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Pearl Jam : Vs (1993)

janvier 6, 2009 1 commentaire

d12660hp9k9Réécouter du Pearl jam me donne toujours le sourire ! Ça sent bon les nineties à plein nez ! Et surtout, ça super bien vieilli. Tu peux les ressortir quand tu veux, ça ne sera jamais du réchauffé ! Coincé entre le prodigieux Ten et le sinistre Vitalogy, Vs représente pour Pearl Jam le sommet de leur popularité. Imaginez : il s’en est vendu 1 000 000 lors de sa première semaine aux états unis ! Il faut dire qu’on est en période Grunge et que les jeunes perdus avaient trouvé leur guide en la personne d’ Eddie Vedder. Ne cherchez pas plus loin les explications à ce raz de marée. J’ai moi-même commencé à écouter Pearl Jam sur Vs ! Il faut dire que c’est un album efficace, électrique, rageur, loin des tourments de Ten. Pearl Jam joue ici fort, lourd, sans fioritures comme sur « animal », « go » ou « blood ». On se croirait revenu aux meilleures heures du hard rock des seventies ! Le guitariste Stone Gossard est tout simplement intenable tellement ses riffs sont endiablés et percutants ! On dirait limite un mur du son ! Et quelle fureur ! Pour celui qui veut taper du pied, il n’a qu’à se mettre ce disque dans les oreilles ! Les guitares sont lacérées au possible pour lâcher des solos étourdissants (« Glorified G »). Vedder à la voix toujours plaintive et forte est lui aussi remonté comme une pendule pour des hurlements pleins de rage et de colère ! Mais c’est surtout lors des ballades « daughter » et « Elderly women… » que l’on comprend que le groupe est au top car il sait changer de registre avec une aisance et une qualité d’écriture exemplaire. Pire le groupe sait aussi faire de jolies mélodies ! (« Rearview mirror », « Dissident »). En bref, ce disque est une sacrée claque et déjoue à merveille le piège du second album avec brio. Vive le grunge, vive Pearl Jam !


THE BOO RADLEYS: Giant Steps (1993)

novembre 27, 2007 1 commentaire

giant-steps.jpgLe bon album au bon moment ! Les Boo Radleys ont été de leurs débuts jusqu’à 1995 le baromètre de la musique anglaise ! Toujours placés mais jamais gagnants, ils sont pourtant d’heureux perdants. Issu de la mouvance noisy pop et autres shoegazers institué par My Bloody Valentine, le groupe a su évoluer dans le temps par la force des choses, par une plus grande maturité musicale et une folle envie de la bonne musique ! Car la vague retombera, ils seront parmi les seuls à rebondir. Et de la plus belle des façons ! Monté à la manière d’un Physical graffiti, c’est-à-dire un joli bordel, giant steps est un petit pas pour Boo Radleys mais un grand pour la musique ! Toutes les influences noisy (psychédélisme, larsen, atmosphère torturée, violence feutrée) se mêlent à des sonorités sixties (arrangements léchés, utilisation de cuivres, légèreté) pour un résultat rafraichissant et hallucinatoire ! Long de 17 titres, l’album alterne les chansons pop et rêveuses avec une plume sans pareil avec comme seuls guides la voix chaleureuse de Sice et la guitare acérée de Carr. Et vu que le travail d’écriture est sublime, il n’y a pas de longueur ! Je disais en préambule que giant Steps était le bon album au bon moment ; il était la preuve vivante du renouvellement d’alors de la musique anglaise qui devait oublier ses années madchester. Il fallait édulcorer la noirceur, le bruit. « I hang suspended », « Lazarus », « Best lose the fear » le montrent. Après coup, le groupe continuera sa mue vers des accents pop très sautillants (apparenté Brit pop, donc) tout en continuant à faire rugir ses guitares.

SUEDE : Suede (1993)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

suede.jpgQui est le plus important dans un groupe ? Le chanteur ou le guitariste ? Il y a évidemment une question de leadership mais pas que ça. Le leader peut très bien être le chanteur mais l’intérêt de la musique (donc du groupe) peut être un musicien. Car comme un chanteur, l’instrument joue, s’amuse, communique, nous parle indirectement, nous enchante. Les guitar hero comme Hendrix sont là pour nous le rappeler ! La guitare a son langage, ses codes, son mode de diffusion Il n’y a donc pas un chanteur mais des chanteurs ! Le chant de la guitare a même des fois plus de choses à dire que le l’interprète ! Pour le cas de Suede, toute la valeur ajoutée (ou presque) provenait  d’un homme ; Bernard Butler. Son jeu enchanteur, envoûtant et vivace, est la principale raison d’écouter Suede en cette année 1993. Tout comme les Auteurs, Suede joue sur le revival Glam. Et à vrai dire, ils jouent sur le même terrain de jeu ! A la différence, que leur palette sonore est moins étendue (on se cantonne à Bowie) et que Brett Anderson a un véritable charisme à la différence de Lukes Haines. Suede est donc plus entreprenant, plus fonceur, plus pop ! Avec une guitare comme celle-là, il ne faudrait pas se gêner ! Elle nous rappelle par instants celle de Johnny Marr des Smiths tellement elle virevolte, donne le décor à la chanson. Son flashy, voix sexy, Suede a tout pour aguicher et nous séduire. Les chansons sont taillées comme des singles : pas de remplissage, que de la qualité, que des hymnes ! Ainsi « So young », « Animal nitrate » et leurs gros refrains donnent envie de danser et de sauter ! Butler était vraiment indispensable à Suede vu qu’après son départ l’année suivante, le groupe n’aura plus aucun intérêt et malgré un gros effort pour masquer son absence, finira par splitter en 2004.

THE AUTEURS : New Wave (1993)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

new-wave.jpgMarc Bolan est vivant ! Le glam rock, via l’excellent premier des Auteurs fait un retour éclatant de mille feux. Il s’agit toujours de revenir aux racines du rock avec une pointe de romantisme et de paillettes mais vu qu’on a changé d’époque (20 ans déjà !) ; on y a ajouté des guitares carillonnantes (genre House of love), du psychédélisme et surtout beaucoup de sincérité. Le groupe de Luke Haines va savoir mettre en avant la guitare; cet instrument si précieux, si mélodieux, si envoûtant. Aucune chanson n’échappera à ce son râpeux, ravageur, fou, doux. La guitare d’un coup de poignet permet de faire passer une chanson de l’ombre à la lumière, du recueillement à l’embrasement, du repos à la course ! Et New wave résume tout ceci à la fois sur 12 (13 !) titres délicats, écrits avec un travail d’orfèvre. Disque d’une facilité d’écoute incroyable, il regorge de mélodies simples, belles qui auraient dû en faire un groupe majeur en Angleterre (du moins !). Malheureusement le mouvement de la brit pop a complètement dévasté le revival Glam d’un coup de balai. Les superbes « Show girl », “Valet parking” (deux chansons en une !) ou « Junk shop clothes » ne trouveront pas preneur malgré leur charme insaisissable. Lukes Haines amorcera ensuite une carrière de songwriter hors pair avec de nombreux projets loin des charts que ce premier album avait un temps côtoyé…

BLUR : Modern Life Is Rubbish (1993)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

modern-life.jpgSi Parklife est l’album du triomphe pour Blur et la brit pop, Modern Life is rubbish paru un an auparavant est le disque du développement artistique (la percée comme on dit) et musical qui a amené les bases pour la suite. Moins exposé dans les journaux et autres classements, il a conservé une authentique fraicheur propre aux disques décontractés (où est la pression ?). Blur a ici tout à gagner mais surtout rien à perdre. Le slogan de Blur tient dans le titre du disque : « la vie moderne, c’est de la m… » Back to the past! Là-bas on sait ce que c’est qu’une mélodie, l’humour, l’entrain ! Ici, pas de violences, de hurlements et autres tapages nocturnes ! On fait de la belle musique, monsieur ! Comme les Beatles, Blur fait l’unanimité dans ma famille ! Sorte de Kinks des années 90, Damon Albarn et cie réinvente le village vert, les vignettes, les costumes ! Blur, c’est une guitare légère et acérée à la Jam et une voix à l’accent anglais imparable avec une grosse dose d’insouciance ! Album facile sans véritable faille avec ses petits hits et ses grandes chansons ! Modern life is rubbish annonçait avec un an d’avance la brit pop. Faites pour danser, chanter, les chansons de Blur telles que « For Tomorrow », « Sunday Sunday » et « Star shaped » ne vont que reprendre le meilleur de Squeeze et de Madness. Mais encore fallait-il y penser dans cette époque où tout fout le camp et où la notion d’héritage ne veut plus rien dire. Rien que pour ça, vive Blur !

URGE OVERKILL : Saturation (1993)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

saturation.jpgL’histoire fait-elle bien les choses ? On se le demande des fois. Prenez Urge Overkill par exemple. Tout le monde connaît sa superbe reprise de « Girl, you’ll be a woman soon » dans Pulp Fiction. Mais qui connaît leurs albums ? Personne ! Car on est franchement loin de « girl.. » ! Ne cherchez pas de ballades romantiques mais plutôt du rock musclé ! Mais chez Urge overkill on a ajouté deux ingrédients en plus : de la pop et la classe (les costards, les lunettes noires !). Au final, on a un album jouissif rempli de guitares accrocheuses, pied au plancher, qui ne demandent qu’à rugir, à la recherche perpétuelle du riff qui tue sur place. Avec eux, on est toujours en cinquième vitesse et lorsqu’on ralentit (« Back to me »), tout est délicat. C’est en cherchant dans les vieux pots (Les Ramones pour la fureur, Cheap Trick pour leur power pop teinté de hard rock) qu’on fait les meilleures recettes. « Sister Havana » ou « Postive Bleeding » efficaces à souhait aurait mérité d’être sur « Heaven Tonight ». « Saturation » a un son lourd, mais sans surcharge pondérale avec ces compositions mélodiques, dynamiques, brûlantes, qui ne font pas dans le détail. Taillé pour les concerts (force, générosité, fureur), leur rock a un charme particulier : c’est pas très fashion (on est loin du grunge), c’est pas commercial mais qu’est-ce que ça dégage les oreilles ! L’histoire ne retient pas que l’essentiel, pas les albums aussi excellents soient-ils, qui eux n’ont pas marqué les esprits. « Saturation » garde une fraîcheur et une décontraction inespérée, comme si le cellophane n’avait pas été enlevé : complètement oublié, celui-ci n’a été pas trop exposé à nos oreilles (pas de radio, de grosses tournées…) et a été bien conservé (le son n’a pas vieilli et reste plus cool que jamais) : dans un sens l’histoire fait bien les choses…

THE POSIES : Frosting On The Beater (1993)

septembre 11, 2006 Laisser un commentaire

frsting-on-the-beater.jpgComment le rock est-il venu jusqu’à mes oreilles ? Que s’est-il passé pour que je devienne un tel passionné ? Tout a commencé grâce à la radio, le meilleur média pour diffuser dans tous les sens les ondes positives de cette musique authentique. Mais attention : je parle de la radio d’il y a 10 ans ! Sur les radios dites généralistes, le rock trustait (encore) les track list et les charts. Il y avait même des émissions spéciales (live, metal, découverte) : rien de tel pour faire son éducation de « new school » ! Nirvana, les Smashing Pumpkins, rage against the machine, etc…et les Posies ! A l’époque, leur titre « Dream all day » avait fait merveille avec son riff de guitare distordue imparable. Il me faudra dix ans et l’achat de leur précédent album « Dear 23 » aux accents de power pop à la Big Star pour ce que je m’intéresse (enfin !) à cet album. Et quelle surprise ! l’arbre (« Dream all day ») cache une forêt verdoyante ! Une forêt remplie de mélodies pop, joyeuses, sombres et douces mais gonflées à bloc par un son musclé très rapide, rentre dedans bourré de larsen. Certaines mauvaises langues avaient dit que les Posies (originaires de Seattle) se sont « grungisés » pour ne pas être largués. Faux, car si on regarde de plus près la qualité des compositions du duo Stringfellow/Auer, on se rend compte que celles-ci seraient aussi bonnes et efficaces en acoustique qu’en électrique (voir « Love letter boxes »). Les Posies ne sont pas les apôtres de l’urgence et ne s’enferment pas dans l’étiquette qu’on leur a mise. « Dear 23 » a son charme mais « Frosting on the beater » va plus loin en rendant l’ensemble plus incisif. Un album rafraîchissant, alliant pour notre plus grand bonheur la noisy et la pop !