoup les décrier musicalement mais les années 80 furent une « very fun » période qu’on n’a pas retrouvé depuis. Avec son rock terrien et hurlé à la Springsteen, Adams ne pouvait que cartonner, d’autant plus qu’il était beau gosse. Mais on ne vend pas 50 millions d’albums dans une carrière avec une gueule ; il en faut bien plus. Adams avait en plus pour lui la sincérité et une voix  roqueuse ! Ajouter à cela des compositions taillées « Rock FM » (au sens noble du terme)  et vous obtenez une formule qui fait mouche à tous les coups. Certes, écouter Reckless aujourd’hui peut paraitre quelquepeu désuet (il y a quand un paquet de nouveautés dans les bacs) et sans intérêt mais malgré le temps, les compositions sont toujours fraiches et les parties de guitare épiques. Quand le talent est là, un disque est inoxydable ! Bourré de mélodies efficaces et de refrains immédiats (quand tu l’écoutes une fois, tu l’as dans ta tête un bon moment !), Reckess célébre le rock américain trad dans sa décapotable, les lunettes de soleil vissées sur le front. La coolitude absolue !  Des disques comme ça, ça ne se fait plus ! Qui peut aujourd’hui se targuer d’avoir 10 morceaux imparables sur un album ? Personne ! Enfin, à l’époque, Adams était le bon gars au bon endroit au bon moment ; aujourd’hui il y a tellement d’endroits, de changements (la vérité du jour n’est plus celle du lendemain) possibles que réussir à faire un Reckless réside dans le miracle ! Heureusement qu’il est arrivé avant à maintes reprises !

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THE DOGS : Legendary Lovers (1983)

Le rock et la France ont toujours eu une relation compliquée. Comment le pays du phrasé, de la langue de Molière peut-il cohabiter avec la mélodie, la sauvagerie, le psychédélisme et autres atmosphères tourmentées ? D’une manière générale, comment peut-on régionaliser le rock ? On a bien le son westcoast, la merseybeat, le swingin’ london, la motown ou encore la madchester, courants nés à un lieu précis et clairement identifiables mais comment distinguer le rock français ? A vrai dire, je pense que c’est une expression un brin chauvine car celui-ci n’existe pas ! A part la langue parlée, celui-ci n’a aucune originalité. Le rock est de nature anglo-saxonne, qu’on se le dise ! Toutes les tables de la loi rock sont comme les pulls H&M : en provenance de l’étranger. Pour que le rock français soit un véritable courant, il faudrait qu’il soit universel et neuf.  Noir désir, par exemple a été puisé dans le Gun club, les groupes garage et autres Doors pour modeler sa sonorité. En règle générale, je pense qu’il est plus approprié de parler de groupes français de rock plutôt de groupes de rock français. De plus comment parler de rock français quand on voit le nombre de bons groupes rock en marge du mainstream avec un faible echo médiatique. Et imaginer s’il chante en anglais…Ce fut pourtant le cas d’un des meilleurs groupes en provenance de notre cher pays : Les dogs ! Sous haute influence sixities, avec le look dandy adéquat, (lunettes, bottes, noir intégral) la guitare Rickenbacker bien affutée, l’attitude et surtout la classe : ils avaient tout bon mais ils étaient français ! D’ailleurs le titre de l’album « Too class for the neighbourhood » un brin cynique montrait à quel point le groupe se savait hors jeu. Pour le deuxième album pour Epic (Columbia) le groupe de Rouen continue sur sa lancée à savoir faire du revival sixties avec passion. L’héritage des flamin’ groovies, Gene Vincent, Elvis Presley et autres Johnny Kidd est ici servi dans la plus grande tradition avec des parties de guitares endiablées et une production aux petits oignons signé Vic Maille.  Les 13 morceaux du CD  (11+ 2 bonus dont 1 chanté en français, le génial « secrets ») sont d’une sincérité et d’un charme auxquels on ne peut rester insensible. Je ne sais pas si c’est du fait que cet album est resté longtemps pour moi un trésor caché (il a fallu une réédition cheap en 2010 pour pouvoir l’écouter : Merci Sony (sans ironie)) que je le préfère à « Too class for the neighbourhood » mais il est certain qu’il est grand temps de rendre justice à ce groupe trop classe.